Le Prisme.

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Le Prisme.

Message par Vilgefortz Var Emreis le Mer 21 Mar - 21:57

Certaines choses dépassent notre compréhension.



Maudit... maudit soit le corbeau pourpre, pour m'avoir condamné à ce funeste destin. Maudite sa descendance et ses aïeux. Maudits soient mes semblables, qui se complaisent dans cette mascarade. Et surtout, maudit sois-tu prisme. Toi la montagne lugubre qui a noirci mon existence. Combien de vies t'ont été sacrifiées. Combien de familles brisées par cette quête dénuée de sens. Depuis l'aube de mes jours jusqu'au crépuscule d'aujourd'hui, toute ma vie s'est déroulée dans l'ombre de ton sommet maléfique... prisme. Les complotistes ont raconté tant de choses à ton sujet que ta simple évocation provoque aujourd'hui le froid le plus glaçant. La terreur la plus sourde. On a depuis longtemps arrêté de compter les expéditions à avoir tenté de te gravir, oh sombre géant, sans succès... ni retour. Prisme, tu étais la avant que mon peuple ne s'élève des eaux, dépassant alors déjà de façon insolente de la ligne d'horizon des galaxies les plus lointaines. C'est en tout cas ce que jurent tous ceux qui t'ont étudié, sans jamais pouvoir te voir. Aujourd'hui me voici à tes pieds, prisme. Aujourd'hui... c'est moi qu'on sacrifie.

Le prisme est bien différent de la manière dont il m'apparaissait avant. A distance, il a l'air transparent et inodore. Mais à le gravir, la réalité est si... différente... si... autre. Au premier tiers de mon ascension, j'ai d'abord trouvé ces vestiges d'un autre temps. Ces ruines qui encerclent la montagne comme un collier de ronces ne sont pas faites de corail. Comme les tours d'Owunglärd ou les hautes cités de la cordillère des andes. Je ne reconnais pas là les techniques de construction des humains, elles semblent d'un autre espace temps. Même les couleurs me sont inconnues. Aucune odeur ne m'est familière. Malgré cet inconnu, ma peur a disparu. Pourtant, autour de moi, tout me crie de fuir cet endroit. Hormis le son malsain des carcasses de Caldemia, caressées par les vagues acides de la méditerranée... il règne ici un calme froid et éternel. Il me faut poursuivre. Je dois gravir les marches glacées de la mort. Je dois devenir l'enfant du prisme à mon tour. Déposer ma vie sur sa crête de glace.

Je crois que je suis blessé. Je ne vois plus rien. J'ignore combien de temps a duré ma chute. Alors que j'approchais du sommet, le sol gelé s'est dérobé sous mon poids. J'ai vu ma vie défiler devant mes yeux. J'ai cru tomber mille ans, m'enfonçant dans un précipice plus profond que le Caldeira de Yellowstone. J'ignore comment ma conscience a survécu. Mes membres sont engourdis et je ne sens plus mon souffle trouver le chemin jusqu'à mes poumons. Je me hisse sur mes jambes ankylosées, et je regarde tout autour de moi. Je touche mes membres, qui semblent tous répondre à l'appel. Mes yeux tentent de se faire à l'obscurité alentours. Les premières sensations sont d'abord sonores. Des gouttes d'eau semblent chuter des stalactites juste au dessus de ma tête. Leur distance de chute semble grande tant le son de leur rencontre avec le sol est sonore. Une odeur humide et terreuse m'indique que je suis dans une sorte de grotte, cachée dans la montagne. Il me faut agir... je dois retrouver le chemin vers le prisme. Un courant d'air que je suis me mène vers une cavité. Je la distingue à peine dans la pénombre. Je prie la croisade, même si mon coeur sait qu'elle ne sera ici d'aucun secours. Et je m'engouffre dans le sombre boyau qui me mène vers mon destin.

Depuis tout ce temps j'avais tort. J'ai longtemps cru être un élu, quand j'étais en fait un sacrifié. Comme tant d'autres. En découvrant la grande salle en marbre, j'ai compris que cette montagne renfermait tous les secrets. La facture de la salle rappelle les ruines qui dorment aux pieds de Caldemia. Le peuple qui a bâti ce temple nous a précédé. Pourquoi sont-ils partis ? Que reste t-il de leur passage sinon ces ruines silencieuses ? La pénombre a laissé place à une lueur diffuse. Cette lueur étrange me rappelle le coucher du soleil sur l'océan. Pourtant je ne vois pas de source de lumière, c'est tout le lieu qui irradie. Au fond de la pièce se trouve un passage présentant une paroi visqueuse, qui luit paisiblement. Je n'ai jamais vu de telle chose. Je devrais être saisi d'angoisse et pourtant je me sens si... paisible. Alors que je me rapproche de ce qui sera ma sortie ou ma fin, mes pieds rentrent en contact avec une matière inattendue. Je me baisse pour inspecter ce qui jonche le sol. Ce sont des habits. Interloqué, je réalise que je reconnais ces atours. Je distingue les ornements de Santa Codicia. Je trouve aussi la lingerie de Gabrielle, recouverte de l'armure de Margot. L'épée et l'armure de Jamie, la bible de Golgotha... et la faux de Trafalgar Peverell. Ce sont les traces des sacrifiés qui m'ont précédé sur cette funeste route. Moi, tous ont échoué ici. Quel est ton plan prisme ? Qu'attends-tu de moi ? Machinalement je me débarrasse de mes vêtements pourpres, et me retrouve presque nu , devant la porte molle. Quelque chose me dit que mon chemin arrive à son terme. Une lueur dans mon âme me chuchote que je vais enfin savoir. Que tout va s'éclaircir. J'approche ma main de la matière étrange, et un frisson me parcours. Enfin, tout commence... dans un flash, je suis aspiré. Et me voici qui flotte dans une étendue blanche et infinie. Je suis comme dans une eau tiède et invisible. J'ai l'impression de me mouvoir dans une direction précise, comme si mon corps était aspiré vers sa destination. Pour la première fois je me sens apaisé. Pourtant je me doute que ce voyage... est sans retour. Au bout d'un temps qui me semble infini, mon corps se pose sur une plateforme de nacre. Il n'y a rien d'autre qu'un piédestal qui trône en majesté. En me levant, je n'ai d'yeux que pour ce qui s'y trouvé posé: cette forme indescriptible, anguleuse et douce. Je la reconnais. C'est le prisme. Il luit et vibre de milles façons, et ce qu'il dégage provoque en moi une paisible cascade. Je sais qu'en le touchant, une nouvelle aventure commencera pour moi. Ainsi je quitte la terre et ses 197 contrées, laissant derrière moi les ruines de l'Eden et le chant plaintif des damnés. Adieu, mon peuple ignorant. Mes doigts s'approchent de l'artefact. Ça y est. Je suis par delà le prisme. Et les mots ne suffisent plus pour exprimer ce qui s'y cache. Me voici, prisme. En toi, le coeur paisible et les yeux clos... enfin, je m'abandonne.

Mes paupières s'ouvrent doucement, alors que mon souffle retrouve peu à peu son chemin vers mes poumons. J'aperçois plusieurs yeux m'observer devant un plafond singulier, couvert d'ornements. Un temple. Enfin. Enfin, j'ai cessé. Cessé de voir à travers un prisme.

Vilgefortz Var Emreis

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Message par Invité le Mer 21 Mar - 22:52

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Re: Le Prisme.

Message par Jonas le Sam 24 Mar - 12:17

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