Un "Noël" à Owünglard

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Un "Noël" à Owünglard

Message par Matthew Collins le Mar 14 Nov - 0:07

Point de Noël pour les fous, les âmes perdues, les morts et ceux qui tuent. Point de Noël. Et pourtant c'est bien la fête qui est célébrée aujourd'hui, à Owünglard, les grands sapins qui repoussent sur les ruines du passé., les guirlandes qui éclairent l'avenir... Oh quelle est belle la nuit de Noël. Matthew ne peut le voir, pas avec ce voile devant ses yeux qui l'empêchent de voir comme il voyait avant, avec des yeux d'enfant... Mais aujourd'hui, c'est un jeune homme en perdition qui voit les lumières de la fête sainte, les gens qui rient et partagent un moment de convivialité ensemble et celui ci ne ressent rien en tant que spectateurs de ces scènes. Rien du tout. Plus aucune émotion ne transparaît sur son visage, dans sa démarche, dans ses gestes ou son regard. Ce n'est pourtant pas un baiser de détraqueur qu'il a reçu, mais pire encore.

Matthew continue à marcher dans les rues de la cité millénaire, toujours aussi inexpressif et détaché, il finit par arriver sur la grande place, au centre trône un grand sapin où le vert de ses épines se mêle aux lumières or et argent. Or et argent, et non pourpre et or qui rappellerait des souvenirs douloureux et viendrait entailler des plaies qui cicatrisent tout juste. L'ex Croisé décide de s'arrêter, les mains dans les poches de son pantalon, fini les habits de Croisés, il a laissé son armure légère pour quelque chose de plus sobre et éviter d'attirer les regards. Tout ce qu'il y a de plus classique comme style vestimentaire un minimum recherché dans la Cité. Le conifère se dresse fièrement, de sa parure luxuriante, il nargue le passé. Ici pas de mémorial. Vous voyez des héros dans cette ville? L'ancien directeur de Gryffondor qui n'a plus grand chose d'un Gryffondor ayant trahit son fondateur, descend l'avenue principale, assez agitée en cette soirée naturellement. Que d'agitation, beaucoup se réjouissent de ce Noël si particulier, symbolique. La raison actuelle l'avait emporté sur la folie d'un millénaire, comment ne pas se réjouir? Comment ne pas se réjouir du plus beau des cadeaux, la liberté? Au fond, ce n'était pas vraiment un cadeau. C'est vrai, la liberté fait parti de l'humain. On ne saurait retirer cela de la conscience de l'Homme et quand on essaye, quand on caresse l'espoir d'y parvenir, celle ci revient telle une violente rafale de vent qui vous expulse sans même que vous ayez la possibilité de vous relever. Ah ça oui, il est bien difficile de se relever. Le jeune homme poursuit son chemin comme on poursuivrait une tortue, à savoir tranquillement, sans se presser. Le temps quand on a vécu tout ça, est quelque chose d'abstrait, irréel. Vous rencontrez des femmes et des hommes intemporels qui ont osé défier la quatrième dimension, mais là encore, la nature ne se laisse pas faire et quand la dernière seconde n'était plus évoquée au futur mais au présent, alors tout s'arrête pour laisser place au passé.

Pas d'étoiles ce soir, invisibles à cause de toute cette source de lumière, on distingue quelques points seulement en y faisant très attention. Ou alors peut être qu'elles se cachent qu'à moitié, observant discrètement le spectacle se jouant sur Terre et ses sept milliards d'êtres humains qui vont et viennent dans la joie et l'allégresse ou la tristesse et la colère. On optera sans doute pour la première option en cette nuit d'hiver. Non décidément, à mesure qu'il continue sa route sous les lumières des lampadaires de la cité, toujours pas de mémorial, pas même un souvenir, on n'en parle pas, on essaye d'oublier le passé et de se tourner vers le futur. Un futur certes sans Eden en vue mais plus paisible. Moins de conflits, moins de tensions. Un monde humain, simple, digne. Un monde auquel Matthew se raccroche sans grande conviction, sa main se retient de l'abandonner, pour ne pas sombre dans les abysses. Oh d'une certaine manière, l'ancien Péché de l'Envie les a déjà côtoyé pour escalader cette grande barrière mais là... Compliqué. C'est comme ça, c'est une succession de choix parfaitement conscients, ou influencés par des personnes ou de véritables démons mais pas d'excuses. On est toujours maître de soi au fond. Non. Pas de mauvaise foi, pas le jour de Noël tout de même.

Sans trop de raisons, sans but précis, Matthew décide de revenir sur ses pas, près du sapin majestueux et sublimé. Là, il décide de s'asseoir sur un banc de pierre, le regard bas fixant les pavés, se frottant le dessus de la main droite. Cette fois on reconnaît une expression sur son visage, une forme... D'incompréhension.

Joyeux Noël.
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Re: Un "Noël" à Owünglard

Message par Matthew Collins le Mar 14 Nov - 4:59

Là-haut, il fait toujours assez sombre pour que les étoiles continuent de danser jusqu'aux aurores. Une bien froide nuit d'hiver, fort heureusement que le vent ne se lève pas pour ne pas imposer son souffle glacial sur la peau encore chaude... Mais qui finit par devenir tiède, Matthew ne se soucie plus de rien, il n'a pas pris la peine de prendre un manteau adapté, non, rien, juste une veste un peu chaude et c'est tout. Inutile de préciser que le jeune homme finit par grelotter dans le froid, et même s'il reste du monde sur la grand place, c'est moins animé que tout à l'heure, moins de chaleur humaine donc. D'un côté tant mieux, ça le tient un peu plus éloigné de tous et Matthew ne la mériterait pas de toute façon. Quand on est devenu froid il n'est guère aisé de ne plus l'être, une conséquence de plus. Qui vient s'ajouter à une liste significative et non exhaustive. Bien sûr que c'est de la folie de rester dehors avec des conditions pareilles, bien sûr que rien ne garantit qu'on ne le laissera pas mourir d'hypothermie dans la neige. L'ex Gryffondor est toujours aussi seul, personne ne viendra lui apporter un peu de chaleur, un chocolat chaud ou un potage, rien dit tout. Ça vous rappellera sans doute un conte bien connu... Matthew sort sa baguette en tremblant très nettement, pour l'amener près de son visage pour tenter un Lacanum Inflamarae informulé, mais... Mais... Même ça il n'y arrive pas, complètement tétanisé par le froid mais il réessaye à nouveau en prononçant la formule, encore et encore, parfois la flamme reste quelques instants avant de s'éteindre... Étrangement cela lui rappelle cette petite histoire oui, la petite fille aux allumettes que sa mère lui lisait, le soir avant de se coucher, pour qu'il s'endorme paisiblement et que les terreurs de la nuit ne l'atteignent pas. Le pauvre garçon en viendrait presque aux larmes tant c'est tragique, mais finalement la flamme reste au bout de la baguette, d'où émane désormais une douce chaleur réconfortante, ce qui a le mérite de lui extirper un bref rire de soulagement, juste pour un sortilège simple et personne ne le remarque. 

Le sol ne lui inspire rien d'autre que quelque chose de terne et antipathique, alors il lève les yeux vers le beau sapin.

"Mon beau sapin, roi des forêts..."

Et que voit il? D'abord il le voit comme tout à l'heure coloré, magnifique, luxuriant et inspirant, puis petit à petit... Le grand conifère change de forme une première fois, il y voit d'abord une grande femme brune avec un regard plein de bienveillance qui lui tend une brioche tartinée de Nutella, et un verre de jus de fruits, c'est sa maman! Katie. Vous aurez sûrement deviné qui sera le prochain... Son papa, Daniel qui rentre de mission et vient le prendre dans ses bras. Des moments simples et pourtant hautement symboliques. Les guirlandes et les décorations diverses du sapin forment une nouvelle silhouette, celle de sa petite sœur, Helena, assise sur la balançoire, poussée par son frère. L'image change à nouveau tandis que toute sensation de chaleur disparait peu à peu... Un garçon connu de beaucoup à Poudlard, apprécié, moins apprécié, toujours est il que fut un temps, Matthew le considérait comme un frère avant une terrible déception, une amitié partiellement retrouvée, désormais envolée pour de bon. Un jeune homme brun au regard océan, Oswin. La silhouette se métamorphose un peu, toujours un jeune homme mais blond cette fois, lui aussi, un frère jadis, et même un frère d'armes. William.
Un peu à sa droite d'ailleurs commence à apparaître une femme rousse et au regard ambre et gentillet, pas de mariage pour eux, Lou. Un nouveau protagoniste, grand gaillard, grand ami, philosophe et courageux, Stahl. Une petite fille qui tend ses bras vers lui, les yeux humides, Camille.


Là, une grande dame apparait alors, professeur de sortilèges émérite  et femme de caractère, Alexandra Weaver. Continuons  ce diaporama de souvenirs et de regrets, avec la moitié de celle citée précédemment. Celle qui lui a appris le maniement de la lame, la danse de l'acier et les valeurs qu'il a désormais oublié, Alanna Irvine. Jamais deux grandes dames sans trois, celle qui lui a appris la discipline et la maîtrise de soi, si distante mais si proche de ses élèves au point de les sauver, Rose Mitchell. Quatre grandes femmes même qui se succèdent à la place du conifère majestueux. L'excellente professeur de Métamorphose, Métamorphomage d'exception, d'une paradoxale froideur chaleureuse, Gaia Occhino... Et même une cinquième ! Celle qui lui a tant appris sur beaucoup de choses, une source de savoir unique, une femme d'exception de par sa sagesse et son esprit de dévotion, Juliet Salluste. Beaucoup de personnes se suivent, sans se ressembler, des visages et des caractères différents... Qui pourrait ressembler à cette rousse atypique et torturée et pourtant si belle de cœur. Elle voulait juste qu'on la rp après tout. Il en reste d'autres à apparaître, ce Serdaigle un peu autiste, incompris mais c'était un bon ami, un camarade d'aventure, quand on le comprenait, Joshua. Puisque les étoiles ne se montrent pas, quelqu'un pourra apporter une explication à cela, du haut de la tour d'astronomie, Philipp Winterwind.

Les dieux n'existent pas, la déesse existe, la Céleste qui a mené son peuple à travers une guerre sans pitié. Une personne d'une infinie générosité, d'une gentillesse, d'une sagesse sans égales et même une beauté qui ne laisse personne indifférent, mais il est bien difficile d'avoir la prétention d'aimer une déesse parmi les déesses pourtant... Celle ci se tient fièrement dans son royaume des Cieux, entourée d'océans de nature, au dessus d'une mer de nuages. Elle adresse un sourire au jeune homme qui avait eu l'immense honneur de se battre pour sa cause avec d'autres. D'autres comme ce garçon souriant et presque simplet, mais avec un bon fond, Inigo. Un Poufsouffle qui laisse sa place entre les épines du sapin à un Serpentard qui l'a rarement déçu, un ami, autrefois, un jeune homme pragmatique et plein de bon sens, Eïnar. Voilà à nouveau une jeune femme qu'il a toujours apprécié, malheureusement cela n'a jamais été réciproque mais c'est ainsi, camarade du Germiland, Anna. En parlant du Germiland, il lui semble que l'espace d'un instant, de façon presque inperceptible, le royaume lui apparait bien plein de vie avec Excalidal dans son rocher, une femme à ses côtés au caractère bien trempé avec ses deux haches. Julia, et son père de l'autre côté, le Chevalier Biscuit, les deux sourient et Julia lui tend même un grand verre de lait.

L'épée légendaire se transforme peu à peu pour laisser place à Edna et de son frère, pauvre Edna... Elle aussi a tant perdu durant toutes ces années. Ainsi se termine l'histoire légendaire d'un tableau pas comme les autres, le Germiland. Les visions s'étendent au delà du sapin. Matthew est transporté un court instant, dans ses souvenirs les plus profonds et le passé oublié. Cet homme dévoué qui s'est battu jusqu'au bout pour sa famille, Ryan Caldem, aux côtés de celle qui croyait être sa fille, l'ombre qui était l'incarnation même de la lumière, Ana. Toutes ces personnes qui ont oeuvré à la reconstruction de ce pays maudit... Jésus, Alberto, Grom'Lok... Celle qui était la nature même, faisant pousser les arbres et les fleurs, d'un souffle ou un claquement de doigts, qui a vu son monde détruit par la folie... Judith Caldem. La nature se forme partout désormais, ce n'est qu'une illusion certes mais une illusion si réelle.

Tous ces visages, toutes ces pensées et ces personnes qui les incarnent, que penseraient t-ils de ses agissements? Que penseraient t-ils du droit de vie et de mort qu'il s'est octroyé au nom d'un Eden que beaucoup refusaient. N'a t-il rien appris au cours de sa vie, de sa lutte acharnée ? Au fond cette jeune femme dans le bar qui lui a permis de survivre avait raison, Matthew était bercé d'illusions il y avait tout de même cru à ce Paradis, qu'enfin les humains puissent vivre en paix, pas jusqu'à l'extrême identique de son maître bien sûr mais à un certain point déjà...

Tous ces souvenirs lui rappellent autant de gens qu'il a trahit, autant de gens qu'il avait juré d'aider et a finit par faire tout le contraire.
Plus de vision, plus d'illusions enfin pas tout à fait.
La dernière, une femme majestueuse au passé trouble et injuste. Une longue chevelure brune ornée de pierres précieuses resplendissantes, un visage fin et délicat, un regard sulfureux. La Reine sous son plus beau jour, dans sa robe pourpre et or, adaptée à son fessier hors du commun et ses longues jambes athlétiques, celle ci tend la main vers Matthew qui essaye de l'atteindre à mesure que la chaleur le quitte... Il tremble mais il y est presque, si proche d'elle. Enfin il allait la retrouver, ses yeux commencent lentement à se fermer et ses lèvres s'entrouvrent en un sourire. Enfin, Maria Caldem. Mais, son esprit lui jouait des tours et une voix l'empêche de sombrer dans le froid éternel. Une femme, la trentaine ou la quarantaine tout au plus, qui lui parle en allemand, bienveillante qui se met à sa hauteur en souriant, il comprend la langue après le temps qu'il a passé ici.


- Jeune homme, jeune homme.

Il peine à réaliser ce qui se passe mais lève les yeux vers la femme, la bouche encore un peu entrouverte lui donnant un air béat. La dame lui tend une tasse et lui passe une couverture sur les épaules.
Matthew ne répond rien, pas même un merci, c'est déjà un effort hors de portée. Il prend fébrilement la tasse dans ses mains pour observer le breuvage et fixer la dame à nouveau. Celle ci se redresse, sans perdre son regard bienveillant et son sourire.

- Buvez donc ce chocolat chaud.

Alors, tout doucement, pour éviter de renverser ce liquide si précieux, il amène la tasse à ses lèvres. Le chocolat réchauffe sa gorge, puis son corps dans son intégralité. Il revit. Ce sera son seul cadeau, pour ce Noël enneigé et froid, un chocolat chaud.

- Joyeux Noël.

Matthew donnera pour seule réponse, un maigre sourire reconnaissant, aucune discussion entre les deux personnes mais le jeune homme rendra à la dame la couverture et la tasse, vide, avant de partir, chez lui.

Joyeux Noël.
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