Concours d'écriture n°1 spécial Halloween : les autres textes

Aller en bas

Concours d'écriture n°1 spécial Halloween : les autres textes

Message par Anna Elizabeth Brooke le Mer 1 Nov - 1:51

Et voici les autres textes, qui n'ont pas démérité, loin de là ! Ils sont postés en ordre aléatoire.

A tout seigneur tout honneur, le texte d'Oswin !

In the wood somewhere...


Halloween. Samhain. Fête de transition qui amorce le passage à la saison sombre. Pendant cette période, le voile séparant les vivants des défunts se fait plus léger, plus ténu. Mais de nos jours, pour la plupart des gens, elle est assimilée à une simple tournée des maisons dans le but de récolter des friandises. C'est notamment le cas pour le petit Georgie Perkins. Georgie est un gamin blond comme les blés, aux joues aussi rouges et rondes que des pommes Gala. Ses yeux sont d'un vert tendre, et il est plutôt petit pour ses dix ans, bien que cela ne le complexe pas.

Georgie vient de terminer sa tournée, et est maintenant l'heureux propriétaire d'un sac plein de confiseries généreusement offertes par des adultes qui ont gentiment joué le jeu. Le petit est à présent en train de marcher tranquillement pour rentrer chez lui. Le chemin est un peu long, mais tout à fait sûr. Après tout, il vit dans une petite ville où il ne se passe jamais rien, les faits divers relèvent le plus souvent des histoires de chat écrasé ou de vieilles personnes qui meurent dans leur sommeil.. Oh, bien sûr, il y a eu des tragédies. Il arrive que des enfants se perdent dans la forêt jouxtant l'extérieur de la ville. Sans être jamais retrouvés, hélas. Ceci est toutefois rare, et n'est pas arrivé depuis plusieurs années. Peut-être que les petits garnements ont enfin compris que la sylve traîtresse n'est pas une terrain de jeu ? Oui... Une petite ville tranquille.

C'est donc le cœur tout à fait paisible que l'enfant marche, encore et encore. Même le froid n'entame pas son enthousiasme, et son petit sac se balance au rythme de ses pas tandis qu'il chantonne un air qui n'est en réalité qu'une suite de notes placées là au hasard. Son souffle donne naissance à d'étranges formes de vapeur. Le garçonnet se complaît à imaginer qu'il s'agit là d'esprits venus s'emparer de ses bonbons durement gagnés. Alors il saute en avant et fait de grands gestes des bras.

« -Arrière, vilains fantômes ! »

Sa voix fluette porte dans la nuit noire et froide. Et ses gestes dispersent momentanément la vapeur. Satisfait, Georgie remet son bonnet en place, et regarde autour de lui. Il est à la moitié de son voyage, à présent. Seulement... Il y a un chemin sur le côté. Et ce chemin, il le connaît très bien. C'est un sentier bordé de mauvaises herbes et de ronces, qui mène à une petite maison entièrement construite en bois. Dans cette maisonnette habite un vieil homme. Un marginal que tout le monde connaît.

« -Le vieux Jim ? Oh, il ondule un peu de la toiture, mais il ne ferait pas de mal à une mouche. »

Voilà le genre de paroles que l'on peut entendre lorsqu'on évoque cet homme. Ce qui est tout à fait véridique, puisque Jim n'a effectivement jamais posé le moindre problème à la communauté. Du moins, en apparence... L'ermite se contente de rester chez lui, et ne dérange personne. Il ne sort pour ainsi dire jamais, et envoie son petit-fils, Billy, faire des courses pour le réapprovisionner. Billy est un garçon mince, au regard fuyant et à l'âge indéfinissable. Il est poli, toujours prêt à rendre service, et tout le monde l'adore. C'est pourquoi les commerçants ont fini par s'inquiéter pour lui. Car voyez-vous, Billy est un petit garçon d'une timidité maladive. Il a constamment l'expression d'une biche prise dans les phares d'une voiture. Une expression de bête traquée. Alors les braves gens de cette petite bourgade se sont posé des questions. Et si le vieux Jim n'était pas aussi inoffensif qu'il n'y paraît ? Peut-être maltraite t-il son petit-fils ? Mais dès que le garçon fut interrogé, il jura à corps et à cri qu'il n'en était rien. Et en effet, il ne portait aucune trace de maltraitance. Alors le vieil homme fut laissé en paix. Mais une méfiance sous-jacente resta... On n'est jamais trop prudent, comme on dit....  

Le petit Georgie, loin de toutes ces considérations d'adultes, regarde le chemin. Et la maison au bout. La silhouette sombre et menaçante lui arrache un frisson. Comme bon nombre d'enfant, il a eu le droit à une leçon de ses parents, lui disant d'éviter le vieillard. Et Georgie est obéissant. Alors il détourne le regard et reprend sa route. Mais un bruit sur sa gauche l'alerte. Une branche vient de craquer. Or, les branchent ne craquent pas toutes seules... Il faut bien que quelqu'un marche dessus. Les mains tremblantes, le petit laisse échapper son sac, qui chute au sol avec un bruit mat. Il peste et se penche afin de le rattraper. Et devant son sac se trouvent deux pieds. Le gamin pousse un cri et tombe en arrière, atterrissant sur les fesses

« -Pardon Georgie, je ne voulais pas te faire peur... »

Georgie connaît cette voix... Une voix d'enfant.... Il relève les yeux, et aperçoit Billy, debout, auréolé par la lumière sélène. Il ramasse son sac et se relève, rouge de honte, pendant que son vis à vis sort un bonbon de sa poche pour ensuite l'enfourner dans sa bouche

« -Oh... Tu as fait la tournée, toi aussi ? Je ne t'ai pas vu, pourtant... »

Billy secoue alors la tête

« -C'est mon papy qui m'en a donné. Tout le monde se méfie de lui, mais il est très gentil. Chaque année, il m'envoie acheter des bonbons au cas où des enfants viendraient le voir, mais personne ne vient jamais... Personne ne se soucie d'un vieux monsieur qui est presque tout seul, et qui ne peut marcher beaucoup..»

Georgie écoute attentivement Billy, et sent affreusement gêné. Il est vrai que tout les adultes de la ville agissent ainsi. Le garçonnet, n'écoutant que son bon cœur (et son estomac!), propose alors de venir récolter des bonbons chez le grand-père de Billy. Un sourire éclaire le visage du garçon. Il fait volte-face, et guide son ami jusqu'à la maison toute de bois vêtue.le trajet n'est guère long, mais il l'est suffisamment pour que le blond sursaute plusieurs fois. Le hululement d'une chouette, le bruit du vent dans les arbres... Tout est propice à effrayer lorsque l'on a une imagination fertile. Enfin, la porte d'entrée se profile. Porte que Billy ouvre sans plus de cérémonie. Soulagé, Georgie presse le pas et entre.

L'intérieur est sombre. Éclairé seulement par une petite lueur vacillante au bout du couloir. Le blondinet s'avance en direction de la lumière, jusqu'à arriver dans un petit salon. Là, sur un fauteuil à bascule, se trouve Jim. L'homme est plongé dans un livre, qu'il déchiffre à l'aide un chandelier posé sur une table basse à côté de lui.
« -Bonsoir Monsieur ! Des bonbons ou un sort ? » S'exclame Georgie

Jim sursaute alors, et se lève d'un bond. Son livre choit, et heurte le plancher avec un bruit sourd

« -Pardon de vous avoir fait peur, Billy m'a... »

Il est alors interrompu par une main qui vient se saisir de son col. Le vieillard s'était déplacé avec une vivacité surprenante. Georgie a tout juste le temps de se dire que l'homme est étrangement rapide pour un handicapé, puis il est légèrement soulevé du sol.

« -Tu n'aurais jamais du venir ici ! Jamais ! Maintenant, tu ne pourras plus repartir ! »

Les yeux verts du garçonnet s'écarquillent. De grosses larmes perlent sur ses joues. Il est terrifié, et comprend enfin que le monde est bien plus sombre qu'il n'y paraît. Il s'attend à chaque instant à être dévoré par cet immonde vieillard à la figure parcheminée, mais contre toute attente, il est relâché

« -Il est peut-être encore temps... Vite, la porte de derrière ! »

Georgie dévisage l'homme, interloqué. Quelque chose cloche... Il semble tout aussi terrifié que le gamin lui-même. C'est alors qu'une voix s'élève derrière le jeune garçon. Une voix lourde de menaces, pas tout à fait humaine, et qui lui arrache des sueurs froides.

« -Allons allons, Jim... Tu connais le deal. »

Lentement, Georgie se retourne lentement, tremblant de tout ses membres.

« -Tu as peur, petit Georgie ? Ne t'en fait pas, ce n'est pas ce que tu crois... C'est encore pire. »

Billy regarde le petit garçon, souriant de toutes ses dents. Oh seigneur, ses dents... Elles n'ont plus rien de normal. Pointues, démesurément grandes... Prêtes à infliger une cruelle morsure. Georgie sent alors quelque chose de chaud couler le long de sa jambe. De l'urine.

« -Raconte lui notre histoire si cela te chante, vieil homme. Mais fait vite. Nombre d'années s'est écoulé depuis mon dernier repas, et j'ai grand faim ! »

Et toujours, cette voix d'adulte qui détonne étrangement avec l'apparence de Billy. Mais pire que la voix... Pire que sa dentition... Il y a ses yeux. Georgie, pétrifié, a l'impression d'avoir regardé au fond d'un gouffre empli d'une noirceur sans fin. Un gouffre dans lequel est tapie une créature innommable, plus ancienne que le Temps lui-même.

L'homme commence son récit. Sa voix chevrote, et il tremble presque autant que son jeune invité. Il y a de cela quelques années, son petit-fils s'en est allé jouer dans les bois. Mais ce qu'il trouva parmi les arbres n'avait rien d'amusant... Une étrange caverne, à l'ouverture béante. Telle un trou dans le tissu du monde. Il y était entré. Et lorsqu'il en était ressorti, plus rien n'était pareil. Pas même lui. Un mal antédiluvien l'habitait. Et Jim a conclut un pacte avec ce mal. En échange de sa coopération, lui et son petit-fils pourraient continuer à vivre tranquillement. Son petit Billy serait égal à lui-même. Mais... De temps en temps, la chose qui se terrait en lui aurait besoin de sustenter. Et là, ce serait au vieillard d'agir. Alors l'homme accepta. Il protégea le secret de la bête. Et la nourrit. Régulièrement, des gamins se perdaient dans la forêt. Jim les ramenaient alors chez lui, et leur proposait de leur offrir un goûter avant de les ramener à bon port. Les petits, souvent soulagés et affamés, acceptaient avec joie. Puis la créature s'invitait à la fête, qui tournait alors au cauchemar. Seulement... Les parents ont fini par se méfier, et les repas de la créature se raréfièrent. Jusqu'à cette fraîche nuit d'Halloween...

« -Assez de paroles... le dîner est servi ! »

Georgie peut alors voir la mâchoire de Billy se déboîter. Une gueule hérissée de crocs s'ouvre devant lui. Si vaste... Le petit pousse un mugissement de pure terreur, né de la peur et de la folie. Mais il ne peut fuir. Le monstre se rue sur lui, et rapidement, ses cris de terreur et de douleur mêlés s'éteignent. Jim détourne les yeux, écœuré. Par la créature. Par sa propre faiblesse. La chose se repaît de sa victime, jusqu'à ce qu'il n'en reste plus une trace. Elle lâche ensuite un rot sonore et s'endort à même le sol. Le vieux soulève le corps de son petit-fils, puis le porte jusqu'à son lit. Il recouvre l'enfant, puis s'assoit sur une chaise. L'expression du garçon est apaisée. La créature a eu ce qu'elle voulait, et s'est donc retirée aux tréfonds de la conscience de Billy. La seule chose qui témoigne encore de ce qu'il vient de se passer est une trace de sang sur le menton du petit. Trace que Jim essuie avec tendresse

« -Pardon... »

Nul ne l'entend. Ni feu Georgie, ni même son petit-fils endormi. Et le vieil homme reste prostré, à pleurer sur la fin de l'innocence.


Dernière édition par Anna Elizabeth Brooke le Mer 1 Nov - 10:24, édité 1 fois
avatar
Anna Elizabeth Brooke

Messages : 8694
Date d'inscription : 26/05/2017
Localisation : Il n'y a pas d'échecs, que des leçons apprises.

Feuille de personnage
Puissance Magique:
81/150  (81/150)
Force mentale:
71/100  (71/100)
Emploi: Sorcière

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Concours d'écriture n°1 spécial Halloween : les autres textes

Message par Anna Elizabeth Brooke le Mer 1 Nov - 1:52

Et on continue avec... le texte d'Edgar !

Les hommes

Un jeune serpentard, insouciant mais aussi courageux alla vers sa salle commune respectif mais avant de pénétrer dans celle-ci il aperçoit proche du chemin donnant vers les cachots, une lumière étincelante donnant toutes les couleurs de l’arc en ciel, l’enfant curieux et doux se laisse attirer par cette étrange lumière, l’élève pars a la poursuite de celle-ci avec une certaine vivacité comme si il jouait à un de ses jeux d’enfants ou il faut attraper l’autre. Il poursuit donc cette lumière et s’enfonce vers l’obscurité et la froideur des cachots. Plus il avança dans ses longs et sombre couloirs, plus la lumière s’estompait de plus en plus,
Et tout d’un coup la lumière s’éteint, le garçon alors empli de peurs et de remords se retourna pour
retrouver son chez lui mais il ne trouva que les ténèbres. Et c’est alors qu’il voit qu’il est dans une salle étoilé tel un rêve, il ce sent émerveillé par cela, il sourit. Soudainement ces muscles viennent à se contracter jusqu’à lui procurer une douleur brûlante. Plusieurs hommes vêtu d’un costume mais au visage couvert par un masque en forme de cône apparaissent autour du jeune garçon qui se retrouve apeuré par ces hommes. Le jeune garçon tente d’émettre un cri mais c’est alors qu’un homme plonge sa main dans la bouche de l’enfant s’enfonçant dans sa trachée puis l’enfant voit alors une langue ensanglantée devant lui.
Cette nuit là a Poudlard des cris se faisait entendre toute la nuit mais malheureusement personne n’en pouvait en trouver la source.
avatar
Anna Elizabeth Brooke

Messages : 8694
Date d'inscription : 26/05/2017
Localisation : Il n'y a pas d'échecs, que des leçons apprises.

Feuille de personnage
Puissance Magique:
81/150  (81/150)
Force mentale:
71/100  (71/100)
Emploi: Sorcière

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Concours d'écriture n°1 spécial Halloween : les autres textes

Message par Anna Elizabeth Brooke le Mer 1 Nov - 1:53

Toujours en bonne compagnie, voici le texte de Lorelei !

Mary W

Cette histoire que je vais vous conter s'est déroulée un mercredi 31 octobre 1970. C'était dans le même Château où nous nous trouvons actuellement, mis à part qu'au fil du temps, l'école avait fait peau neuve, mais gardant à l'esprit les mêmes caractéristiques, qui la rendait d'une telle beauté.

Mercredi 31 octobre donc, tout Poudlard était redécoré sur le thème d'Halloween, un peu comme aujourd'hui. Orange, rouge et noir, étaient les couleurs prédominantes. Des toiles d'araignées pendaient ci et là, des squelettes plus que réalistes avaient été disposés devant toutes les portes de l'école. Parfois, on aurait juré que ceux-ci bougeaient.

Dans les couloirs, les salles communes et les dortoirs, l'ambiance était des plus festives et des farces voyaient le jour toutes les heures. Les élèves profitaient de cette occasion pour effrayer les plus jeunes et craintifs. Ils s'adonnaient à des activités que la Direction avait autorisées seulement pour 72h.

20h, les élèves s'étaient regroupés dans leur salle commune respective, une veillée avait été proposée par les préfets des quatre maisons.

Chez les Gryffondors, que l'on qualifiait les plus courageux de toutes les maisons, c'était une soirée « contes » près de la Cheminée que Suzanna, préfète cette année-là avait organisé avec son camarade Daniel.
Il ne s'agissait pas d'un conte de Noël, ni de Princesses et Princes qui vécurent heureux, où tout est bien qui finit bien. Non, il était question ici, des contes qui donnent la chair de poule. Les préfets avaient décidé de mettre à l'épreuve leurs élèves pour tester leur bravoure.
Tous les Gryffons étaient donc réunis sur le tapis près de la Cheminée, tous sauf trois jeunes filles.
Des deuxième années qui n'étaient franchement pas enclin ni enthousiastes à l'idée d'écouter des histoires, toutes plus effrayantes les unes que les autres.
Elles avaient décidé de passer leur veillée ensemble dans le dortoir des filles, dans l'idée d'une « Pyjama Party » qui avait été autorisée, puisqu'on ne pouvait obliger tous les élèves à participer aux veillées des préfets.

22h30, la soirée bat son plein, les histoires faisaient leur effet, mais aucune ne fit suffisamment tressaillir les élèves au point de leur faire quitter la pièce.
Jusqu'au moment où, une quatrième année, Suzanna, leur préfète, prit la parole. Elle leur raconta l'histoire d'une certaine Mary W, un conte connu chez les Moldus.
Mary W était d'une beauté incroyable et a vécu il y a fort longtemps. Suite à un terrible accident, Mary, alors âgée de 12 ans, s'est retrouvée défigurée, son visage était tuméfié, à croire que ses anciens amis pensaient qu'elle portait un masque, tellement ça paraissait invraisemblable de vivre avec ce visage, sorti tout droit des pires films d'horreur d'Hollywood.

Sachant à quel point cela la rendrait folle, perdue dans une tristesse profonde, de voir son si beau et doux visage que l'on avait tendance à comparer à un ange, devenu si horrible et abîmé en totalité, ses parents l'interdire de voir son reflet. C'est ainsi, qu'ils entreprirent de jeter tous les miroirs de leur demeure, sauf un, celui de leur salle de bain personnelle.

Une nuit, Mary W se faufila discrètement dans la pièce, la curiosité avait pris le dessus. D'autant plus que les jeunes filles de cet âge étaient très attachées à leur physique, désirant de plaire aux garçons du collège.
Dès qu'elle découvrit son visage, elle s'effondra. Elle voulait tellement retrouver son ancien reflet qu'elle marcha directement dans le miroir pour tenter de le retrouver, jurant, rage de colère et profondément meurtrie, de défigurer à son tour toutes les filles de 12 ans, qui tenteraient de se regarder dans ce même miroir.

On ignore comment, mais le miroir fut bel et bien ensorcelé et passa de mains en mains au fil des années, emportant ainsi les visages des fillettes, autrefois si belles.

Après avoir entendu cette histoire, les Gryffons sursautèrent en un mouvement unique, lorsqu'un cri strident leur parvinrent jusque dans leur salle commune. Ce cri provenait du dortoir de filles, il n'y avait aucun doute.

Pendant la veillée, les trois demoiselles s'étaient coiffées, maquillées, déguisées et elles furent attirées par un très ancien miroir, tel qu'on n'en fait plus de nos jours. Il était si magnifique qu'elles avaient passés 10 minutes à se disputer pour savoir qui allait pouvoir le garder.

Les Gryffons, inquiets, Suzanna la préfète en tête de bataillons, se dirigèrent dans le dortoir des filles. Ils allumèrent la lumière au maximum et découvrirent une scène vraiment horrifiante et répugnante : deux des trois fillettes étaient assises par terre, paniquées et estomaquées. Une seule restait debout, agrippée à une chaise, figée par la terreur. Le long de sa joue, de profondes entailles sanguinolentes se dessinaient. Les entailles ressemblaient à des traces d'ongles, comme si le fantôme de Mary W l'avait griffée.

Aucune des fillettes ne purent oublier cette soirée. C'était gravé dans leur mémoire à jamais. Suzanna, depuis, n'eut pas le courage de raconter d'autres histoires d'horreur les années qui ont suivi, elle était trop traumatisée et elle ne put s'empêcher de vivre dans la peur, mais aussi, elle s'est sentie coupable jusqu'à sa mort.
avatar
Anna Elizabeth Brooke

Messages : 8694
Date d'inscription : 26/05/2017
Localisation : Il n'y a pas d'échecs, que des leçons apprises.

Feuille de personnage
Puissance Magique:
81/150  (81/150)
Force mentale:
71/100  (71/100)
Emploi: Sorcière

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Concours d'écriture n°1 spécial Halloween : les autres textes

Message par Anna Elizabeth Brooke le Mer 1 Nov - 1:53

Enfin pour terminer ce florilège : le texte d'Ilwena !

La créature.


29 octobre 2023.


Une jeune femme est chez elle. Elle se prépare pour un rendez-vous avec un charmant jeune homme qu'elle avait rencontré, dans une ruelle de Londre la veille. Il avait été très gentil et courtois avec elle, mais ce soir, elle comptait bien, le faire ramper à ses pieds. Elle fini de s'apprêter, prend sa baguette factice et sort en direction du rendez-vous. Dans la rue, nombreux sont les hommes à s’être retournés sur elle, à avoir siffler ou fait des remarques pleines de sous-entendus. Elle avait même eu le plaisir d’entendre un „Ça ouvre à quelle heure ?„.
Elle en était ravie, si ceux là avaient eu de telles réactions en la voyant, elle s’imaginait avec délectation celle de sa prochaine victime. Mais lorsqu’elle arriva au bar, lieu du rendez-vous, qu'elle ne fut pas sa stupeur que de le voir grimacer à la vue de son accoutrement.
Elle s'efforça de paraître gênée et tira sur le bas de sa robe pour que celle-ci ait l'air plus longue. Elle même dû reconnaître qu'il était doté d'un charme irréfutable et ses habits mettaient tout simplement en valeur ses atouts. Elle eut un sourire carnassier, qu'il pris pour un pour sourire charmeur, la chasse allait être des plus captivantes.

Le jeune homme alla à la rencontre de sa belle. Elle avait l'air embarrassée et lui lança un sourire contrit qu'il répliqua lui même d'un sourire amusé. Il l'invita à le suivre en direction d’un restaurant chic. Il commença à lui faire la conversation, tout en gardant des allures de gentleman. Le restaurant dans lequel il l’avait menée était somptueux et il prenait toutes les précautions pour qu'elle soit dans le meilleur des cadres.

Elle tenta d'abord de le faire enrager en commandant des plats tous plus chers les uns que les autres. Puis elle mis un temps fou à choisir un champagne côté et fis de même pour le vin. Mais lui ne démordait pas, son sourire bienveillant toujours en place il se contentait de hocher la tête quand elle lui demandais son avis et de répondre à ses questions. Ainsi elle apprit que le jeune homme était issu d'une riche famille et qu'il était destiné à reprendre le manoir familial plus tard.

Le repas passa sans qu’aucune tentative de faire sombrer le jeune homme ne fonctionne. La jeune femme décida donc de passer à la vitesse supérieure. Elle libéra son pied de ses escarpins et commença à passer celui-ci sur la cuisse du jeune homme en lui lança un regard aguicheur. Il l'a regarda, étonné qu’elle, qui au début de leur rencontre était plutôt gênée, lui fasse des avances comme celle là.
Il lui sourit d’un air raisonnable et lui dit qu’il n'était pas du genre à se laisser faire ainsi, il préférait prendre son temps. Ce même sourire agaça la jeune femme, puisqu’il lui résistait elle allait changer de plan, elle allait le faire souffrir. Elle retira sèchement son pied, furieuse de ce refus mais lui envoya néanmoins un nouveau sourire charmeur.
Le jeune sorcier décida d’oublier l'incident et proposa à la jeune femme un dernier verre, elle, n’en avais pas envie, mais elle devait faire profil bas et dû accepter la proposition. Ainsi se termina la soirée. La jeune femme et le sorcier discutèrent brièvement du monde magique, puis ils se levèrent de table et le sorcier paya l'addition sans rechigner.

Il raccompagna la jeune femme en face du bar où ils s'étaient retrouvés en début de soirée. Elle dû faire des efforts colossaux pour ne pas le tuer sur le champs, s’assurant ainsi une chasse parfaite. Il lui souhaita une bonne nuit et l’embrassa doucement sur les lèvres, la jeune femme ferma prestement les yeux pour que le sorcier ne se rende pas compte, qu’à cause de sa nature bestiale, ils avaient virés au noir. Elle se força à lui faire un sourire gêné et lui offrit son numéro de téléphone moldus pour que le sorcier puisse la contacter dès le lendemain. Il l'a remercia brièvement et s'en alla ravi de la soirée qu’il avait passé.


30 octobre 2023.

Il était très tôt lorsque le jeune sorcier se leva tranquillement de son lit. Il s’habilla et prit son déjeuner comme chaque jour. Il va dans son bureau et accio les documents du jour qui lui étaient parvenus tout droit du ministère de la magie par hibou. Ces derniers traitaient principalement d'affaires d’incubes et de succubes qui sévissait énormément en cette période.
Cela lui rappela une discussion qu’il avait eu avec la charmante sorcière qu’il avait rencontré la veille. En fin de soirée elle lui avait donner son numéro, il saisit son téléphone et lui envoya un message, une simple salutation chaleureuse. À sa grande joie la sorcière répondit aussitôt un message enjoué. Ils parlèrent ensuite de la soirée de la veille et la jeune femme lui avoua qu’elle avait réellement apprécié la soirée. Il sourit à la lecture de ce message et répondis qu’il serait heureux de la revoir.
Au bout d’un moment ils revinrent au sujet du travail de Gaël, le sorcier, travaillait au département des mystères. La jeune femme, se confia à lui, elle avait été témoin de nombreuses situations mystérieuses. Que ce soit des portes ou des fenêtres qui s'ouvrent toutes seules, des sensations intenses de présence, la baisse subite de température, tout ce qui était courant au département des mystères. Elle avait l'air effrayée de raconter tout cela, aussi, il lui proposa de venir un jour inspecter chez elle. Elle tarda un peu à répondre mais il ne fut pas déçu longtemps, elle lui proposait de la revoir chez elle le soir même. Il répondit peu après un sourire sur les lèvres, à quelle heure il pourrait venir. La sorcière lui répondit aussitôt qu’à 22h il devrait être devant chez lui en ajoutant son adresse. Il l'a remercia brièvement et ils reprirent leur discussion.

Au bout d’un moment le sorcier ne reçu plus de réponses de la part de sa destinataire. Il s'inquiéta légèrement de cette absence mais n’y prêta pas plus grande attention. Jusqu'à ce qu'elle réponde enfin. Mais sa réponse n’avais plus rien de joyeux, au contraire, elle avait l'air effrayée. Elle lui disait que „ça recommençait„ dans son message elle détaillais tout.
Les portes qui s'ouvraient toutes seules, des voix résonnaient dans le séjour et son repas, malgré le gaz ne chauffait pas. Elle avait peur.
Il lui proposa de venir chez elle immédiatement. Elle mis à nouveau de longues minutes à répondre, presque quinzes minutes. Cette fois elle était désordonnée ses propos étaient contradictoires elle le suppliait de venir l’aider car elle était débordée en même temps qu’elle lui ordonnait de ne pas mettre les pieds chez elle, qu’elle allait régler le problème.
Il lui répondit prestement, sans réfléchir, qu’il était en route. Le jeune sorcier passa d’abord dans sa chambre pour revêtir une tenue plus adéquate puis redescendit à son bureau prendre sa baguette. Il transplana immédiatement jusqu'à la maison de la sorcière.


Curieusement, la maison ne ressemblait en rien à ce à quoi il s'était attendu. En effet, la maison qui s'offrait à lui était immense. Le noir était presque omniprésent dans la rue déserte et il percevait à peine la porte d'entrée car aucune lumière ne filtrait de la maison. Le sorcier fit Lumos avec sa baguette et une douce lumière éclaira ses pas.
Il s'approche de la maison. Il pouvait à présent la voir réellement, celle-ci lui fit froid dans le dos. À l'autre bout de la courette, dans laquelle il se trouvait, il pouvait apercevoir le reste de la maison qui était totalement délabré.
Il se demandait s'il ne s'était pas trompé sur la jeune femme mais un message l’en dissuada. Elle était totalement effrayée. Elle disait que la vaisselle se brisait toute seule, que les luminaires lui brûlaient les yeux tant elles étaient vives et que les voix se faisaient plus insistantes que jamais, lui ordonnant de mourir. Le jeune homme n'attendit pas plus longtemps en franchis en quelques pas pressés la distance qui le séparait de la porte. Il testa la poignée et la déverrouilla d’un simple Alohomora.
Il pénétra donc dans l’étrange maison, qui contre toute attente, était plongée dans le noir et totalement silencieuse. Il fit quelque pas à l’intérieur quand la porte d’entrée claqua derrière lui, le plongeant dans le noir le plus total, la peur commençait à le prendre aux tripes. Il agita sa baguette et de la lumière fusa, faible mais rassurante. Le sorcier se concentra sur les son qu'il pourrait percevoir mais rien ne vint à ses oreilles. Il s’avança donc dans la maison à la recherche d'un quelconque signe de vie, inquiet pour la jeune femme. Il suivit un couloir délabré et bifurca à la première ouverture venue.
Il ouvrit une porte sans que rien ne la bloqua et trouva derrière elle, une pièce en parfait état, contrairement au reste de la maison.
Elle était faite de béton armé et un rai de lumière pas sait à travers la pièce éclairant une silhouette féminine. Le jeune homme souffla de soulagement, sa sorcière était en vie saine et sauve. Il s’approcha d’elle pour s’assurer de sa santé. Elle disparut en un instant se faufilant derrière le sorcier à une vitesse fulgurante. Il se retourna, son soulagement transformé en frayeur, elle, était là, devant lui, elle lui souriait presque tendrement. Puis elle s’approcha de lui, doucement, et lui susurra d'une voix calme “tu va mourir”. Puis elle recula, laissant le passage ouvert.
Le jeune homme, pris de peur s'enfuit le plus vite possible, mais lorsqu'il arriva dans le couloir il trouva celui-ci changer et il eu beau lancer des aparecium rien ne changea. Il était coincé et pour sortir il fallait éliminer le monstre qui l’avait piéger ici. Il se retourna une autre fois pour retourner sur ses pas mais trouva face à lui non plus une porte mais un mur décrépi.
La peur franchis un autre cap, il était perdu, à la merci de cette créature horrible. Il se mit donc à marcher au hasard, le noir se faisant de plus en plus pressant autour de lui. Jusqu'à ce qu'un faible rai de lumière passe devant lui. Soulagé de la voir, il s'y précipita. Mais la créature lui fonça dedans.
Cette fois son visage n'avait plus rien de beau et de délicat comme la veille, ce soir c'était un monstrueux visage qui lui faisait face, indescriptible. Des cornes sur le crâne et des griffes à la place des doigts lui lacérant la peau excitant la créature de l'odeur de son sang.

Elle lui susurra une nouvelle fois d’une voix rauque et craquelée “tu va mourir”. Puis elle s'en fût aussi vite qu'à son arrivée, changeant à nouveau le décor. Le sorcier se retrouva à nouveau dans le noir, sa baguette tendue devant lui produisant un faible lumos qui parvenait à peine à éclairer ses pas. Un son sourd, oppressant résonnait à ses oreilles et son cœur battait à la chamade répercutant à chaque battement un frisson d'horreur dans tout son corps. Il continuait d'avancer, sans bruit.
Il savait que la chose était là, tapie dans le noir, se délectant de sa frayeur et de l'odeur de son sang qui dégoulinait toujours de ses plaies. Au bout d’un moment à le faire tourner en rond, à l'effrayer, à le blesser le sorcier devint fou de peur. Il lança des sortilèges à tout va sans s’arrêter épuisant par la même occasion toutes ses réserves magiques. La créature décida, à ce moment, qu'elle avait assez jouer.
Elle bondi sur sa proie et enfonça profondément ses crocs pourris dans la gorge du sorcier. Elle se régala de son sang si pur, si neuf. L’homme ne mis pas longtemps à mourir, déjà fou, ses défenses mentales ne lui permettant même pas de résister. Il mourut, sans que personne ne le sache servant de repas à cette créature à la fois horrible et merveilleuse.
Mais sa mort n'était pas une fin, non. C'était le début de quelque chose d'autre. Une nouvelle vie en quelques sortes. Une vie de meurtres et de peur en compagnie de sa nouvelle mère et amante, celle qui avait fait de lui ce qu'il était à présent. Un monstre.

Ilwena.
avatar
Anna Elizabeth Brooke

Messages : 8694
Date d'inscription : 26/05/2017
Localisation : Il n'y a pas d'échecs, que des leçons apprises.

Feuille de personnage
Puissance Magique:
81/150  (81/150)
Force mentale:
71/100  (71/100)
Emploi: Sorcière

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Concours d'écriture n°1 spécial Halloween : les autres textes

Message par Anna Elizabeth Brooke le Mer 1 Nov - 1:58

Merci à tous d'avoir participé en pensée, en paroles et en actes ! En espérant que cela vous ait plu... Smile

Si vous avez des remarques, des suggestions et autres idées d'amélioration pour les prochains concours, n'hésitez pas à nous en faire part !

Adri, Apo et Anna
avatar
Anna Elizabeth Brooke

Messages : 8694
Date d'inscription : 26/05/2017
Localisation : Il n'y a pas d'échecs, que des leçons apprises.

Feuille de personnage
Puissance Magique:
81/150  (81/150)
Force mentale:
71/100  (71/100)
Emploi: Sorcière

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Concours d'écriture n°1 spécial Halloween : les autres textes

Message par Anna Elizabeth Brooke le Mer 1 Nov - 2:07

En bonus : le texte plagié de David, que je rends à son véritable propriétaire : http://paranormalblog.skyrock.com/6.html

Derrière la porte

Laissez-moi vous conter ce soir funèbre où ma vie a basculé, ce soir où j'ai bien cru que j'allais mourir, ce soir où j'ai perdu la raison : c'était un soir de printemps, j'avais alors 14 ans.
A cette époque, ma grand-mère maternelle n'allait pas bien du tout. Elle était à l'hôpital depuis déjà deux ou trois semaines, j'étais allé la voir quelques fois avec mes parents, mais elle ne me paraissait pas vraiment bien aller, et je ne pouvais m'empêcher de me dire qu'elle ne rentrerait plus chez elle. Et puis aussi ce jour-là il avait fait beau, et je me sentais bien, ainsi, lorsque mes parents m'ont proposé d'aller la voir, avec eux, en cette fin d'après-midi, j'ai refusé. Mon père a alors suggéré d'aller au restaurant pour se détendre après la visite à l'hôpital, l'idée tentait ma mère, mais moi je voulais rester à la maison. Alors sans attendre je leur ai dit que je pouvais bien passer la soirée tout seul. Ils m'ont alors proposé d'inviter des copains si je le voulais, et je ne me suis pas fait prier pour accepter ! C'est ainsi que je me suis retrouvé ce soir-là avec Arnaud et David : deux amis avec qui je passais la majeure partie de mon temps depuis le début du collège.
Nous nous trouvions dans ma chambre à écouter de la musique. Sans explications, Arnaud baissa le volume. David et moi le regardions, intrigués, puis finalement d'un air amusé il nous demanda : -" Dites, ça ne vous dirait pas qu'on se raconte quelques histoires qui font peur, hein ? Ca pourrait être sympa, non ? "
J'hésitais quelques peu, surpris par cette proposition. Finalement David accepta, et je le suivis.
Alors Arnaud tout en coupant la musique, nous demanda : -"Alors ! qui commence ?"
Tout d'abord, aucun de nous ne répondit. Moi j'avais bien une idée d'histoire, mais je n'osais pas trop la raconter... Et mon dieu ! J'aurais vraiment bien fait de me taire ce soir-là, mais je ne l'ai pas fait :
En effet, timidement je finis par répondre : -"Heu... moi... à la limite... j'en ai bien une.
- Ah ?
- Ouais mais heu... je sais pas si elle va bien rendre... je...
- Bah allez, te fait pas prier, vas-y !
Et je l'ai fait, malheureusement : Je me suis assis en tailleur sur le lit, et pendant que d'un air grave je fixais alternativement Arnaud et David, ils se sont assis autour de moi, au bord du matelas. J'ai laissé passer quelques secondes afin de rendre l'atmosphère encore un peu plus lourde, puis j'ai entamé mon récit :
« C'est une histoire assez terrible dont j'ai entendu parler une fois. Cela s'est passait il y a quelques années :
Un père de famille rentrait chez lui après le travail, il trouva sa maison en train de brûler. Il habitait à la campagne, et il n'y avait pas de voisins pour alerter les pompiers. Il pensa tout de suite à son fils de sept ans qui était peut-être dans la maison, il se précipita alors à l'intérieur, cria pour l'appeler, et... il eut une réponse ! Son fils était bloqué dans sa chambre, le père couru jusqu'à la porte, essaya de l'ouvrir, mais elle restait bloquée : Dans la chambre, une poutre tombée du plafond l'empêchait de s'ouvrir. Il cogna, et cogna encore de toutes ses forces contre la porte, il se ruait contre elle, son fils hurlait, il appelait à l'aide, et lui, il paniquait : la porte ne s'ouvrait pas. Il se rua encore contre elle, il hurlait de rage, pleurait de désespoir, il ne réfléchissait plus, il n'y avait plus que cette porte, et son fils qui hurlait de l'autre côté. Il a appelé à l'aide jusqu'à la fin : Son fils à brûlé dans la maison, et le père aussi. Il n'a jamais réussi à ouvrir la porte, et il est resté à se ruer contre elle jusqu'à sa mort. »
Arnaud me regarda l'air dégoûté, et me dit : - Ben dit donc, c'est glauque !
- C'est pas joyeux en effet, répondit David avant que je ne réagisse.
Il avait aussi l'air assez choqué par l'histoire.
C'est alors que, emporté par ce succès, j'ai raconté la suite. J'ai été stupide, elle me faisait aussi peur qu'à eux cette histoire, surtout la suite... et j'ai vraiment été idiot d'avoir continué, je n'aurais jamais dû, jamais.
« Oui, mais vous ne connaissez pas la suite... Parce que depuis lors, le fantôme du père cherche toujours à ouvrir la porte et à sauver son fils. Et si tu dis... heu... je ne préfère pas le dire vraiment... Mais en gros si tu appeles à l'aide en criant « papa », que tu dis que tout brûle, et que tu lui demandes de venir te chercher, cela attire le fantôme, et il arrive derrière ta porte pour te prendre »
David, pensif, me regarda l'air intrigué, et calmement me dit : - Purée ça fout les boules, c'est sûr... Mais bon toi, tu as déjà essayé de l'appeler ?
- Non... ça me fait assez peur comme ça ! Je n'ai pas envie d'aller vérifier. »
Arnaud, une lueure d'excitation dans le regard, observa David, puis moi, et finalement nous demanda : - Hé ! ça vous dirait d'essayer ?
Je me crispais, comprenant que je n'avais pas du tout envie d'essayer une chose pareille, je regrettai déjà d'en avoir parlé. Mais David, lui, semblait y réfléchir, et au bout de quelques secondes il finit par lever la tête et dire « ouais ! Pourquoi pas ! ». J'allais leur dire que je ne souhaitais pas du tout faire une telle chose, mais Arnaud n'attendit pas que je manifeste mon opinion : Sans me porter le moindre regard, il commença à parler d'une voix aiguë et chevrotante, cherchant à imiter celle d'un petit garçon :
- Papa ! ppaaappppaa, à l'aaaaiiiiiide, tooouuut brrrûûûûle autour de moi, j'ai peeeeeuuurrr ! Il souriait, mais moi pas du tout : j'étais vraiment terrifié. Mais lui il souriait, et David le regardait avec amusement, sans rien dire. Et il reprit encore de plus belle, sa voix était maintenant plus forte, il criait presque : - JJEEEEEE BRRRRRUUUUUUULLLE, PPPPAAAAPPPPPAAAAAA, JEEEE BRRRUUUULLLLEEE, AAAAAAAAHHHHHHHH !
- ARRETE MAINTENANT ARNAUD ! C'EST PAS DROLE. C'était sorti comme ça, je le fusillais du regard, je me sentais énervé, mais j'étais surtout terrorisé, j'avais vraiment peur, et je ne voulais pas en entendre plus.
- Ben... quoi ? T'as peur ? Oh, allez c'est pas grand-chose, non ? C'est une histoire ! c'est tout ! Allez... Et toujours ce stupide sourire aux lèvres il reprit :
- PAAAAAPPAAAAAA JEEEE T'EEEEENNN SSSUUUUPPPPLLLLLIIEEE, PAPAAAAAA, IL Y A LE FFEEEUU PAAARRRRTTT...
- TU ! ... ARRETES ! ... MAINTENANT ! ... COMPRIS ? »
Là il s'était tu, il n'y avait plus un bruit dans la chambre, Arnaud me regardait, l'air étonné, sûrement qu'il avait été surpris par l'agressivité et la colère que je venais de déployer pour lui crier de s'arrêter : J'en étais d'ailleurs essoufflé, et je le fixais du regard le plus réprobateur et colérique que je pouvais. On ne parlait plus, Arnaud et moi restions là, immobiles, à se fixer mutuellement. Finalement, David, tout timidement, finit par dire :
- Bon, allez les gars, on ne va pas se disputer pour ça, hein les...
« BOUM ! ... BOUM ! ... BOUM ! ... » Nous avons sursauté tous les trois, une décharge d'adrénaline m'a envahi. Je me suis braqué ainsi que mes deux amis vers la source du bruit : vers la porte de ma chambre. Le bruit continuait, impassible et terrifiant :
« ... BOUM ! ... BOUM ! ... BOUM ! ... »
- C'est quoi ce boucan ! s'écria Arnaud dont la voix couvrait à peine le bruit de coups de plus en plus fort qui provenait de la porte.
- Si c'est une blague, c'est vraiment pas drôle, rétorqua David qui se tenait maintenant debout, plaqué contre le mur opposé à la porte. Il semblait mort de peur, il fallait dire que moi aussi je l'étais. Et puis là, en prime des coups contre la porte, ont commencé les cris, ces horribles cris qui malheureusement resteront je crois bien à jamais gravés dans ma mémoire. Je peux les entendre encore aujourd'hui alors que je vous parle : Cela ressemblait à un monstrueux mélange entre le brame d'un cerf et le cri d'un éléphant, même si cette description ne me semble pas si proche de la réalité, je ne trouve pas trop de comparatifs pour l'exprimer. Ce cri était en tout cas inhumain, aigu et profond, d'une tristesse infinie et d'une agressivité sans nom... Et les coups contre la porte, et ce cri horrible, continuaient, sans relâche... sans la moindre trêve. J'étais terrorisé, je m'étais rabattu vers les oreillers du lit, et je les serrais d'ailleurs très fort. Arnaud lui, plus valeureux, même s'il n'avait pas l'air très fier, avait saisi ma chaise de bureau, et la brandissait, prêt à frapper ce qui pourrait entrer dans la chambre. Mais ce fut David qui paniqua le plus, les cris immondes avaient dû finir de ronger les dernières subsistances du courage qui l'empêchait de s'écrouler : Il était maintenant assis contre le mur, recroquevillé sur lui-même, son visage était tout rouge, il pleurait, il gémissait, mais entre ses larmes il finit par parler un peu :
- ooohhhhh noooonnn, c'est quoi ce truc, j'ai peeeuuur, à l'aide, à l'aaaiiiide. Immédiatement, comme pour répondre aux geignements de David, le cri se fit encore plus fort, encore plus déchirant, encore plus terrifiant. Cette fois-ci les coups redoublèrent contre la porte, elle était parcourue de soubresaut, mais bizarrement ou plutôt monstrueusement, elle restait fermée, et ne se brisait pas.
Puis la panique finit d'envahir David, il se leva, ouvrit la fenêtre, et tout en pleurant nous dit :
- J'veux pas rester là moi, j'préfère tenter ma chance par dehors.
- Non, fais pas...
Mais j'eus à peine le temps de réagir, qu'il était déjà en train de se laisser glisser par l'encadrement de la fenêtre. Et le temps de me lever du lit pour aller le retenir, je l'entendais déjà glisser sur les ardoises du toit... puis, je ne l'entendis plus. Son silence m'a semblé durer très longtemps, et ce fut son cri, déchirant, qui me renvoya à la réalité :
« AAAAAHHHH, J'AI MMAAAAALLL ! JE SUIS TTTTOOOOMMMBBEEEEE ! MMMOOONNNN DDDDOOOOSSSS, AAAAAHHHH J'AI MMAAAAAALLLL ! »
Et là l'horreur fut totale : A travers l'encadrement de la fenêtre, je regardais David, qui hurlait, gisant sur la terrasse du jardin, en bas. Et les cris émis par ce qui était derrière la porte devinrent complètement fous et assourdissants. Les coups portés devenaient plus fréquents, à un rythme monstrueux, insoutenable : Je devenais fou, tout cela était un cauchemar implacable, terrifiant, et les cris de David qui agonisait en bas ne faisaient qu'ajouter à l'horreur de la situation. Surtout que ni Arnaud ni moi ne pouvions sortir de la chambre pour lui venir en aide.
Et l'odeur ! Je ne m'en étais pas rendu compte au début, mais maintenant l'air de la chambre en devenait suffocant tellement la puanteur était atroce. Une odeur de viande pourrie, mêlée à celle de cochon brûlé : et mon dieu c'était insoutenable, abominable. Je me suis détourné de la fenêtre : je vis Arnaud qui restait immobile, debout, sa chaise dans les mains, les yeux écarquillés, il avait l'air ailleurs. Je me demandais comment il faisait pour rester en plein milieu de la pièce, alors qu'elle baignait dans cette puanteur. C'est alors que sans bouger plus que la main, il finit par lâcher sa chaise, puis un soubresaut le parcouru, il se courba en deux, et vomis abondement sur la moquette. La vision que j'avais devant moi d'Arnaud vomissant, le son que cela produisit, ainsi que l'odeur qui se mêlait à celle immonde de viande pourrie et brûlée, en était trop pour moi aussi, et je vomis à mon tour. Je me sentais fatigué, je m'appuyai dos au mur, David continuait d'hurler au dehors, et les coups sur la porte n'arrêtaient plus, ils avaient encore redoublé. J'eus alors l'idée que les cris de David au dehors pouvaient stimuler la source de tout cela, et sans réfléchir d'avantage, je me retournai vers la fenêtre et la refermai avec empressement. J'eus du mal à expliquer à Arnaud pourquoi j'avais fermé la fenêtre, pourquoi on allait pas aider David. Mais il fallait arrêter de faire du bruit, des geignements, des plaintes qui pouvaient attirer ce qu'il y avait derrière la porte. Il fallait attendre qu'il s'en aille, avant de descendre au rez-de-chaussée appeler quelqu'un au téléphone pour venir en aide à David. Arnaud finit par comprendre, et nous nous sommes calmement assis, terrifiés malgré tout par cette ambiance cataclysmique de coups ininterrompus contre la porte, par ce cri immonde qui nous perçait les tympans, et par cette odeur insoutenable qui se mélangeait maintenant à l'odeur de nos vomissures. Et nous avons attendu que tout cela s'arrête, nous étions assis en tailleur, à même le sol, sans bouger, pales et terrifiés. Progressivement les cris se sont calmés, l'odeur s'est atténuée, et les coups contre la porte ont baissé en fréquence et en intensité... jusqu'à ce que le silence revienne enfin, et que nous pouvions de nouveau entendre, étouffés à travers la fenêtre fermée, les cris de douleur de David qui gisait toujours au dehors.
Arnaud me regarda alors, et à voix basse me demanda :
- A ton avis maintenant, qu'est ce qu'on fait ? J
e réfléchis un peu avant de répondre, puis dit :
- Il faudrait téléphoner aux pompiers, ou je sais pas... à une ambulance ! Pour venir en aide à David.
- Il est où le téleph...
- Le téléphone est en bas.
- Tu penses que c'est parti ?
- Ben... on ne l'entend plus...
- C'est vrai...
- Va falloir descendre... en bas... Heu... j'ai pas trop envie... de... de... sortir. Je...
- Bon, je vais y aller... De toute façon, il est plus là, hein ?
- Heu... t'es sûr ?
- Mais oui.
Arnaud se leva alors lentement. D'un pas hésitant, il s'avança jusqu'à la porte. Saisis doucement la poignée, et poussa légèrement la porte qui s'entrebâilla sur le couloir. L'air amusé il se retourna vers moi, et dit à haute voix :
- C'est dingue, la porte était ouverte, il est con ce fan... Mais il n'eut pas le temps de finir sa phrase que comme un éclair, une main surgit de l'encadrement de la porte entrebâillée, se rallongea d'une manière monstrueuse et vint agripper Arnaud à la taille : Celui-ci restait pétrifié, sans même crier, les yeux écarquillés. A première vue, la main, et le bras m'avaient semblé de couleur noire, mais à cause des petites brillances, de ces sortes d'écailles que je discernais dessus, j'eus l'horreur de deviner que toute la peau de ce « bras » qui s'enroulait maintenant autour de la taille d'Arnaud était entièrement brûlée. D'ailleurs l'odeur de porc brûlé et de viande pourrie revint m'assaillir les narines. Je n'eus que le temps de me lever avant de voir Arnaud disparaître sous mes yeux, emporté dans le couloir à une vitesse impossible, puis la porte se referma dans un claquement assourdissant. Je courus jusqu'à la porte, mais je ne voulus pas y toucher, je ne voulais pas l'ouvrir. Je criai alors le nom d'Arnaud, j'ai bien dû rester là pendant une éternité à crier son nom, mais rien, aucune réponse. Et je n'avais pas osé ouvrir la porte : j'avais peur que cela soit encore derrière. Toujours comme aujourd'hui d'ailleurs : En effet, même maintenant j'ai encore la peur d'ouvrir une porte, mes parents m'ont amené chez le psychiatre après ce soir-là, mais je ne lui ai jamais rien dit, ni à personne d'ailleurs, pas même à mes parents. De toute façon, ils ne me croiraient pas. Personne ne revit jamais Arnaud, on m'a demandé si je l'avais vu ce soir-là, mais j'ai dit que non, et David en fit de même... : Lui, il passa un mois à l'hôpital, il s'était cassé le coccyx en tombant du toit... Et aussi bien lui que moi sommes maintenant toujours terrifiés quand nous nous retrouvons face à une porte fermée : Nous avons toujours peur qu'un jour cela vienne nous chercher à notre tour, nous n'osons plus ouvrir la moindre porte de peur qu'il soit de l'autre côté. Oui, nous avons et aurons maintenant toujours peur de ce qu'il peut y avoir... y avoir derrière la porte.
avatar
Anna Elizabeth Brooke

Messages : 8694
Date d'inscription : 26/05/2017
Localisation : Il n'y a pas d'échecs, que des leçons apprises.

Feuille de personnage
Puissance Magique:
81/150  (81/150)
Force mentale:
71/100  (71/100)
Emploi: Sorcière

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Concours d'écriture n°1 spécial Halloween : les autres textes

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum