Concours d'écriture Spécial Halloween - Top 3

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Concours d'écriture Spécial Halloween - Top 3

Message par George Wordsworth le Mer 1 Nov - 0:51

Vous les attendiez (ou non et dommage, dans ce cas) et ils sont là : LES RÉSULTATS DU CONCOURS D'ÉCRITURE !

Mon dieu, ce que ça a prit plus de temps que prévu. Lire vos textes, débattre, lire vos textes, débattre, faire un top, débattre, lire vos textes...

Mais lâchez-moi bon sang

Quoi qu'il en soit, le podium est maintenant défini, strict et choisi avec intransigeance. Vous départager fut bien ardu et pour cela, j'aimerais avant tout vous dire un grand MERCI. MERCI d'avoir participé et d'avoir fait votre possible car, vraiment, sachez que ça nous fait extrêmement plaisir de savoir que vous être décarcassés pour un concours qui, finalement, est sans importance mais MERCI, surtout, de ne pas l'avoir laissé bider (croyez-moi, ça aurait pu) et MERCI, également, de l'avoir pris au sérieux.

Sur ce, il est maintenant à vous de juger si, oui ou non, les trois textes qui suivront sont dignes de telles louanges :
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George Wordsworth

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Re: Concours d'écriture Spécial Halloween - Top 3

Message par Andarielle Peverell le Mer 1 Nov - 0:57

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Re: Concours d'écriture Spécial Halloween - Top 3

Message par Epsilon le Mer 1 Nov - 0:58

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Re: Concours d'écriture Spécial Halloween - Top 3

Message par Baldrik Merlker le Mer 1 Nov - 0:58

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Re: Concours d'écriture Spécial Halloween - Top 3

Message par Craig Anderson le Mer 1 Nov - 0:59

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Re: Concours d'écriture Spécial Halloween - Top 3

Message par Oswin Stahlhart le Mer 1 Nov - 1:00

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Re: Concours d'écriture Spécial Halloween - Top 3

Message par Victor Conley le Mer 1 Nov - 1:00

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Message par Paul Bondupois le Mer 1 Nov - 1:01

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Re: Concours d'écriture Spécial Halloween - Top 3

Message par Trajan Ashford le Mer 1 Nov - 1:01

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Re: Concours d'écriture Spécial Halloween - Top 3

Message par Klaus Siegemund le Mer 1 Nov - 1:02

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Re: Concours d'écriture Spécial Halloween - Top 3

Message par Jenny Oak le Mer 1 Nov - 1:03

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Re: Concours d'écriture Spécial Halloween - Top 3

Message par Alena E. Walrogd le Mer 1 Nov - 1:03

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Re: Concours d'écriture Spécial Halloween - Top 3

Message par Aldric Brasardant le Mer 1 Nov - 1:03

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Re: Concours d'écriture Spécial Halloween - Top 3

Message par Scott Fry le Mer 1 Nov - 1:04

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Re: Concours d'écriture Spécial Halloween - Top 3

Message par Shirley Mackenzie le Mer 1 Nov - 1:05

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Re: Concours d'écriture Spécial Halloween - Top 3

Message par Invité le Mer 1 Nov - 1:06

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Re: Concours d'écriture Spécial Halloween - Top 3

Message par George Wordsworth le Mer 1 Nov - 1:07

TROISIÈME PLACE : Baldwin

Une place remportée de façon inattendue par un petit nouveau pas si actif que ça, il est vrai, mais dont le texte, malgré sa qualité d'écriture passable en comparaison à d'autres, s'inscrit à merveille dans le sujet : on y suit la soirée d'un petit garçon dans un cimetière où tout devait bien se passer... jusqu'à que son chat disparaisse et que sa quête afin de la ramener ne le mêne à remarquer la présence d'un être.

LE TEXTE :

Bois de tremble, déterminé et fort de caractère. Ça fait des jours que je t'ai, je commence à m'habituer à toi, ma baguette ! Haha ! " Je contemple ma chouette baguette.  "Hop" *Je fais un petit tour dans les airs et j'entends ma baguette ronronner, de minuscules éclairs bleus apparaissent.  Matoufle est sur mes genoux, il donne des coupes de griffe dans les airs à chaque fois que fait parlait ma baguette. Nous sommes en fin de soirée, je suis assis sur une pierre tombale, dans le cimetière de Whitby, j'aime bien y aller prendre l'air, surtout qu'on a une vue sur toute la ville.  J'ai mon livre d'histoire de la magie avec moi, j'ai déjà commencé à le lire, ça ne coûte rien de s'avancer !  Hum ... Je n'arrive plus bien à lire, il commence à faire sombre. Il vaudrait mieux qui j'y aille, je finirais de lire plus tard. * "Matoufle ? Flute ! Où est tu maintenant? " Je le cherche des yeux, il est tout noir, si je ne le trouve pas maintenant, il passera la nuit dehors ! D'habitude je n'ai pas peur des cimetières, un lieu comme les autres me dit mère. *Ah il est là, perché sur un mausolée. * "Matoufle vient on y va !" *Le chat ne bouge pas, il se tient allongé, prêt à bondir, les deux oreilles dressées. * "Allez viens, il va faire nuit, on va bientôt manger en plus !" Je m'approche du chat, mais celui-ci recule légèrement.

"OUAH OUAH ! " un aboiement infernal retenti, venant briser le silence de mort du cimetière. Impossible de savoir d'où il provient. Je commence à avoir des frissons.
Plus rien. Je tourne la tête, cherchant Matoufle des yeux, il a dû décamper. Non, il est bien là, toujours perché sur le cornique. Difficile de le discerner, la nuit est tombée si vite.
Que vont penser mère et père de tout ça, je devrais vraiment rentrer, mais je ne dois pas laisser Matoufle ici.
"OUAH ... OUAH OUAH !" Je tressaute. Là, il y a vraiment quelque chose, un chien . Ça ressemble à un aboiement, mais alors un gros chien... Bon, tant que ce n'est pas un vamp...
Une ombre file au loin.
Je regarde dans sa direction, c'est vraiment étrange ... Matoufle se colle à mes jambes, il est descendu. Il déguerpit à nouveau. Un grognement se fait entendre, cette fois-ci plus proche.
Je commence vraiment à avoir peur, j'ai fait une énorme bêtise, j'aurais fait attention à l'heure bon sang ! Une légère brume plane au-dessus des tombes.
"OUAH OUAH OUAH !" Je reste cloué sur place, impossible de bouger, une goute de transpiration coule le long de ma nuque.
Je dois absolument par... Une chose se déplace, j'entends des pas lourds, mais je ne vois rien. Pas un homme, pas un animal.
Matoufle est là, caché derrière une grosse pierre. Ni une ni deux, je presse mon livre contre mon ventre et cours vers lui à toute vitesse. Je trébuche lourdement au sol.


"OUAH ... OUAH ... OUAH!"
Il est là. Tout prêt. Ses yeux luisent, comme deux billes couleurs sang. Je remarque ensuite ses crocs, sa bave, ses grosses pattes...
Une larme commence à couler sur mes joues "Je ne ... dois pas pleurer, je ne dois jamais avoir peur, papa me l'a dit !" Je viens de mouiller mon pantalon. L'énorme bête renifle fort, me fixe, oui moi.
Si je bouge un poil, je vais mourir.
L'énorme chien bouge, lentement, il frôle une tombe a quelques mètres de moi. Il est plus noir que noir, ses poils sont hérissés, il pourrait me tuer d'un coup de patte.
Le chien sombre s'éloigne pourtant, de plus en plus.
Il est bien parti maintenant, et pourtant, je ne bouge pas, incapable de faire le moindre mouvement.
Matoufle me mordille le doigt, toujours dans mes bras, il veut me dire de partir. D'accord Matoufle, j'y vais. Je trace à toute allure, je ne me retiens même plus de pleurer.
J'aperçois un orbe de lumière sur le chemin. C'est mon père, droit comme un mât, un grand manteau bleu marine sur ces épaules, et sa baguette qui illumine son visage.
Je me jette dans ses bras, de son pouce, il retire les larmes coulées sur mes pommettes.
De retour à la maison, j'ouvre mon livre de créatures magiques, je tourne les pages rapidement, comme pris d'un spasme.
Un grand chien noir, yeux rouge sang. Sinistros, présage de mort
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Re: Concours d'écriture Spécial Halloween - Top 3

Message par George Wordsworth le Mer 1 Nov - 1:22

SECONDE PLACE : Epsido

C'est au duo Epsilon/Ludo que revient la seconde place (place qui bon sang fut difficile à attribuer) et dont le texte fait honneur à ces deux jeunes gens. Un texte complexe, en somme, qui nous fait suivre les journées horriblement simples d'un homme qui vont être bouleversées par je ne sais quelle raison. À vous de le découvrir ! Un texte qui pointe du doigt le train-train quotidien du travailleur et qui, à l'issue de celui-ci, vous poussera je n'en doute pas à une seconde lecture.

LE TEXTE :

Où es-tu ?

Tu me suivais ce soir-là alors que j’avais décidé d’apprécier la fraîcheur de la nuit et la clarté de la lune qui faisait ressortir chez toi ce teint livide, presque cadavérique. Neutre, inexpressif, accroché à une tête tu me fixais : qu’ai-je donc de si fascinant ? Rien. Pas de quoi être la proie de ces yeux bleutés, en tout cas. Et encore moins de quoi mériter une attention si persistante.

Je n’avais pas demandé à t'apercevoir dès le pallier de ma porte, ni derrière la vitre de ce magasin, ni même installé dans la file d’attente de la boucherie ! Deux fois en plus, soit le monde était encore plus petit qu’on le disait soit tu ne manquais pas d'appétit.

Je m'étais réveillé ce matin, à la même heure que tous les matins. J'avais éteint mon réveil. Une fois. Deux fois. Cinq fois. Et je m'étais levé. J'avais mangé une biscotte, trempée dans un café tiède en lisant le journal du jour. Le regardant plus que je ne le lisais. Je m’étais lavé et j’avais enfilé mon costume de travail. Puis j’étais sorti.

C’est là que je t’ai vu pour la première fois. Sur le palier. On aurait dit que tu attendais, mais quoi ? Je t’ai salué et tu n’as pas répondu. Tant pis. Ce n’était qu’une simple formalité, un réflexe. J’avais l’habitude de passer inaperçu et de ne pas recevoir de réponse. J’ai à peine remarqué. Tu devais sans doute avoir l’esprit occupé par je ne sais quelle activité qu’ont les autres gens. J’ai donc passé mon chemin, descendu les escaliers et m’en suis allé.

Il faisait chaud, il me semble. Mais je ne pourrais pas le jurer. Je marchais jusqu’au travail. Ou plutôt mes pas m’y conduisaient. Ils connaissaient le chemin mieux que moi. Et tu étais là, au pas, non loin de moi. Je marchais presque sans te voir mais tu m’as attrapé du regard et ces dents rangées en un sourire éclatant m’intriguèrent. J’ai senti ce fil invisible nous relier et je me suis retourné. J’ai repris ma route rapidement car on ne dévisage pas les gens. Ce n’est pas correct, paraît-il. Tout le monde sait ça. Tout le monde sauf toi. J’ai repris ma route rapidement mais je t’avais retenu dans les moindres détails. Comment pouvait-il en être autrement ?

C’était une journée tout à fait banale au ministère, je croulais sous les papiers, une fois de plus. L’atmosphère était ici bien plus sinistre que je ne l’avais imaginé en arrivant. Un long film en noir et blanc, monotone, vide de couleurs et d’espoir. Qui aurait crû que l’on pouvait détruire un homme en lui faisant tamponner des autorisations et serrer des mains d’inconnus à répétition. Je voyais les faux sourires défiler sous mes yeux, rien d’intense, rien d’excitant, rien de rien. J’avais enfin fini par réussir à m’habituer à cette vie placide à laquelle je n’avais plus goût mais pourtant dans un coin de mes pensées j’avais encore une petite lumière d’espoir allumée et elle n’éclairait que toi. J’étais fasciné par ce sourire intriguant, par le frisson qui me parcourait l’échine à chaque fois que je me remémorais ton aura.

Finalement cela me maintenait en vie de savoir qu’un espoir d’être heureux existait ici bas, un bonheur certain au vu du sourire assuré, dont je rêvais d’entrevoir le reflet dans mon propre miroir toutes les nuits. Et au fur et à mesure de mes tourments dans ce petit bureau, des tours des aiguilles sur ma montre à en donner des vomissements, des calendriers dont les pages tombaient, je laissais mon esprit vagabonder vers la vie que je t’imaginais avoir et t’enviais. Je brûlais de posséder ces yeux vifs et perçants au lieu des cernes que le travail gravait tous les jours un peu plus. Au fond nous avions les mêmes yeux, pourquoi cela ne marchait pas chez moi ? Cette question obsédante me plongeait dans une frustration des plus conséquentes.

Bilan, tendance, indicateurs, objectifs : j'écoute lascivement une énième réunion. Notre responsable se félicite de notre productivité cette année qui néanmoins ne pourra se concrétiser pécuniairement parce que, nous comprenons, compte tenu de la conjoncture, … Bref. A nous maintenant de transmettre le message aux équipes. “T’es nouvelle ici ? Besoin d’un guide ?”. Diagramme, contraintes financières, décisions hiérarchiques, turn-over. Je dois renouveler la moitié de mon équipe. Et me séparer de la seconde. “Tu es très belle ce soir”. Je planifie donc des entretiens avec chacun de mes collaborateurs. Fred et Juliet et Dan et Vic. Paul et Sandy. Lesquels garder ? Je tente vainement de comparer les performances des uns et des autres. “Moi aussi, je t’aime”. La vérité c'est qu'ils sont tous excellents.  

Mon esprit était embrumé, impossible de mettre la main sur des souvenirs clairs, je cherchais la concentration pour exercer mon travail mais rien à faire, il y avait comme des bruits parasites. Des sons qui résonnaient au plus profond de moi-même et me tenaient par la main me guidant vers ma perte, resserrant leur poigne dès qu’ils devenaient plus clairs. “Je suis tellement heureux de t’avoir rencontré”. Cette fois-ci j’en étais sûr, cela ne pouvait pas venir de moi, et à mon grand regret, mais ma vie n’était que solitude et travail. Je l’aurais bien aimé pourtant, je l’aurais trop aimé même, à mesure que je fouillais ma mémoire à la recherche d’une jeune femme que j’aurais pu ainsi apprécier je me rendais compte du vide qui m’envahissait, enfin qui m’avait toujours caractérisé. Mais pourquoi pas moi après tout ? Pourquoi est-ce que je restais là alors que mon inconscient me criait à proprement parler d’aller trouver quelqu’un et de vivre pleinement. Ce soir là je partis plus tôt que prévu.

Je suis rentré d’un pas pressé. Je voyais le flot des gens former un océan de foule et leur houle aller d’avant en arrière, m’entraînant. Je voyais toutes ces personnes qui pourraient être des connaissances mais demeuraient des étrangers. J’imaginais leur vie et nos conversations hypothétiques. Conversations qui auraient sans doutes été réelles si j’avais été toi. Mais non : j’étais moi, ils étaient de parfaits inconnus et je rentrais, seul. Je remarqua une ou deux filles plutôt jolies dont j’aurais sans doute aimé partager la vie. Mais j’étais moi, et elles des étrangères.

Je dû m’arrêter faire quelques courses, pour ne pas me coucher le ventre vide le soir-même. Et je t’ai à nouveau vu. Mais… Que faisais-tu donc ici ? Encore ? Je t’ai souris. C’était une sensation étrange. Tu souriais tout le temps alors ça m’est venu comme ça. Comme si nous étions liés. Comme des connaissances, les fameuses que je n’avaient pas. Mais avec toi, ça me semblait la chose à faire.

Tu n’as pas répondu.

Le temps pour retourner chez moi n’avait pas suffit à me convaincre que c’était une coïncidence. Qui sait, peut-être que c’était un signe du destin ? Je pourrais en venir à te ressembler ? Abandonner la recherche de réponse fut aussi simple que de cuire mes pâtes avant de m’allonger tranquillement devant la télévision. A peine mon assiette terminée et posée sur la table basse, je parvins à me détendre un peu devant le journal télévisé, un long bâillement accompagnant ma digestion. C’est fou ce que l’on apprenait devant ce programme ! Rien de nouveau : des morts, des écoles qui ouvrent, des réformes politiques soit-disant révolutionnaires, des visages…

D’ailleurs, l’un m’était familier ! Le même ! S’en était trop, mon poul commençait à battre plus vite que l’horloge qui sonnait inlassablement les secondes. De fil en trotteuse je sentais la température monter en moi, je bouillonnais de l’intérieur et je pense que quiconque m’aurait vu aurait trouvé bien étrange qu’un homme puisse avoir la peau si rouge. Et bien, un homme non je vous l’accorde mais pour un homme en colère, intensément jaloux, c’était parfaitement possible.

Il était partout ! Au journal pendant que le reste silencieux me rappelait que personne ne voulait entendre parler de moi. D’un grand coup sur la table, je commencais à évacuer ma haine. Constater que j’étais seul à m’énerver devant une télévision n'arrangeait rien : j’étais hors de moi. Et voilà que les voix refaisaient leur chemin dans ma tête “Je ne te laisserai jamais tomber” Ah oui ? Et bien pourquoi tu n’es pas là avec moi ?! Oh et puis tiens !

L’écran de mon téléviseur était brisé, je me sentais soulagé.

Cependant, il restait toujours un stress latent. Une tension dans la pièce, quelque chose qui ne se soulageait pas par la colère, tant pis… Je finis par retrouver mon calme et ramasser les bouts de verre de mon écran, penchant la tête au passage pour vérifier s’il y avait encore quelque chose à faire pour mon écran.

Tu y étais. Le visage sortit de mon écran maintenant que ta cage de verre était en morceau sur mon tapis. Le sourire se dévoilait à mesure qu’il se tirait hors de la boîte cubique, jusqu’à être nez avec moi et me hurler le plus strident cris que je n’ai jamais entendu “Drrrrriiiiiinnnngggg !”. Je me réveillais donc en sursaut sur mon fauteuil, rien n’avait changé. La télévision était toujours intacte tout comme la vaisselle qui m’attendait de la veille.

Dure journée en perspective.

Pointeuse, café, paperasse, réunions, réfectoire, entretiens, café, rapports. La journée passa comme la veille, comme l'avant veille, comme toutes mes journées depuis des années, lentement, perpétuellement. Et je les regarde passer, inlassablement, encore et encore, défiler, comme les pages des catalogues que je feuillette chaque jour pour les commandes du ministère. Un peu plus de rien pour moi s'il vous plaît. La dépression, vous l'auriez en mauve ? Je vais vous prendre un suicide aussi, le nouveau modèle, en XXL.

Pas de repos pour les braves, j’ai beau soupirer à m’en déchirer les poumons la réalité est là et moi avec, en vie malgré moi. Autant dire que le mal de crâne qui survint ne me fit plus grand chose, une blessure sur un cadavre. Ma tête était prise au piège dans un étau que l’on resserrait, la pression était à son comble dans tous les sens du terme. Je ne sais pas si c’est la douleur qui accentuait mes délires mais cette fois c’était plus clair : des arbres, de l’obscurité, des silhouettes. Et puis bientôt des odeurs de feuilles mortes humides, la morsure du froid qui me parcourait le corps et le son sec du bois qui craquait sous mes pieds. Mon bureau était bien loin et pourtant ceci semblait tout autant réel. A mesure que j’avançais mon regard finissait par réussir à percer l’épais nuage de brouillard, j’entendais d’ailleurs des voix lointaines en plus des hiboux qui venaient se moquer de moi en hululant. Se pourrait-il que ? Oui cela y ressemblait, c’était un ton qui ne m’était pas inconnu. Un petit rire féminin qui m’aurait réchauffé de cette atmosphère glaciale en d’autres circonstances. L’adrénaline me criait que je cherchais quelque chose mais impossible de mettre la main dessus, pire encore, impossible de retrouver ce que c’était. Je me laissais simplement guider passivement par mes jambes qui bien que tremblantes s’agitaient avec agilité pour me faire slalomer entre les ronces et les troncs d’arbre. C’était proche. Mon allure, ma respiration, les battements de mon coeur : tout s’accélérait brusquement, sans que je n’y puisse rien. Une première chute à cause d’une racine, une seconde dû à un tressaillement d’effroi et finalement j’y étais. Je vous voyais, toi ! Elle ! Et les ombres... Je ne sais pourquoi mais j’étais à bout de force, tandis que vous souriiez. Du moins jusqu’à m’apercevoir. Ce fut allé très vite : d’abord de la surprise sur leur visage qui se transforma vite en inquiétude. L’homme portait ton visage, celui qui me suivait partout et presque mes expressions de stupeur, je me reconnaissais sous ses traits. Finalement, les mouvements étaient trop rapides pour que je les suive, la femme agitait un bâton dégagea de la fumée ce qui repoussa les ombres. L’homme lui semblait aussi apeuré que moi en agitant son espèce de baguette : c’était toi. Toi qui me suivais, toi qui me rendais fou. En détournant mon regard, je compris. Je vis tout. Avant que le flash lumineux me frappent, me volant ces instants.

Aujourd’hui encore je parti tôt. Le stress de ma vie qui m’étouffe, de la tienne qui m'éblouit et m’agresse, soulignant l’insipidité de mon existence. La fuite aussi, je n’en pouvais plus de ton harcèlement. Oui ta vie est tellement mieux. On a compris. Fous-moi la paix maintenant ! Mais avant tout, si je parti tôt c'est que c’était prévu : j’avais rendez-vous.

J’attends sur une des nombreuses chaises alignées. Pourquoi y en a-t-il toujours autant alors qu’il n’y en a jamais plus de la moitié d’occupé ? Peut-être un de ces trucs de psychologie marketing pour nous faire croire qu’on est le bienvenu ? Le bienvenu sur une chaise dure en métal froid. Beau message, en effet ! La secrétaire m’appelle. Je me lève mais ne voit pas mon médecin. Seulement une femme bizarre qui me sourit et me tend sa main. Bonjour ?

C’est le Professeur Tourdesac me dit-elle. Elle remplace mon médecin habituel. Une procédure normale compte tenu de mon état a priori. Soit. Elle ou un autre. Les souvenirs ne reviennent pas. Trois mois déjà. Trois mois de vide. Elle me demande comment je vais, si j’ai remarqué des choses bizarres. Je ris. Bizarre ? Mais non. Pas du tout. A part peut-être cette présence obsédante, si tu vois de quoi je parle. De toi. Je parle de toi. Toi qui me suit partout où je vais, jusque chez moi, jusque dans la télévision, qui parle dans ma tête, qui sourit en permanence, pour me narguer de ta vie parfaite. Rien d’anormal donc.

Elle reprend mon dossier. Amnésie post-traumatique. Oui, oui, je sais. Traumatisme de quoi, je ne sais pas. Il n’arrive jamais rien dans ma vie, mais il semblerait que pour une fois qu’il s’était passé quelque chose, mon cerveau n’avait pas supporté et avait tout effacé. Je lui dit que je n’ai toujours pas de souvenir. Pas les miens en tout cas mais ça je n’en parle pas. Je lui raconte mon quotidien, mon enfance, les événements du trimestre dernier. Rien de palpitant. Elle insiste sur ma famille. Un père, une père, à quoi s’attendait-elle ?

Je sens alors comme un coup de poing dans l’estomac alors que mes mains desserrent leur étreinte autour de sa gorge et qu’elle reprend sa respiration. Je suis allongé au sol. Qu’est-ce que j’ai fait ? Pourquoi ? Ca ne me ressemble pas. Je la regarde et je me souviens. C’est toi. Encore toi. Toujours toi. C’est ton visage que je vois plaqué sur le sien. Mais fous-moi la paix à la fin ! Je m’entends hurler. Elle me regarde, inquiète. Elle demande ce qu’il s’est passé. Je mens. Elle me redemande. Je suis, semble-t-il, aussi doué pour le mensonge que pour le reste. Je lui raconte donc le harcèlement, la présence, la voix, les visions. Elle écoute et note. Et je délire à nouveau. Je vois un rat sur son bureau. Un rat de fumée. Elle lui parle. Elle parle au rat ! Et le rongeur fantomatique se met à galoper et quitte le bureau. Elle me regarde et sourit. Je hais les sourires depuis que je t’ai rencontré.

Te voilà. Dans le bureau. Tu me pointes du doigt et me cries des mots que je ne comprends pas. Je ne peux plus bouger. Elle se lève. Elle est soucieuse. Je vous entends discuter. Mes souvenirs reviennent dit-elle. Le sort n’a pas marché ? Un sacré coup du sort pourtant. Et de quels souvenirs parle-t-elle ? Je ne me souviens que de toi. Tu me regardes. Tu as l’air triste. Elle veut agir. Tu veux me protéger. Elle ne veut pas prendre le risque d’attendre que ma mémoire revienne. Tu ne peux pas te résoudre à perdre ton frère. Elle te serre dans ses bras. Elle propose de s’en occuper si tu ne peux pas. Tu peux mais tu ne veux pas. C’est trop dur. Mais le danger est trop grand. Le secret doit être préservé, quelqu’en soit le prix à payer. Tu le sais. Elle est désolée. Tu pointes à nouveau ton doigt vers moi. Est-ce ton doigt ? Plutôt un genre de bâton ? J'eu un dernier flash et je
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Re: Concours d'écriture Spécial Halloween - Top 3

Message par George Wordsworth le Mer 1 Nov - 1:25

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Re: Concours d'écriture Spécial Halloween - Top 3

Message par George Wordsworth le Mer 1 Nov - 1:30

PREMIÈRE PLACE : David

Oui, vous l'avez bien lu.

OUI.







Bah en fait non, il a tout pompé sur d'autres sites en pensant qu'on le verrait pas.

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Re: Concours d'écriture Spécial Halloween - Top 3

Message par Sarah Jones le Mer 1 Nov - 1:32

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Message par Trajan Ashford le Mer 1 Nov - 1:32

Quelle indignité

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Re: Concours d'écriture Spécial Halloween - Top 3

Message par Ratus Cleverus le Mer 1 Nov - 1:34

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Re: Concours d'écriture Spécial Halloween - Top 3

Message par George Wordsworth le Mer 1 Nov - 1:47

LA VRAIE PREMIÈRE PLACE : Slipnir

Un texte de qualité by Slipnir, on l'applaudit. Nous y suivons l'aventure d'Adon Ware, Auror du Ministère cherchant à éclaircir les mystères autour d'une affaire vieille d'un demi-siècle... Mise en situation, description, nous nous retrouvons bien assez vite dans un huis clos aussi mystérieux que terrifiant.

Note : "Adon Ware" est une référence à une intrigue bien assez vieille pour que je ne connaisse pas grand chose dessus


LE TEXTE VAINQUEUR :



Un silence éternel - Slipnir.


Cette nuit-là, la Lune ne s'était pas levée. La lande balayée par les vents frémissait dans une obscurité quasi-totale, à peine troublée par le sombre éclat des étoiles. La bâtisse se dressait au sommet d'un petit monticule, bien visible depuis le profond océan et les plaines abritées par la falaise, et pourtant jamais un moldu ne l'avait distinguée. Depuis des siècles, le manoir résistait aux attaques océanes, dressant vaillamment ses tourelles tortueuses et ses créneaux déchiquetés contre les tempêtes, protégeant ses intérieurs des brises salines de ses volets de bois noir, qui battaient cette nuit-là dans le vent, malgré l'absence de ce dernier.
Un amas difforme de tours, de toits et d'imitations moyen-âgeuses. Telle fut l'image qui s'imposa à l'esprit d'Adon Ware pour décrire le manoir, alors qu'il venait tout juste de transplaner en contrebas de ce dernier. L'oeil alerte et la baguette en main, il prit quelques instants pour inspecter les alentours et s'assurer que le craquement engendré par son transplanage n'avait pas éveillé de dangers. Pour tout dire, Adon Ware aimait la nuit. Il aimait profondément l'obscurité. Il aimait la chape de plomb qui s'abattait sur le monde à la nuit tombée, révélant les consciences, ouvrant les esprits, et réduisant les pleutres au silence. Il aimait laisser sa vue lui échapper et ses autres sens s'éveiller. Il aimait entendre la vie animale reprendre ses droits et il aimait sentir cette ambiance particulière qui inonde la nuit. Cependant, ce qu'Adon Ware préférait dans les ténèbres, c'était la discrétion qu'elles lui procuraient. Les ténèbres lui permettaient de se dissimuler, et d'exercer ses activités en toute tranquillité. Il ne faisait pourtant pas partie du monde de la nuit, des délinquants et des assassins ; mais il aimait rester caché, afin d'assurer ses fonctions d'auror. Ce n'était pas à proprement parler un héros, mais simplement un homme qui tentait de faire son beurre en luttant contre les profondes racines du mal ; et cependant il lui était déjà arrivé d'avoir recours à des moyens plus que condamnables pour mener à bien ses missions.
Adon plongea rapidement sa main dans la poche de sa longue robe noire, vérifiant que ses outils étaient bien là, et reserra sa chaude cape sur ses épaules. Il rabattit son capuchon, et s'avança entre les rochers, vers l'entrée du domaine. A vrai dire, il ne se sentait pas à l'aise. Ce n'était pas la nuit qu'il aimait. Cette nuit-là était profonde, stagnante et poisseuse. Tout était calme aux alentours, et ce calme ne laissait rien présager de bon. Pas le moindre signe de vie à des miles à la ronde, pas la moindre lueur ; pas la moindre brise non plus. Le lieu semblait étouffer sous un voile de silence, et même les déferlantes de l'océan ne parvenaient pas à troubler un silence épais comme de la poix.
Ces quelques formalités expédiées, Adon choisit de pénétrer par l'entrée dans le domaine, malgré les nombreuses brèches qui perçaient le mur d'enceinte. Cette bouffée de superstition fut bien vite écrasée par un sentiment de mal-être, alors qu'il s'avançait entre deux imposantes statues représentant des gargouilles délirantes. Il marchait avec assurance sur le petit sentier pavé qui menait au manoir, tout en observant la colossale silhouette de la bâtisse. Jusqu'à un certain point du chemin, il ne vit rien d'anormal sur le manoir ; mais en s'en rapprochant, il découvrit que le bâtiment était dans un sinistre état de délabrement. Des brassées de lierre pendaient lamentablement du toit, et les fenêtres étaient depuis longtemps brisées ; des pierres avaient été arrachées du mur, et les colonnades qui entouraient l'entrée étaient envahies par la végétation.
Pourtant, c'est quelque chose d'autre qui lui glaça le sang. La porte principale du manoir, solidement scellée, était maculée de taches brunes. Le fait ne faisait aucun doute : c'était bel et bien du sang. Alors, Adon Ware se rappela pourquoi il était là. D'un coup, toutes ces heures à écouter et récolter les récits des témoins plus ou moins directs lui revinrent en mémoire. C'est seulement en fixant ces taches d'un sang qui avait bien dû jadis couler dans les veines d'un être tout aussi vivant que lui qu'il prit la conscience de ce qui l'attendait. Résoudre une affaire vieille de plus d'un demi-siècle, voilà pourquoi il était là. Plusieurs décennies auparavant, 7 personnes avaient été massacrées ici, sans que personne ne sache par qui et pourquoi. Les survivants n'avaient fait pendant longtemps que se rejeter la faute et avaient tous tenu des discours incohérents, et la seule chose que les aurors de l'époque avaient pu mettre au jour avant que le Ministre de la Magie en personne n'ordonne le classement sans suite de l'affaire, c'était que toutes les victimes avaient été sauvagement déchiquetées dans un affolant silence. Dès lors, le dossier avait été enterré, et le manoir, abandonné, jusqu'à ce que par hasard Adon le découvre, en fouinant dans les archives à la recherche d'informations sur une autre affaire. Intrigué, Adon avait repris le dossier dans le plus grand secret, et était tombé de haut en en découvrant les détails. Au fond, il ne savait même pas pourquoi il avait mené l'enquête aussi loin, sinon à cause d'une sorte de fascination sordide ; et pourtant, cette nuit-là, alors que l'horrible réalité venait de le frapper de plein fouet, il continuait d'avancer vers la porte du manoir, poussé par une excitation morbide qui l'empêchait de faire machine arrière.
Il arriva à la porte, et sortit ses outils moldus, sachant pertinemment que les aurors de l'époque n'avaient pas pris la peine d'enchanter les scellés. Il aimait crocheter les serrures moldues : avec elles, il n'y avait ni surprises, ni longueurs. On pouvait les entendre et écouter leurs faiblesses. C'était un processus mécanique, presque automatique. Tout en crochetant la serrure de la porte couvert de sang, Adon se remémora les éléments de l'affaire, qui tenaient en quelques mots : le manoir avait accueilli une réception pour célébrer le mariage de la fille du propriétaire avec le fils d'un des membres haut-placés du ministère. Sans explications, les mariés, leurs parents, ainsi qu'un auror chargé de la protection du haut-fonctionnaire, avaient été égorgés pendant la réception, sans que personne ne se doute de rien. En recueillant les témoignages, Adon avait conclu que quelqu'un avait laissé rentrer quelque chose dans le manoir, pourtant bien protégé ; mais au réveil le lendemain matin, les survivants n'avaient pu que constater le massacre, et s'étaient accusés du manque de surveillance. L'affaire avait engendré une autre victime : la soeur de la mariée, qui s'était suicidée en se jetant dans les flots déchaînés depuis un piton escarpé.
La porte finit par s'ouvrir sans un grincement, et Adon put entrer dans le manoir. S'éclairant de sa baguette, il s'avança, ses pas s'enfonçant dans le moelleux tapis rouge qui garnissait le hall. Le hall d'entrée était une pièce gigantesque, aux murs garnis de boiseries soigneusement ornementées, et dont la voûte s'élevait à plus d'une dizaine de mètres. Deux somptueux escaliers du marbre lui faisaient face, donnant accès au premier étage, et une majestueuse porte de bois sombre se trouvait entre les deux. Plusieurs portes trouaient les murs sur les côtés, entre des armures toujours rutilantes malgré l'abandon du manoir. L'obscurité était quasi-totale, et la faible lueur de la baguette de l'auror faisait danser des ombres profondes sur les murs. Deux choses vinrent à l'esprit d'Adon : la première, c'était que nulle poussière ne maculait le lieu, et qu'il semblait n'avoir pas changé d'un millimètre depuis son abandon, comme si un étrange force le maintenait en état ; la deuxième, en apercevant les taches de sang qui occupaient un coin du hall, c'est qu'il n'avait pas la moindre idée de ce qui le poussait à poursuivre cette enquête. Rien ne l'y obligeait, et pourtant il se sentait mû par une volonté d'acier. A pas prudents, il s'approcha de la flaque de sang séché depuis des lustres. Là, il le savait, était morte la première victime : l'auror, assassiné, alors qu'il faisait sa ronde. Il n'avait pas eu le temps de souffrir, d'après ses blessures. Au vu du sang versé, le sang d'Adon se glaça. Ce n'était plus un jeu désormais. Il avait beau savoir que la chose qui avait perpétré ses crimes n'était plus au manoir, il ne pouvait s'empêcher d'avoir peur. S'avançant vers la majestueuse porte, il l'ouvrit lentement, quand un grand craquement retentit dans les étages supérieurs. Adon leva la tête, baguette en main, et soudain la porte d'entrée claqua, le faisant bondir de peur. Le coeur battant à mille à l'heure, Adon prit le temps de souffler, pour se persuader que tous ces bruits n'étaient que les bruits habituels d'une vieille maison. Se retournant lentement, il ouvrit la grande porte, entrant dans la toute aussi gigantesque salle de réception. Elle était décorée dans le plus pur style victorien, avec des piliers de bois ouvragés, des tableaux représentant les différents ancêtres de la famille, et un plafond lourdement sculpté. Au fond de la vaste salle, de grandes baies vitrées laissaient autrefois passer la lumière naturelle. De part et d'autre de ces dernières, deux cages d'escalier s'enroulaient vers les étages supérieurs, sculptées dans un bois splendidement sombre.
Soudain, Adon s'arrêta, figé. Une lueur venait d'éclairer un des escaliers. A pas excessivement prudents, baguette en main, Adon traversa la grande salle de bal. Il le savait, il n'avait pas le choix. Il devait attendre le bureau du père du marié, situé dans une des tours, et le seul chemin qu'il avait relevé passait par cet escalier. Arrivé au bas de l'escalier, une série de claquements retentit, suivis du bruit des cloches qu'on frappe. Pétrifié, Adon se plaqua contre un mur, avant de se rendre compte que ce n'était qu'une horloge qui sonnait les coups de minuit. Atterré par sa peur inepte, il se redressa, et s'avança vers l'escalier illuminé, découvrant avec stupeur qu'une chandelle tout juste allumée occupait la cage d'escalier. Des dizaines de pensée se bousculèrent dans son esprit, mais il ne pouvait reculer. Rasant les murs et contournant la mystèrieuse chandelle, il grimpa les degrés inclinés de l'escalier, et atteignit le premier étage. Partout ici, des taches de sang maculaient les murs et le sol. Il le savait, les deux mères des mariés avaient été massacrées ici, en plein milieu du manoir. Il ne prit pas le temps de s'attarder. Il le sentait au fond de lui-même, la clé du mystère se trouvait dans le bureau du Père. Obliquant à droite, il gravit un autre escalier, et erra plusieurs longues minutes dans le tortueux madrépore que constituaient les sinueux couloirs du manoir. Il se trompa plusieurs fois de chemin, et tomba brusquement dans la pièce qu'il cherchait précisément à éviter : la chambre des mariés.
Poussé par une curiosité morbide, il entrouvrit la porte de la chambre. En son centre trônait un splendide lit à baldaquin, dont les draps et les tentures avaient été déchiquetés par les puissantes mâchoires de la chose. Les carreaux étaient brisés, et tout le lieu était couvert de sang ; Adon ne put retenir un haut-le-coeur. Il le savait : ici avaient perdu la vie les mariés, unis dans à jamais dans la mort, et ici était mort le haut fonctionnaire, précipité la gorge tranchée depuis les fenêtres. Passant la tête par la fenêtre, Adon aperçut en contrebas la dalle éclatée sur laquelle s'était explosé le haut-fonctionnaire. Des larmes lui piquaient les joues et son coeur battait de plus en plus vite, alors qu'il savait pertinemment qu'il ne courait aucun danger.
Soudain, un long hululement brisa le lourd silence qui oppressait Adon depuis le début de sa visite. Pourtant, loin de le soulager, ce son ne fit qu'accentuer sa panique. Brusquement, sa vision fut ternie par un rideau rouge de douleur, et il ne put que tomber à genous, les mains sur les tempes, tandis qu'une vision s'imposait à son esprit : quelque chose volait par dessus les forêts, par dessus les plaines, à une vitesse inimaginable. Et il n'avait qu'une seule certitude : cette chose venait pour lui. Pour lui seul. Et pour le tuer.
Alors, dès que la vision fut finie, l'auror courut le plus vite qu'il pouvait. Pas en direction de la porte non ; mais en direction du bureau. Il n'avait plus beaucoup de temps, et cependant quelque chose le poussait à courir baguette en main dans les couloirs obscurs, vers la vérité, ou vers sa perte.
Slalomant entre des armures aux longues épées, doublant des défenses de sanglier et des bois de cerfs, il finit par atteindre le couloir qui menait au bureau. Mais entre lui et le bureau, il y avait une grande silhouette noire. Adon ne put que se figer, plusieurs longues secondes, attendant que le monstre déploie ses ailes et ne vienne lui arracher la tête. Mais rien ne se produit. Alors, il relâcha sa respiration, et comprit. Une statue représentant une sorte d'ange se couvrant les yeux de main lui barrait le chemin. A pas lents, à mi-chemin entre la panique et une excitation sordide, il la dépassa, contourna deux rangées de portes d'un métal noir comme la nuit, et s'avança vers la double porte du bureau. Brusquement, une nouvelle vision lui arracha un cri. La chose arrivait, et elle tenait à ce qu'il le sache.
Il se précipita vers le bureau, ouvrant les portes d'un geste brusque, et s'arrêta, ébahi par la magnificence du bureau. Les murs de la pièce étaient couverts d'étagères chargées de livres anciens, et le sol moletonné ne produisait aucun bruit. Un splendide fauteuil de cuir rouge trônait derrière un lourd bureau de bois clair, couvert de papiers. Ici, rien ne rappelait la mort du père, sinon trois impacts rouges contre les carreaux, là où la chose avait projeté le cadavre sans vie du père.
Une autre vision, plus nette encore, frappa la nuque de l'auror. Cette fois, la chose avait le manoir en ligne de mire. Alors, Adon se dressa, et inspecta la pièce le plus vite possible. En glissant sa main contre les livres, l'un d'eux tomba, dévoilant un mécanisme qui ouvrit une porte dissimulée, donnant accès à une chambre exiguë sans fenêtres et aux murs tachés de sang et dont la courtepointe du lit se soulevait à intervalles régulières, comme soulevée par une respiration sourde. Adon, s'approcha lentement, main tendue, et saisit un des bouts du drap, prêt à lancer un sort si besoin. Il la tira d'un geste soudain ...
... et c'est alors qu'Adon se rendit compte qu'il avait été eu. Il eut à peine le temps d'apercevoir un cadavre putréfié glissé sous les draps et de lancer un sort de mort que la chose bondit dans les airs, le projetant en arrière et faisant voler sa baguette. Mais la chose trébucha par dessus lui, et percuta une étagère du bureau. D'une roulade rapide, il parvint à se dégager de la bête qui semblait avoir été sonnée par le choc, et se mit à courir le plus vite possible, fermant derrière lui les lourdes portes de métal. Il n'avait pas eu le temps de voir la bête, mais il en était désormais sûr. Il y avait eu une neuvième victime.
Il courait, il courait, il courait le plus vite possible dans le labyrinthe qui n'était désormais plus silencieux mais qui faisait résonner les hurlements déchirants de la Bête, qui avait sans aucun doute réussi à ouvrir les portes. Se munissant d'une lourde épée volée sur une armure, Adon frémissait à l'idée de devoir l'affronter à nouveau, sans sa baguette.
Soudain, un choc retentit, assommant toute la maison comme un coup de tonnerre, suivi du bruit sourd de la chute de dévris. Quelque chose venait d'atterrir sur le toit. Et soudain, le silence. Plus un bruit dans la demeure. Plus un hurlement, plus un pas. Adon avait envie de crier, de hurler et d'expurger ainsi la terreur qui sourdait au fond de son âme, mais il se força à rester calme. Quelque chose venait sûrement de le sauver d'une mort certaine. Haletant, il arrêta de courir, et parcourut le couloir du premier étage d'un pas vif, pour arriver rapidement dans la salle de réception. Au moment de sortir de l'escalier, il se rendit compte d'une chose. Il n'avait pas recroisé la chandelle. Il s'était trompé de chemin. Voulant rebrousser chemin, quelque chose l'attira cependant insidieusement vers la fin de l'escalier. Il se trouvait dans une pièce ronde, dont les murs supportaient deux balcons, et dans le plafond sphèrique comportait un trou qui laissait entrevoir le ciel noircomme de l'encre. Tout était plongé dans l'obscurité, et pourtant Adon ressentait une forme mouvante, droit devant lui. Il brandit vaillamment son épée, alors que la chose approchait, respirant bruyamment.
Elle ne semblait pas agressive, et ses deux yeux rouges flamboyaient d'un feu intérieur.
Alors, Adon se rendit compte qu'il avait commis une autre erreur.
Il n'y avait pas qu'une seule bête.
Il y en avait des dizaines.
Des dizaines de paires de ces mêmes yeux rouges qui surmontaient des gueules emplies de dents acérées, alignées le long des balcons.
Et soudain, en une fraction de seconde, en un court instant qui lui parut le plus long de sa vie, tout fut terminé pour Adon Ware. Il eut juste le temps d'adresser une dernière pensée à la femme qu'il aimait et qui l'aimait, et de tendre son épée devant lui, avant que sa mort ne vienne le cueillir. Dans un bruissement d'aile soyeux, et dans un concert de hurlements stridents, serres tendues, gueules ouvertes, ailes déployées, les dizaines de Choses fondirent sur lui, le réduisant au silence.
Un silence éternel.
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Re: Concours d'écriture Spécial Halloween - Top 3

Message par Aymeric Valliant le Mer 1 Nov - 1:53

À tous ceux qui ont écrit un texte et qui ne se voient pas dans les 3 premières places, je vous félicite. Parce que moi même je me sentirai déçu d'écrire et de ne pas apparaître. Amour sur vous tous et bien joué aux vainqueurs, et de manière générale à tous ceux qui ont eu la force d'écrire un texte.
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Re: Concours d'écriture Spécial Halloween - Top 3

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