[Fanfic] Une soirée au club de Slug

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[Fanfic] Une soirée au club de Slug

Message par Anna Elizabeth Brooke le Lun 29 Mai - 9:30

Chose promise, chose due: pour ceux qui aiment la psychologie des maisons, voici le brouillon d'un chapitre d'une fanfiction qui parle des rapports entre les maisons en 1943. Quasiment aucune action là-dedans, et c'est un brouillon, donc à vos risques et périls si vous souhaitez le lire :p

Contexte:
Cet extrait est le brouillon d'une fanfiction qui retrace la vie de Terentia Domitia Peverell, une jeune orpheline de sang pur qui va assister, impuissante, à la lente montée en puissance de Tom Jedusor et aux tragiques conséquences que cela va avoir. Il se situe en 1998, après la mort de Voldemort. Terentia est alors une vieille femme, usée par les combats. Accusée d'avoir été un Mangemort, elle finit sa vie à Azkaban où elle attend son jugement. Harry Potter vient lui rendre visite et à sa demande, elle lui raconte une partie de sa vie.

Nous sommes en  automne 1943, à Poudlard. A cette époque, Tom Jedusor est en cinquième année et dans quelques mois, il ouvrira la Chambre des Secrets. Les menaces se précisent, en Europe la guerre contre Grindelwald commence à éclater. Cependant, la vie continue à Poudlard. Dans cet extrait, Terentia, Sophia, Elizabeth et Augusta sont quatre amies de Gryffondor. Sophia et Elizabeth sont des personnages de fiction, Augusta est la future grand-mère paternelle de Neville. Terentia est une orpheline issue d'une famille de sang purs, mais qui ne connaissait rien au monde des sorciers avant son arrivée à Poudlard. Sophia est une sang-mêlé, fille d'un aristocrate moldu et d'une sorcière sans rien de particulier. Augusta, une sang pur fière de l'être. Elizabeth n'intervient pas dans cet extrait.

(Dans le dortoir des filles de 5e année de Gryffondor, Terentia et Augusta se préparent pour aller à une soirée du club de Slug, aidées de Sophia).

- Terentia, où as-tu mis ma brosse à cheveux ? s'exclama Augusta, exaspérée, en fouillant sa trousse de toilette nerveusement.
- Je n'y ai pas touché, Augusta. As-tu regardé sur ton lit ? Tu l'avais déposée là tout à l'heure.
- Oui, j'ai regardé à l'instant, elle n'y était pas. Oh quel ennui... Que va dire Amedeus [le copain d'Augusta et futur grand-père de Neville] si je ne suis pas coiffée... ?
Terentia leva les yeux au ciel. Par chance, Sophia, occupée à fixer une broche représentant un griffon doré sur la robe de Terentia, ne perdit pas la tête.
- Accio brosse à cheveux !
La brosse d'Augusta atterrit dans la main de Sophia qui la tendit à sa légitime propriétaire.
- Tiens, la voilà. Et par pitié, cesse de me parler d'Amedeus, je vais devenir folle.
Sans attendre la réponse bougonnante d'Augusta, Sophia rajusta la broche de Terentia d'un petit coup sec, puis s'écarta de quelques pas pour juger l'ensemble et déclara, satisfaite.
- Tu es parfaite, Terentia.

Terentia s'observa d'un oeil critique dans le miroir de poche moldu que lui avait prêté Sophia. Parfait. Ce soir comme tous les soirs de club, elle se devait d'être irréprochable. La jeune fille savait bien qu'elle n'avait obtenu ces invitations répétées qu'à ses résultats exceptionnels en cours de Potions et en Métamorphose et non grâce à sa famille prestigieuse dont elle n'avait plus aucun souvenir. Mais cela importait peu à Terentia. Propulsée comme dernière héritière de l'une des plus anciennes familles de sorciers d'Angleterre, l'orpheline s'était fondue dans la peau de son personnage avec une facilité déconcertante et le soutien averti d'Augusta qui lui avait discrètement montré l'exemple à sa manière. Le choix des robes, le maintien, l'histoire de sa famille, les convictions de Sang-Pur, petit-à-petit Augusta l'avait formée et Terentia avait trouvé sa place au sein de leur petit groupe d'abord, puis de l'école entière. Tessia Brooke, orpheline franche mais réservée, était devenue, au moins en apparence, Terentia Domitia Peverell, fille de Tobias et Hestia Peverell,  Sang Pur et fière de l'être, descendante directe du deuxième frère du conte et comptant parmi ses ancêtres quelques grands sorciers de renom dont un directeur de l'Institut d'ophtalmologie, l'inventeur de l'élixir Felix Felicis et une divinatrice connue, tous sans exception issus de Serdaigle. A cet égard, Terentia était la première de la lignée à aller à Gryffondor, mais ni cette particularité ni le fait qu'elle n'ait connu aucun de ses ascendants ne l'avait dérangée, même si les Serpentards l'appelaient volontiers la bâtarde et les Serdaigles lui tournaient ostensiblement le dos, ne lui pardonnant pas sa désertion. Suivant l'avis averti d'Augusta, Terentia avait appris à s'en moquer et à ignorer superbement ceux qui tentaient de l'offenser, continuant, avec Augusta, à représenter les filles de cinquième année de Gryffondor, consciente, par son sang, de faire partie des élites de l'école. L'un dans l'autre, les deux jeunes filles formaient un duo efficace et brillant qui allait jusqu'à réjouir Slughorn, pourtant davantage porté sur les Serpentards.

- Vous êtes superbes, mesdemoiselles, jaugea Sophia d'un oeil expert. Les Gryffondors de cinquième année seront bien représentés.
- Merci Sophia, apprécia Terentia en lui adressant une petite grimace de complicité. Je crois qu'il est temps de partir, à présent.
- Bonne chance, leur retourna Sophia dans un clin d'oeil.

Augusta et Terentia se dirigèrent de concert en direction du bureau du professeur Slughorn, que Terentia commençait à bien connaitre [Fail en réalité, le club de Slug ne se réunissait pas dans son bureau]. L'air rêveur d'Augusta lui fit comprendre que la soirée s'annonçait solitaire. Zut. Soirée ennuyeuse en perspective. Evidemment, le mal de tête qui pointait n'allait pas aider.

Comme à l'accoutumée, le bureau de Slughorn était méconnaissable. Il faut dire que le professeur Slughorn avait le génie des redécorations expresses. Le bureau était illuminé de mille chandelles sur des lustres de cristal qui scintillaient, et habillé de larges tentures pourpres et argentées qui donnaient à la pièce un aspect élégant quoique étouffant. Quelques fauteuils et un canapé de velours pourpre offraient leurs services pour les bavards fatigués, et au fond, une longue table à la nappe argentée finement brodée portait toute une série de mets plus appétissants les uns que les autres. Une odeur délicate de rose se répandait dans la pièce et lorsque Terentia et Augusta y pénétrèrent, un tableau accroché à l'entrée pour l'occasion représentant un annonceur en costume médiéval claironna:
- Damoiselles Augusta Eleanor Clarence et Terentia Domitia Peverell.
Buste droit, démarche fière, Terentia et Augusta firent face à la pièce. Elles étaient venues un peu tôt, il n'y avait pas encore beaucoup de monde et les rares présents bavardaient déjà entre eux, n'accordant qu'un bref coup d'oeil aux nouvelles venues. Les jeunes filles participaient au club de Slug depuis l'année dernière, et de réunion en réunion, tout le monde se connaissait déjà plus ou moins. Cela n'empêcha pas le profeseur Slughorn de s'avancer vers elles comme s'il ne les avait pas vues depuis une petite dizaine d'années.
- Ah Augusta Clarence, Terentia Peverell... je suis enchanté... oui vraiment enchanté de vous voir aujourd'hui... Comment se portent vos parents, miss Clarence ? J'ai entendu dire que votre père était en bonne voie de devenir le prochain directeur du Département de la Justice magique... Très belle note en Potions, miss Peverell... Oh je sais bien que je ne devrais pas vous le dire, après tout je n'ai pas encore rendu les devoirs mais cela restera entre nous, n'est ce pas ? Vous avez d'ailleurs presque égalé Tom Jedusor...
Salaud, songea Terentia, qui encaissa la réplique en gardant un sourire courtois aux lèvres. Elle savait bien, elle, que son devoir avait été excellent. Certes, Jedusor était extrêmement doué aussi, mais la vérité, c'était que Tom Jedusor était le chouchou de Slughorn et que ce dernier s'arrangeait toujours pour lui donner... disons, un petit coup de pouce. Oh, pas de manière ostensible, bien sûr. Simplement, à travail égal, ce serait toujours Jedusor qui aurait la meilleure note. Parce que c'était sa maison. Parce que c'était Jedusor. Encore un avantage injuste des Serpentards. Si le professeur Dumbledore pouvait faire de même pour les Gryffondors... Mais il ne fallait pas y compter. Le professeur Dumbledore restait à peu près équitable pour tout le monde, y compris les nés-moldus, même si Augusta disait que ça n'avait pas toujours été le cas. Augusta savait toujours énormément de choses sur les arcanes de la politique sorcière.
- ... Ah mais je vois que Maximus Malefoy vient d'arriver, je vais aller le saluer. Servez-vous, servez-vous, ce magnifique buffet a été réalisé spécialement pour l'occasion par les elfes de Poudlard... Avez-vous goûté à cette Bièraubeurre que m'a envoyée Hector Nott, le responsable du service des prévisions météorologiques de la radio des sorciers ?
Il repartit enfin, trottinant en direction de Maximus Malefoy qui venait d'entrer avec deux ou trois Serpentards de moindre importance.
Restées seules, Terentia et Augusta se regardèrent.
- Ouf, soupira Augusta, ces accueils sont toujours une plaie...
Elles saluèrent Fin McLaggen et Lucinda Cornwell [des Gryffondors de 6e année] qui passaient devant elles. Ils bavardèrent quelques instants avant qu'Augusta ne s'éclipse.
- J'aperçois Amedeus là-bas... je vais aller le rejoindre.
Et, les joues rosies par l'émotion, elle partit le rejoindre. Les trois Gryffondor la suivirent du regard puis Fin et Lucinda pouffèrent de rire.
- Vous leur donnez combien de temps avant qu'ils ne couchent ensemble ? ironisa McLaggen.
- Vu comme elle le regarde, je dirais deux mois, pas plus, renchérit Lucinda.
Terentia avait mal à la tête et la défection d'Augusta, bien que prévisible, l'agaçait, aussi répondit-elle d'un ton brusque.
- Est ce qu'on vous demande la pointure de vos mouchoirs, à vous ?
McLaggen et Cornwell la regardèrent, perplexes.
- Bon... on va essayer de se trouver à manger, proposa Cornwell en prenant le bras de McLaggen.
Terentia les regarda s'éloigner, le regard mauvais. Eux, pas besoin de se demander dans combien de temps ils coucheraient ensemble.
Elle regarda autour d'elle. Sans surprise, Augusta et Amedeus discutaient dans un coin, terriblement proches. Terentia détourna le regard. Elle n'était pas contente contre Augusta qui l'abandonnait ainsi, mais elle s'y était attendue. Pas loin de là, assis sur le canapé, trois Serpentards de septième année prenaient toute la place, jambes étendues devant eux, bras sur le dossier, comme s'ils se croyaient en pays conquis. Que grand bien leur fasse, pensa Terentia avec mépris. Elle ne put s'empêcher de sourire en voyant l'envie de des deux Poufsouffles miniatures- sans doute des quatrième année au vu de leur méconnaissance des usages- qui se tenaient à côté. Forcément, il ne restait plus une place assise de libre. Mais d'un autre côté, il était impensable que les deux miniatures osent déranger des Serpentards pour s'asseoir. Même des Poufsouffles miniatures devaient savoir ça. Un éclat bleu attira son attention. Ah tiens, Oswin Brumfield, un Serdaigle de sixième année, qui trainait avec deux Serpentards. Elle ne l'avait pas repéré l'année dernière. Apparemment, le réseau de conversions serpentard fonctionnait à plein régime. Il était en effet de coutume que les Serpentards profitassent de leur scolarité à Poudlard pour recruter un certain nombre de partisans- Augusta disait "servants"- qui constituaient autant de réseaux dont ils se servaient pour exercer leur influence- et donc leur pouvoir. Traditionnellement, leur vivier privilégié était les "petits" Serpentards dont le rattachement à une grande famille était une sécurité appréciée ainsi que des Serdaigles presque aussi versatiles que les Serpentards et quelques Poufsouffles influençables. De leur côté, les Gryffondors, traditionnels rivaux des Serpentards et beaucoup moins habiles qu'eux dans les histoires d'influence- ce n'était pas dans leur culture, ils protégeaient, ils n'influençaient pas-, avaient plus de mal à s'en sortir mais ils tiraient tout de même leur épingle du jeu grâce à leurs vieilles familles de Sang Pur dont la probité et le courage étaient au-dessus de tout soupçon et très respectées pour cela, et attiraient pour ces raisons une partie honorable des Poufouffles, toujours loyaux et à la recherche de gens dignes d'exercer cette loyauté. Comme le résumait Sophia qui n'avait pas oublié ses origines moldues, les Poufsouffles étaient aux Gryffondors ce que les écuyers étaient aux chevaliers. Loyaux et dévoués. C'était la raison pour laquelle les descendants de ces familles de Gryffondor mettaient un point d'honneur à être irréprochables en public, pour contrebalancer l'influence des descendants Serpentards. On se fiait davantage aux Gryffondors, mais les Serpentards étaient plus influents. L'un dans l'autre, les Serpentards dominaient incontestablement ce début de siècle, et cela se ressentait jusque dans le Quidditch et le Tournoi des Quatre Maisons, remportées depuis des années par les vert et argent.

C'était la raison pour laquelle Terentia, bien que n'ayant jamais connu ses parents et sa famille, avait été recrutée d'office chez les Gryffondor par une Augusta introduite dans les arcanes de la politique dès sa naissance ou presque, et qui avait veillé à son éducation, la parant de ce vernis dont elle brillait aujourd'hui. De l'avis de tous, Terentia avait été une belle prise par les Gryffondors- son nom restait célèbre malgré les vicissitudes qu'avaient subi la deuxième branche mais, assez curieusement, les Serpentards avaient accepté cette défaite en surface, affectant de la considérer comme une bâtarde et se concentrant sur d'autres proies plus accessibles même si régulièrement, Terentia restait approchée par quelques Serpentards qui tentaient de la convaincre- le passage de Terentia Peverell aux Serpentards aurait été très symbolique. Mais jusque là, Terentia avait toujours refusé ces avances et les Gryffondors savouraient leur petite victoire, d'autant plus appréciée que ces victoires restaient rares en ce début de siècle.
Terentia songeait à tout cela en observant le Serdaigle Oswin Brumsfield se faire recruter par les Serpentards. Elle ne doutait pas que dès demain, la rumeur courrait que les Serpentards auraient un nouveau servant- l'expression d'Augusta, comme souvent, s'avérait d'une cruelle justesse. Le club de Slug, malgré sa dimension inter-maisons propre à plaire au directeur Dippet, faisait la part belle aux Serpentards, et s'avérait être un terreau de recrutement très fertile de servants pour les Serpentards. Raison pour laquelle Augusta et, partant de là, Terentia, mettaient un point d'honneur à venir, pour contrebalancer l'influence serpentarde.
Enfin, ça c'était en théorie. En pratique, Augusta était dans un coin avec son Amedeus et n'en bougerait probablement pas jusqu'à la fin de la soirée et Terentia se retrouvait seule dans sa robe dorée comme une abeille engluée dans le miel à se demander ce qu'elle faisait là.

Un mouvement sur sa droite. Terentia tourna machinalement la tête. Jedusor était arrivé, avec une bonne demi-heure de retard. Terentia pesta entre ses dents. A la fin de l'année dernière déjà, une mode avait vu le jour qui consistait à arriver avec quelques minutes de retard pour mieux se faire remarquer. Apparemment, Jedusor avait décidé de pousser ce concept à l'extrême. Saleté d'ego surdimensionné de Serpentard. Terentia était fatiguée et elle avait mal à la tête. Pour toutes ces raisons, elle décida de se venger sur le buffet. Elle écarta d'autorité un bébé Gryffondor qui se mettait sur son passage- ils n'avaient que ça à faire, de se mettre là ?- et, parvenue au buffet, chipa un toast à la garniture rose-orangée qui lui semblait prometteur. Saumon, devina-t-elle après en avoir mangé une bouchée. Peut-être que cette soirée ne serait pas complètement ratée, après tout. Elle venait de chiper un deuxième toast au saumon lorsqu'un grand dadais brun qu'elle connaissait vaguement de vue s'approcha d'elle et lui tendit la main.
- Bonjour, je me présente, Everett McCaullay.
Terentia le jaugea brièvement du regard. Ecusson jaune et noir, robe de soirée impeccablement bien coupée, cheveux bien lissés, assurance de bon aloi, tout en lui indiquait le Poufsouffle de sang mêlé bon fils de famille aux notes honorables cherchant à se faire un carnet d'adresses conséquent. Probablement un ambitieux raisonnable qui chercherait un poste au Ministère et gravirait un à un tous les échelons à la main avant de parvenir à une direction quelconque, le sommet de sa carrière professionnelle. Le club de Slug devait lui paraitre une chance inespérée de se faire connaitre auprès des futurs puissants. Le problème, c'est qu'il s'adressait aux mauvaises personnes. Pauvre petit Poufsouffle honnête et ambitieux. Sophia l'aurait, avec son ironie tranquille, pris sous son aile en lui montrant le dessous des cartes. Elle était comme ça, Sophia, sous des apparences de demoiselle de bonne famille blasée elle aimait prendre soin des autres et s'en occuper. Augusta l'aurait, avec sa fierté et son sens aigu de la politique, récupéré dans son camp et converti par l'exemple, après tout, cela ferait une nouvelle recrue pour les Gryffondors. Mais Terentia n'était ni Sophia ni Augusta, elle était juste une adolescente comme les autres, fatiguée, mal à la tête, et à ce moment précis, ce grand dadais de Poufsouffle l'exaspérait. Aussi elle fit passer son toast dans son autre main et elle serra brièvement sa main tendue en répondant avec aplomb:
- Augusta Clarence, enchantée. Excuse-moi, ajouta-t-elle en désignant une vague direction du menton. Mon amie m'attend.
Et sans attendre sa réponse, elle fit quelques pas dans cette vague direction. Mais au bout de quelques pas, elle se ravisa, fit demi-tour et alla le retrouver. Il n'avait pas bougé, la regardant s'éloigner puis revenir avec un certain ébahissement. Terentia ne savait pas ce qu'il pensait d'elle- enfin, elle s'en doutait- et elle s'en moquait. Mue par une soudaine impulsion, elle était revenue lui jeter ces quelques mots au visage avant de repartir pour de bon.
- Tu sais, si tu veux entrer au Ministère, ce n'est pas vers les Gryffondors qu'il faut se tourner. Ce sont les Serpentards qui gouvernent le monde.
Après tout, il était sincère, le pauvre. On ne pouvait pas le laisser comme ça sans savoir. Sophia aurait parlé de charité chrétienne. Sophia était exaspérante parfois.
Terentia trouva refuge contre le bureau du professeur Slughorn qui avait été repoussé contre le mur et avala enfin le reste de son toast qu'elle tenait toujours à la main, après s'être frayé un chemin entre deux groupes de Serpentards mêlés de Serdaigles qui discutaient en cercle. La soif de connaissance poussait souvent à faire le mauvais choix.
- Saletés de Serpentards, pesta la jeune fille à mi-voix, les rendant responsables contre toute logique de tous ses malheurs passés, présents et à venir.
Un Serdaigle qui passait devant elle lui jeta un coup d'oeil perplexe. Terentia marmonna un juron qui lui aurait valu une pénitence de deux jours à l'orphelinat et se vengea en adressant à Maximus Malefoy, qui la regardait brièvement, un geste tout à fait explicite. Ce dernier haussa les épaules et repris sa conversation avec Emmett Lestrange.
- Miss Peverell, tout va bien pour vous ?
Nom d'un petit sac, il ne manquait plus que lui. Le professeur Slughorn se tenait devant elle, bavard comme jamais. Avait-il vu son geste ? Sans doute pas, il lui en aurait fait la remarque.
- ... et je compte également inviter Marie-Jeanne Fauxvelles, la grande duelliste de Beauxbatons, et Archie Rocade, le directeur de la compagnie des Magicobus, et puis il y aura également Annabelle Flint, l'inventeuse de la potion de l'Oubli... Ah, je vois Avery qui me fait signe, je vous laisse, miss Peverell, à tout à l'heure.
Le professeur Slughorn repartit d'un pas légèrement vacillant. Apparemment, la Bièraubeurre envoyée par Hector Nott devait être bonne.
Terentia jeta un regard suppliant au tableau annonceur. Juste à ce moment, comme pour répondre à son appel muet, le tableau annonça.
- Il est 22h45 ! Il est 22h45 !
Soupirant de soulagement, Terentia parcourut la salle à la recherche d'Augusta, tandis que les premiers élèves partaient déjà. Tout le monde savait qu'il valait mieux se dépêcher, car le couvre-feu aurait lieu dans un quart d'heure et à ce moment-là, il valait mieux éviter de se trouver dans les couloirs. Il était de notoriété publique que Bombabouse [le prédécesseur de Rusard] attendait ces soirées avec impatience pour avoir l'occasion de prendre quelques élèves retardataires sur le fait.
Il ne fut pas trop difficile à Terentia de retrouver Augusta: elle n'avait pas bougé de sa chaise, très proche d'Amedeus, une chope de Bièraubeurre à la main. Elle lui tapota l'épaule.
- Augusta, il faut y aller.
Augusta maugréa, frustrée.Elle aussi avait bu quelques Bièraubeurres, et Amedeus n'était pas en meilleur état. Le trac, sans doute. A force de les houspiller, Terentia parvint à les faire se bouger, puis à les ramener dans la Salle Commune où les attendaient Sophia et Elizabeth. Efficace comme toujours, Sophia les prit en main. Ouf, juste à temps. C'avait été une belle soirée pourrie.

(Azkaban, 1998)
Harry avait écouté cette histoire avec attention. Il commenta.
- Comment avez-vous fait pour ne pas aller chez les Serpentards, avec toutes vos histoires de Sang Pur ?
La vieille Terentia se racla la gorge, fatiguée de son long récit.
- A l'époque, tout le monde pensait comme ça, Harry. Vos idées actuelles sur les nés-moldus étaient encore peu répandues, même si Slughorn invitait déjà les élèves brillants à ses soirées- mais ils étaient de sang mêlé, jamais de nés-moldus. Ca se faisait comme ça à l'époque, et on trouvait cela normal. Il y avait les Sang-Purs, supérieurs aux autres. Les Sang-Mêlé ensuite, relativement fréquentables. Et les nés-moldus, qui n'étaient rien. On les ignorait, la plupart du temps. En théorie, du moins. Tout le monde ne jouait pas le jeu, notamment chez les Sang-Mêlé. Mais si on voulait s'élever un tant soit peu dans la hiérarchie... Les idées de Jedusor ne sont pas sorties de nulle part, tu sais. Si elles ont trouvé autant de partisans à l'époque, c'est bien qu'il y avait une certaine résonance. Aujourd'hui, cela te parait peut-être incongru, mais dis-toi bien qu'à l'époque, ce n'était jamais qu'un prolongement un peu extrême d'idées déjà existantes. La société était ainsi, à cette époque-là. Et cela ne nous posait pas de problème. En fait, aussi paradoxal que cela puisse paraitre, à eux deux Grindelwald et Jedusor ont fait beaucoup plus pour l'évolution de la société en cinquante ans et trois guerres qu'une trentaine de ministres de la Magie en deux siècles.
- On dirait que vous les soutenez, ironisa Harry. Si vous les souteniez tant que ça, vous n'aviez qu'à aller mourir avec vos confrères Mangemorts, vous y auriez été à votre place, non ?
- Assez, Harry.
La voix sèche de la vieille Terentia claqua tel un coup de fouet et une aura se dessina autour d'elle, presque perceptible de puissance et d'autorité. A ce moment précis, la vielle femme ne ressemblait plus au tas d'os insignifiant qui avait caractérisé la vendeuse de chez Barjow et Burk [le précédent emploi de Terentia]. Elle s'était redressée, bien droite sur son lit, l'attitude empreinte de dignité, et Harry lui trouva quelque ressemblance avec le Dumbledore qu'il avait vu au département des mystères combattre Voldemort, quelques années plus tôt.
Mais l'effet fut de bref durée. Bien vite, l'aura de puissance disparut et la vieille femme se tassa à nouveau sur elle-même. Elle reprit d'une voix lasse.
- Ce que je voulais simplement t'expliquer, Harry, c'est que tu ne peux pas juger un homme au travers des critères d'une autre époque. Grindelwald est un homme de la génération de Dumbledore, Jedusor avait mon âge. Ce qui te choque tant aujourd'hui nous paraissait normal à l'époque, et ce qui te parait normal aujourd'hui nous aurait choqué à l'époque.
Harry répondit d'une voix prudente, soigneusement contrôlée.
- Je comprends.
Mais il n'en pensait pas moins.
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Re: [Fanfic] Une soirée au club de Slug

Message par Lucille Turillini le Lun 29 Mai - 14:09

Début un peu chiant, on se demande où ça va partir :v Mais sinon j'aime bien. La suite de la fanfic se passerait à la même époque, ou ce serait l’enquête d'Harry sur je ne sais quoi? Ce serait intéressant de voir poudlard en 1943, mais bon, après je ne sais pas ce qu'il se passe dans le "présent".
(Juste un détail, à Azkaban, elle devrait être devenue un peu à moitié folle non?)

Du coup, je te conseille plus encore la fanfic hpmor (en entier: harry potter and the methods of rationality), qui revisite en gros la première année d'HP avec un harry serdaigle, ça explore plusieurs coins de l'univers et entre autres les maisons, la déchéance de serpentard etc

D'ailleurs, je le conseille à tous. Le début, en particulier, rappellera peut-être des souvenirs aux plus anciens :v

Je voulais poster les liens mais je peux pas loul. Fic de base en anglais dispo sur hpmor.com, traduction en français quelque part sur fanfiction.net

et il faut attendre un peu pour rentrer dans l'histoire, mais promis ça vaut vraiment le coup :cute:
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Re: [Fanfic] Une soirée au club de Slug

Message par Heishiro Mitsurugi le Lun 29 Mai - 15:00

Ma première fan fiction que je lis. C'est pas mal en vrai, j'avoue que le début est long mais la partie au Club de Slurg est intéressante. Nice.
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Re: [Fanfic] Une soirée au club de Slug

Message par Anna Elizabeth Brooke le Lun 29 Mai - 16:00

Merci à vous deux !

Alors, en fait ce chapitre (c'est même un extrait de chapitre d'ailleurs, j'ai supprimé pas mal de trucs au début et à la fin parce qu'on m'avait demandé sur le discord la partie "psychologie des maisons", donc j'ai ciblé) c'est à peu près le 5 ou 6e chapitre de la fanfic.

La fic commence en 1934 de mémoire (Jedusor est né en 1926), et se finit en 1998. L'objectif était d'avoir un témoin direct des événements, qui ait vécu dans cet environnement et qui puisse décrire la lente montée en puissance, l'apogée et le déclin de Jedusor, et surtout qui puisse l'analyser avec un certain recul, un peu sous l'angle de l'historien. C'est pour cela que l'histoire se passe en 1998 à Azkaban, car Terentia, maintenant que Jedusor est mort et qu'elle n'a plus rien à perdre, peut se permettre de se repencher sur sa vie pour prendre du recul dessus.

Du coup oui, durant toute cette fic, je fais de gros focus sur les événements importants. Par exemple, je fais un gros focus sur l'année 1943 parce que c'est l'année de l'ouverture de la Chambre des Secrets, et qu'avoir le point de vue d'une élève qui a vécu ces événements m'a semblé intéressant, avec toute l'atmosphère que cela implique entre l'ouverture de la Chambre et les menaces que cela fait planer sur les élèves, et la guerre en Europe à la fois de Hitler et de Grindelwald. Pour cette raison aussi, je fais un autre focus sur l'année 1945, avec la fin de la guerre moldue en Europe et l'apogée de la guerre sorcière, le duel Grindelwald/Dumbledore, et les élèves de Durmstrang réfugiés à Beauxbatons et à Poudlard. Mais après, cela couvre aussi pas mal d'autres événements, pas forcément à Poudlard puisque Jedusor a pas mal voyagé. Ce qui m'intéressait surtout, c'était de capter l'atmosphère de l'époque avant Harry, que je trouvais que Mme Rowling n'avait pas assez développée.

Et effectivement oui, Terentia est devenue à moitié folle.
Spoiler:
En réalité pendant la fic elle s'adresse à différents interlocuteurs même si l'interlocuteur principal reste Harry Potter, et l'ambiguité c'est que la plupart de ces interlocuteurs sont bien réels sauf Harry Potter, pour ça elle s'imagine juste qu'il est en face d'elle, elle ne lui a jamais parlé.

Merci pour la fanfic, Oswin me l'a link par mp et je vais la lire de ce pas !
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