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Message par Karl Andersen le Mer 25 Oct - 11:43

Ce n'est pas une présentation à proprement parler, mais dans la mesure où je devo petit à petit des éléments de la vie de Karl, j'ai jugé plus simple de tout rassembler ici. Pour rappel, Delima et Michael Stangerson, botanistes américains qui ont déménagé au Brésil, ont eu trois enfants : Oliver, June et Jonah. Michael est mort d'une crise cardiaque il y a quelques années. Delima Stangerson, professeur de botanique à Castelobruxo, a alors déménagé pour enseigner à Poudlard. Elle est morte au Japon en combattant les Fossoyeurs. Oliver Stangerson, après avoir pas mal baroudé dans les forêts amazoniennes et brésiliennes, a pris la succession de sa mère comme professeur de botanique à Castelobruxo. Il est mort à Poudlard dans le cadre du tournoi inter-écoles en allant à la recherche d'élèves égarés dans la forêt interdite. June est chef d'entreprise sorcière spécialisée dans le transport de plantes exotiques. Jonah enfin... eh bien, voici son histoire.


Dernière édition par Karl Andersen le Mer 25 Oct - 11:49, édité 1 fois
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Re: Karl Andersen

Message par Karl Andersen le Mer 25 Oct - 11:43

Ma petite étoile,

Oliver Stangerson est mort. Il était venu nous prêter main-forte pour chercher une élève disparue. Un monstre l'a dévoré. Je ne sais pas quoi te dire. Il semble qu'une malédiction soit attachée au nom de Stangerson. Delima d'abord, Oliver ensuite... Ah ! De quels péchés notre existence est-elle entachée pour que le Destin nous meurtrisse ainsi ! Oliver Stangerson avait disparu de mon existence depuis plus de vingt ans. Et maintenant qu'il réapparait, il disparait aussitôt. Lors de notre première  expédition dans la forêt, j'avais caressé, je l'avoue, l'espoir de le laisser mourir. Cela aurait été facile : un simple protego inefficace et... Mais j'y avais renoncé, car c'était trop facile. Je voulais le culpabiliser, non le tuer. Je voulais lui dire moi-même, avoir le temps de lire dans ses yeux la stupeur, la honte et le regret. A présent, il est trop tard, je le crains, et me voilà privé de mon innocente vengeance. Jonah. Bientôt ce nom ne dira plus rien à personne. Michaël et Delima sont morts, Oliver aussi, il ne reste plus que June, qui n'a jamais connu les dessous de cette sinistre histoire. J'ai peut-être trop attendu, qui sait...

Mais peut-être que le pire dans tout cela, c'est qu'il était d'agréable compagnie et que... eh bien ! peut-être un jour aurai-je pu pardonner ce qu'il a fait. Après tout, peut-on réellement juger un homme sur des actes vieux de vingt ans ? Ne suis-je pas moi-même la preuve que chacun peut changer ? Et cependant... Un homme ne peut renier sa nature profonde. Et celle d'Oliver Stangerson était celle d'un lâche. Oh bien sûr, je ne le dirai pas en public ainsi, car après tout il a mérité le droit aux honneurs, mais moi je le sais au fond de mon coeur, et cela me suffit. Ce qui ne m'empêche pas de le regretter en tant qu'ami. Ah, qu'ai-je dit. Un ami. Un ami ! Mais c'est plus qu'un ami, c'est un frère ! Vois, ma petite étoile, comme les choses s'enchainent aussi facilement. Oliver Stangerson, l'homme que j'ai peut-être le plus méprisé au monde, a su me séduire, et me persuader que, peut-être, j'avais un frère.

Car de tous ces maux, il en est sorti quelque chose tout de même. Le Destin donne d'une main ce qu'il donne de l'autre. Suite au décès de Robert Bonhart mort en même temps qu'Oliver Stangerson, j'ai été promu directeur de la maison Serpentard. Cela ne te dit rien, qu'importe ! Qu'il te suffise de savoir que dans ce cadre, j'ai été amené à convoquer l'élève responsable de tout ce désastre. Et lorsque je l'ai vue devant moi, avec sa face pleurnicheuse et ses soupirs désolés, j'ai failli lui jeter au visage que par son inconséquence, elle avait tué bien plus qu'un professeur. Elle avait tué un frère. Mon frère. Ah, que le Destin me pardonne ! Cette gamine a failli avoir raison de mon sang-froid. Et pourtant, ma petite étoile, que tout cela est révélateur ! Au fond de moi, aurais-je déjà pardonné à Oliver Stangerson ? Il me semble que oui. Il est plus facile de pardonner à un mort qu'à un vivant. Mais sans doute, s'il avait vécu, j'aurais fini par le faire. Car le bougre était tout de même terriblement sympathique.

Michaël et Delima... Qui aurait pu prédire qu'un couple aussi uni donnerait le jour à des enfants aussi dissemblables ? Oliver le lâche, mort à présent, June et son obsession des affaires, et Jonah le disparu... Ah, le Destin a de ces humours si particuliers... Tu te souviens, ma petite étoile, lorsque nous étions tous les deux au balcon du Cercle et que nous contemplions le crépuscule ? Ce jour là, je te disais que c'était notre vie que nous contemplions... Nous étions ces trainées rouges, jaunes et bleues sombres, tourmentés par la violence, la joie et nos sombres secrets, qui finissaient par disparaitre dans la noirceur de la mort. Eh bien aujourd'hui, ma petite étoile, je crois que c'est bel et bien la disparition de l'un de mes plus lourds secrets que je pleure. Car vrai ! Avec la mort d'Oliver Stangerson vient de disparaitre toute une page de ma vie.

Karl relève sa plume, un instant songeur. Des souvenirs lui revenaient, des souvenirs de Rio bien sûr. Avec un soupir, il pose sa plume dans son encrier et s'adosse au dossier de la chaise. Rio...

Une banlieue glauque du Rio sorcier. Quelques adolescents de 17 ans mendient, dealent, vendent des ingrédients illicites. Le jeune Jonah Stangerson est l'un de ceux-là. Un an qu'il était là, déjà. Un an qu'il était parti après avoir claqué la porte de la maison, après une énième dispute avec son père. Et il était là, et il vivait de petits vols et de trafics, se refusant par fierté de revenir chez ses parents faire amende honorable, mais n'attendant qu'un geste de leur part pour revenir. La fierté avait ses limites. Le confort crasse de la rue aussi.

- Une petite pièce, monsieur, s'il vous plait !

Le sorcier qui passe ne jette même pas un coup d'oeil dans sa direction. Il poursuit sa route, le pas plus pressé, feignant de n'avoir rien entendu. Jonah avait l'habitude. Les débuts avaient été difficiles, maintenant il avait le cuir tanné. Déjà, il interpelle le passant suivant.

- Une petite pièce, monsieur, s'il...

La voix se bloque dans sa gorge tandis qu'il reconnait le jeune homme qui passe devant lui. Oliver Stangerson. Son frère aîné. Son coeur bat la chamade. Si Oliver était ici, ce ne pouvait être que pour une seule raison. Il savait... Il savait pourquoi Oliver était ici. Il en avait l'absolue certitude. Ses parents le cherchaient. Un mot. Il suffisait d'un seul mot. Si Oliver prononçait son prénom, il viendrait. Sa fuite prendrait fin, et il reviendrait en paix dans sa famille, au chaud dans son foyer. Les regards d'Oliver et Jonah se croisent, lentement. Jonah voit l'étincelle de surprise dans les yeux d'Oliver. Un mot. Un seul. Et alors que Jonah s'apprête à se relever pour suivre son frère aîné, Oliver se détourne, gêné, embarrassé, et poursuit son chemin. Il n'avait pas dit un mot. Alors Jonah interrompt son élan et se rassoit, blessé et meurtri jusqu'au plus profond de lui-même. Lentement, la vérité faisait jour dans son esprit. Son frère avait eu trop honte de lui. Il ne l'avait pas reconnu parce qu'il avait trop honte de lui, et de ce qu'il était devenu.

Jonah se relève, ramasse sa sébile. Désormais, il n'avait plus rien à faire à Rio. Le lendemain, il marchait sur la route de Boston.

Karl, à ce souvenir, se lève et se dirige vers une étagère. Un meuble datant de l'époque de Delima Stangerson. Le symbolisme était particulièrement approprié. Il prend une mallette allongée et l'ouvre avec précaution. Un hautbois. Lentement, il sort toutes les pièces une à une et les monte. Les accorde. Puis, une fois qu'il est prêt, il joue. Une ballade lente, mélancolique, nostalgique aussi, qui exprime mieux que lui ne saurait le faire tous les tourments de son âme. Ce soir, Karl jouait pour Delima Stangerson, une vieille dame morte bien trop tôt, pour Oliver Stangerson, un ami, un nouveau frère qu'il n'aura jamais pu connaitre, et pour Jonah Stangerson, mort également ce soir, disparu des mémoires de ceux qui l'ont connu.



Karl repose alors son hautbois et relit la lettre qu'il destinait à Masha, son amie, sa confidente. Puis, en un dernier hommage, en un dernier geste d'adieu à celui qui a disparu ce soir, il signe.

Jonah Stangerson
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Re: Karl Andersen

Message par Karl Andersen le Mer 25 Oct - 17:48

Karl se réveille, ankylosé. Ces cachots n'étaient pas réputés pour leur confort, forcément. Intéressant que cette tour dispose de ses cachots privés. Karl n'osait imaginer ce qu'on y faisait à une époque moins propice. Ou plutôt, il se l'imaginait très bien. Cette tour devait être celle du directeur, autrefois. Intéressant de voir comment les choses avaient peu changé. Ou alors que les Croisés effectuaient un charmant retour en arrière. Karl n'avait ni dégoût ni haine envers la Croisade, à vrai dire. Il avait servi sous plusieurs maitres, dont certains, à leur manière, étaient aussi fanatiques que la Croisade. Servir la Croisade ne lui aurait posé aucun problème de conscience. Néanmoins, s'il avait quitté ces maitres pour reprendre sa liberté, ce n'était pas pour qu'une Croisade la lui reprenne. Sa liberté, il l'avait chèrement gagnée. Et méritée.

Ce qu'il ne pardonnait pas en revanche, c'étaient leurs actes. S'en prendre à Gaia avait été une erreur dont ils ne semblaient pas s'être rendu compte. Tant pis pour eux. Avec le temps et surtout les événements, Karl avait appris à apprécier et respecter Gaia. Qu'elle ait commis une erreur en ouvrant les portes aux Croisés étaient une chose. Mais une erreur reste une erreur. Et Karl était particulièrement mal placé pour reprocher à qui que ce soit une erreur. L'ennui, c'est que plus lourdes sont les responsabilités, plus importantes sont les conséquences. C'était le problème d'être dirigeant. Et à moins qu'il ne se trompe totalement, les Croisés allaient finir par s'en apercevoir. Et ce, sans même qu'il ait besoin d'agir. Le Destin avait de ces facéties...

Karl touche le bracelet de cuir à son poignet et s'étend sur sa couche. Pas très confortable, mais à une époque pas si lointaine, il n'était pas si difficile. Il songeait. Delima Stangerson. Sa mère. Qu'aurait-elle fait dans de pareilles circonstances ? Elle aurait offert un sablé à la framboise et aurait empoisonné le thé. Elle en aurait bien été capable. Delima Stangerson avait de la ressource. Lorsqu'il avait quitté la maison, il avait pensé que sa mère était une faible d'esprit, une femme complètement soumise à son mari. La vérité, il avait fini par le comprendre, c'est qu'elle avait été la plus intelligente du couple. Si Jonah n'avait pas été tué ce soir-là, il le devait sans doute à sa mère. Et d'après les échos qu'il avait entendu d'elle lorsqu'il était arrivé à Poudlard, elle était restée la même.

De là, ses pensées voguèrent logiquement en direction de Masha. Sa petite étoile. Bon sang, comme elle lui manquait. Impossible de lui écrire, maintenant, elle devait s'inquiéter. Elle devait le croire mort. Heureusement, elle était en sécurité au Cercle. Sans doute moins à Koldovstoretz. Mais elle devait se sortir de là elle aussi, elle devait apprendre à être libre. Koldovstoretz est loin d'être le paradis... l'Eden... (Karl ricane intérieurement à cette pensée), mais au moins elle pouvait s'ouvrir doucement, et apprendre les premiers gestes dont elle avait été privée pendant si longtemps.

Lorsque Karl avait découvert Masha, il était arrivé à la Maison depuis plusieurs mois. Il avait perdu l'idéal de ses jeunes années, mais il aspirait à comprendre, et la Maison lui avait offert ce qu'il recherchait. Enfin, il l'avait pensé à l'époque. Tout lui semblait si parfait... Et puis il y avait eu Masha. Masha, qui avait vécu quasiment toute sa vie dans la Maison. Masha, qui avait aimé... de la manière la plus belle, la plus pure qui soit. Masha, qui avait tenté, pour la première fois de sa vie, de se rebeller et de prendre sa vie en main. Masha, qui avait été rattrapée et avilie de la manière la plus abjecte qui soit. Pour la punir. Pour avoir souhaité reprendre sa liberté.

Karl n'avait pas connu tout cela. Il était arrivé à la Maison bien plus tard, après la mort d'Alexei. Mais un soir qu'il méditait près du puits, il a vu une silhouette fragile s'avancer devant lui, hésitante, le regard désespéré mais résolu de ceux qui n'ont plus rien à perdre. Et il avait compris. Doucement, il s'était relevé et avait pris la jeune femme dans ses bras. Comment pouvait-on rendre sa dignité à une jeune femme qui avait tout perdu ? Les mots qu'il avait prononcés à ce moment n'avaient plus d'importance. Masha avait survécu. Et Karl avait perdu ses dernières illusions sur ceux qui prônaient un quelconque idéal. C'étaient souvent les pires. L'ennui, c'est qu'on ne pouvait pas toujours choisir son maitre. Le Destin en décidait.

Quelques années plus tard... ou quelques mois peut-être, difficile à dire, ils avaient été libérés. Comment ? Personne ne l'avait su. Ils avaient été libérés, et pris en charge par le ministère russe. Karl, bien sûr, s'était échappé dès que possible. Karl avait toujours détesté les institutions. Il avait pas mal erré dans les campagnes de Russie avant d'arriver au Cercle. Masha, elle, était restée. Ils avaient été séparés dès le départ. Mais ils s'étaient revus. Quelques temps plus tard. Le lien d'amitié qui les unissait était trop fort, de toute façon. Même des dizaines d'années plus tard, il aurait tenu. Karl avait convaincu Masha de rejoindre le Cercle. Et Masha l'avait fait. Oh, elle ne venait pas très souvent, mais elle venait. C'était l'essentiel. Peu à peu, Masha apprenait à être libre. Et lorsqu'on avait presque toujours vécu en prison, ce n'était pas si simple que ça.

Un soupir. Masha était bien loin à présent, en sécurité. Quelle mouche l'avait piqué de venir en Ecosse au lieu de rester paisiblement en Russie ? Il avait suivi le Destin. La curiosité. Le besoin de faire la paix avec son passé, aussi. Découvrir qui était Delima Stangerson. L'arrivée d'Oliver avait été imprévue, mais bénéfique aussi, d'une certaine manière. Oliver ne saurait jamais ce qu'était devenu son frère, mais lui, maintenant, le savait. Karl était en paix. En paix avec lui-même. Il ne se faisait aucune illusion sur le sort qui lui serait réservé. La torture peut-être, puis la mort. C'est ainsi qu'on châtiait les traitres, c'était la règle du jeu. Il avait joué, et perdu. Le Destin, qui l'avait si souvent soutenu dans ses téméraires aventures, l'avait abandonné, s'en était détourné, lassé. Ma foi. Il n'avait rien à regretter. Il avait eu une belle vie. A présent, il ne restait plus qu'à attendre la mort.
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