La forge souterraine.

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La forge souterraine.

Message par Vilgefortz Var Emreis le Mer 4 Oct - 20:47



A quelques centaines de mètres sous terre, à l'abri des regards et des intempéries, dissimulée sous des mètres cube de roche se trouve la forge d'Owunglärd. Immense, gargantuesque, aussi bruyante qu'un chantier en construction, des centaines et des centaines d'hommes et de femmes s'affairent à leur tâche sous la chaleur écrasante qui se dégage de la lave et des armes chauffées à blanc. En effet, il y a maintenant presque un millier d'années, lorsque ces immenses galeries furent érigées, creusées et déblayées, les artisans purent trouver un moyen d'être continuellement approvisionnés de lave, une lave provenant d'un volcan situé à des centaines de kilomètres de la ville. Perpétuellement, cet flot de roche en fusion s'écoule des entrailles du volcan pour se diriger vers les forges nécessitant toujours plus de matériau et de chaleur.


Le tintement des marteaux et les cris des ouvriers résonnent toujours plus contre les parois rocheuses des tréfonds, donnant à cet endroit bien plus de vie que la ville située au dessus. La sueur, le sang et l'acier sont monnaie courante en ces lieux. Point de flânerie ou de repos, seul le travail compte. Les chemins escarpés menant à la surface, de vulgaires monticules rocheux dans lesquels ont été gravés à même la roche des marches vulgairement taillées au burin, sont parcourus d'ouvriers portant tout types de matériaux, aussi bien pour les exporter à l'extérieur une fois le travail fini que pour les importer aux forges afin de ne jamais manquer de rien. Une immense statue érigée sur une plaque rocheuse, touchant presque le haut de la cavité, semble observer les travailleurs de toute sa hauteur. Cette statue semble représenter un homme à la barbe tressée et au crâne chauve, tenant une imposante masse tournée vers le sol. Peut-être l'un des apôtres de Fangcrow, peut-être est-il même le créateur originel de cette forge ou tout simplement un vestige d'une ancienne civilisation disparue. Chaque ouvrier semble parfaitement connaître sa tache et l'exécute sans vaciller, qu'il s'agisse de forger, de miner, de transporter les matériaux ou même de faire le ménage. Un esprit de camaraderie sans égal règne dans l'immense forge, égalable à la croisade. Après tout, chaque homme ici est un croisé dans l'âme, chacun travaille à la sueur de son front pour fournir armes, armures, boucliers et même baguettes à la croisade pour l'assister dans sa conquête du monde, et pour la mise en place de l'Eden.



Mais c'est lorsque l'on atteint le centre, déjà visible depuis la première marche, que la véritable forge se dévoile. Entièrement dégagée en son sein, surplombée d'immenses massifs rocheux dont le liquide rougeâtre s'échappant par les cavités tel une cascade viennent se réfléchir sur leur surface pour leur donner l'apparence des tréfonds de l'enfer. Une véritable cité semble avoir été bâtie tout autour, prouvant qu'Owunglärd est presque aussi immense sous terre qu'à la surface. Situé au centre même de tous les ateliers et demeures alentours, un lac de roche en fusion fumant recueille tous les surplus de lave n'ayant pas pu servir dans la fonte de matériaux ou n'ayant tout simplement pas pu être récupérés. Si une véritable cité miniature a pu être bâtie ici, il semblerait que ses résidents ne soient point issus des hautes sphères. Gaillards défigurés, orphelins sans le sou ou vieillards unijambistes sont ceux peuplant les souterrains... à la seule et unique condition que tous autant qu'ils sont doivent se rendre utiles à la vie de la forge, de quelque manière que ce soit. Nous n'avons rien sans rien, et la forge est l'endroit qui le résume le mieux.
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Re: La forge souterraine.

Message par Vilgefortz Var Emreis le Dim 15 Oct - 23:31

La grande porte, qui reste ouverte en permanence pour laisser s'échapper la chaleur étouffante des forges, laisse apparaître une silhouette carrée. Immédiatement, chacun des travailleurs devine de qui il s'agit. Sa silhouette, sa démarche, tout est reconnaissable chez lui même sans voir distinctement son visage. Aujourd'hui, l'avarice est de sortie. Chaque personne ici, homme femme ou enfant, sait parfaitement qui il est. Eux qui sortent très rarement au dehors, totalement isolés du reste de la citadelle dans leur immense forge ou la chaleur étouffante et les tintements du métal sont leur seule compagnie. Après tout, chacun d'eux doit à Vilgefortz son poste ici. Qu'il s'agisse de la ville haute ou basse, chaque individu vit de la manière dont l'avarice l'a décidé. Car derrière le corbeau poupre ou même le roi Wilfried, l'homme chargé de gérer cette citadelle pour qu'elle reste le berceau principal de la croisade, l'homme ayant la main mise sur chaque habitant... n'est autre que celui qui se dresse devant eux aujourd'hui. Contrairement aux croyances des nobles et aux rumeurs qui courent parmi eux, chacun est satisfait de la place qu'il a obtenu ici. Désaxés, sans le sou, anciennes prostituées, défigurés ou même anciens criminels, tous ont eu droit à une nouvelle vie ici. Au sein des immenses forges d'Owunglärd, là ou tous sont logés à la même enseigne, là ou tous sont voués à l'avancée de la croisade. En voyant leur maître arriver sur les lieux, plusieurs se ruent vers lui. D'autres continuent leurs travaux sans sourciller, redoublant même d'efforts. Certains se contentent de s'agenouiller en courbant l'échine, comme s'ils attendaient leur sentence.

Vilgefortz s'avance vers les tréfonds, descendant lentement les marches au rythme des coups de marteau. Vêtu d'une simple chemise blanche aux manches retroussées jusqu'au coude, le croisé semble être venu ici en vacances. Le col entrouvert de l'habit dévoile un petit médaillon d'une étrange forme, passant presque inaperçu parmi ses tatouages. Ses cheveux sont entièrement détachés, bataillant avec la chaleur des forges. Certaines femmes se dévêtissent partiellement, dévoilant leurs poitrines au péché, d'autres agrippent vainement ses vêtements du bout des doigts, tentant d'attirer son attention d'une quelconque manière... mais il n'en est rien. L'avarice continue sa descente vers les tréfonds, enjambant les quelques femmes venant se languir à ses pieds.

- Peuple des tréfonds, aussi insignifiants êtes-vous, je requiers votre attention.

Lance le croisé une fois arrivé en bas, sur la place centrale. La chaleur des flammes et du magma lui brûlerait presque la peau, ce qu'il semble ignorer totalement. Comme s'il était accoutumé à ces conditions autant qu'eux. A son appel, tous les ouvriers se sont rassemblés autour de lui. L'avarice se racle la gorge, et annonce de sa voix claire et sonore.

- La croisade est à présent à son apogée. Rien ni personne ne pourrait stopper son avancée. C'est pourquoi je suis venu personnellement vous avertir. Les prochains mois seront les plus difficiles que vous n'aurez jamais vécus. Des centaines de milliers de nouvelles recrues afflueront sous la bannière du corbeau pourpre, tous unis pour la même cause et animés par la même conviction. VOUS, qui n'êtes ni soldats ni archanges, ni inquisiteurs ni prêtres, vous que l'on considère comme les rebuts de la société... vous êtes la lame tenue par la croisade. Vous êtes la poignée serrée autour de cette lame prête à abattre le courroux divin sur ceux qui cherchent à nous nuire, à nuire à l'eden pour lequel se bat chacun d'entre vous. C'est pourquoi je vous demande de redoubler d'efforts, je veux que vous produisiez autant d'armes et de baguettes que nous avons de croisés parmi nos rangs, je veux que votre corps soit poussé dans ses derniers retranchements et qu'il creuse sans cesse un peu plus loin pour ne jamais avoir à s'arrêter. Je veux que vous soyez Croisés. Car une guerre approche, et l'issue de cette guerre dépendra de l'application de chaque croisé à son poste. Si vous voulez un jour voir l'Eden de vos propres yeux et sortir d'ici pour vivre comme chaque être de la surface, soyez à la hauteur de mes attentes.

A l'instant ou l'avarice clos son discours, chaque ouvrier se rue à la tache. Aucun applaudissement, aucun hurlement, rien de tout cela. Seulement le tintement du métal résonnant dans les tréfonds, adressant à péché une véritable ovation. C'est sous ce tonnerre de tintement métallique que disparaît Vilgefortz. Il n'en a pas fini.

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