Demeure de l'avarice dans la ville haute.

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Demeure de l'avarice dans la ville haute.

Message par Vilgefortz Var Emreis le Sam 16 Sep - 0:32

Il s'agit donc de la demeure du péché de l'avarice, Vilgefortz. Elle est à son image, imposante, impossible de la louper. Toutes les résidences de la ville haute sont relativement grandes et chères, mais celle-ci se démarque notamment de par son absence de porte d'entrée. Il y a forcément un moyen d'y accéder, mais ce n'est visiblement pas de la manière la plus courante. Une cour relativement grande pour une demeure située en ville se trouve à l'arrière, dans laquelle a été apposé un sortilège d'impassibilité pour éviter tout dérangement extérieur. L'intérieur est également spacieux, cinq chambres, deux salles de bains, une salle de jeux et un immense salon. Nul besoin d'en faire trop cependant, l'avarice privilégie la qualité à la quantité. Sauf pour ce qui est des femmes, qui pullulent d'ailleurs à l'intérieur de ladite demeure.
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Re: Demeure de l'avarice dans la ville haute.

Message par Vilgefortz Var Emreis le Mer 4 Oct - 13:48

Vilgefortz, pour une fois, a décidé de rester au lit. Allongé sur le dos, torse nu, les yeux rivés vers le plafond, l'avarice réfléchit aux conséquences de ses actes avec le prêtre, avec Lilith ou même avec la tour de l'alchimiste. Il y a quelques mois, la croisade n'était pour lui qu'un groupe de fanatiques dont il pouvait profiter, mais son opinion a peu à peu changé. S'il a été nommé péché de l'Avarice, ce n'est pas anecdotique après tout. Pour la première fois après toutes ces années passées au sein de la croisade, on lui donnait de lourdes responsabilités. Quelque part, le jeune homme se sent à sa place a présent. Au milieu des femmes, de l'argent, d'une opulence qu'il a tant désirée... et pourtant, étrangement, sa demeure est vide aujourd'hui.
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Message par Vilgefortz Var Emreis le Mer 4 Oct - 14:19

Après quelques instants, il se décide à descendre au salon pour boire un coup, ennuyé.
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Re: Demeure de l'avarice dans la ville haute.

Message par Vilgefortz Var Emreis le Mer 4 Oct - 15:22

En cherchant dans sa bibliothèque, l'avarice tombe sur un livre qu'il ne connaissait pas.




- C'est quoi ce machin ?

Le croisé retourne le livre, aucun résumé. Seulement un livre d'un bleu uniforme, édité par "Veneficium." Maison d'édition plutôt célèbre dans les années 30-40, ayant malheureusement fait faillite à cause du manque de salariés présents et de leur haine pour la maison d'édition Sejuris, qui vendait bien mieux que ses concurrents. L'obstination des éditeurs de Veneficium les mena à leur perte, trop focalisés sur le fait de tenter de nuire à son concurrent plutôt qu'à essayer de vendre des livres.

- Qui a bien pu foutre ça dans ma bibliothèque.

Vilgefortz balance le livre à l'autre bout de la pièce avec nonchalance, peu intéressé. Leveen est un écrivain qu'il déteste au plus haut point, ses livres étant particulièrement malsains et peu intéressants pour lui. Après tout, Leveen était lui-même considéré comme fou par la populace. En effet, plusieurs fois, le jeune homme se fit passer pour une femme en envoyant entre autres sa cousine lors de conventions pour la sortie de son nouveau livre, ce qui porta plusieurs fois à confusion son public autant que les éditeurs. Quelques rumeurs racontaient également qu'il tombait régulièrement amoureux de personnages fictifs que ses compères écrivains mettaient en scène dans leurs livres, allant jusqu'à s'enfermer des jours et des jours dans sa demeure. Il termina finalement sa vie en compagnie d'un autre écrivain, connu comme étant infidèle envers ses compagnes: Almerick Ludwig Windsor. Leveen décéda en 1943 d'une crise de folie lors d'une sortie à Naples, il se jeta dans le vésuve alors qu'il était en activité.

- Foutus livres.

L'avarice va se préparer un café.
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Re: Demeure de l'avarice dans la ville haute.

Message par Vilgefortz Var Emreis le Mer 4 Oct - 22:41

La demeure de l'avarice commence à se remplir peu à peu de ses favorites, pour combler l'ennui morbide de cette journée vide.
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Re: Demeure de l'avarice dans la ville haute.

Message par Poudlard le Jeu 5 Oct - 1:02

C'est alors que dans un fracas, le plafond de la maison de Vilgefortz est transpercé, un bâton que celui ci ne connait que trop bien vient se planter dans le sol dans un bruit sourd, craquelant la pierre.

- Le corbeau pourpre t'appelle, mortel.
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Re: Demeure de l'avarice dans la ville haute.

Message par Vilgefortz Var Emreis le Jeu 5 Oct - 1:05

Vilgefortz était en train de s'habiller pour sortir et se retourne en entendant le fracas, épée en main. Qui ose détruire la demeure de l'avarice ?

- ... J'arrive.

D'un mouvement leste, le croisé se saisit de sa baguette et rengaine sa lame. En temps normal l'auteur de ce vacarme aurait été démembré pour avoir osé abîmer un de ses biens, mais il faut croire que Fangcrow a tous les droits. Le péché se tient prêt à partir.

- Ou est-il exactement ?
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Re: Demeure de l'avarice dans la ville haute.

Message par Poudlard le Jeu 5 Oct - 1:08

- Portes de Owünglard.

Répond lentement le crâne.
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Re: Demeure de l'avarice dans la ville haute.

Message par Vilgefortz Var Emreis le Jeu 5 Oct - 1:09

- Soit.

L'avarice transplane aux portes.
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Re: Demeure de l'avarice dans la ville haute.

Message par Vilgefortz Var Emreis le Dim 8 Oct - 4:36

Au beau milieu de la nuit, sous la lueur fuligineuse des bougies, l'avarice a décidé de rester éveillé. Assis confortablement sur un fauteuil près du feu, il semble bien différent de l'homme qu'il est au quotidien. Ses longs cheveux blonds sont tirés en arrière pour que ce soit plus pratique, ce qui fait ressortir ses yeux bleus. Sa barbe est également complètement rasée, le croisé perd bien cinq années ainsi. Cinq années... il y a cinq années, Vilgefortz portait déjà les couleurs de la croisade et combattait au front. Les réminiscences de cette époque lui reviennent parfois lors d'un moment de flottement, après tout ces choses font ce qu'il est devenu aujourd'hui. Le silence mortuaire qui règne dans la pièce, troublé seulement par le crépitement des flammes favorise ce genre de moments. Des moments ou l'avarice n'est pas entouré par ses favorites ou par quelconques nobles se traînant à ses pieds, vautrés au sol tels des lépreux venant quérir les miettes jetées par les fenêtres. Avant qu'il ne devienne le péché de l'avarice, ce genre de moments n'avaient jamais lieu. En tant que croisé, la guerre a toujours été sa seule source de motivations, son seul moyen d'expression, sa seule raison d'exister. "Tu te battras pour moi, pour l'éveil du corbeau pourpre, parce que c'est ce qu'un croisé doit faire. Tu dois exister pour ce seul fait, mon fils. Pour la croisade et rien d'autre. Les richesses, l'amour, le sexe, toutes ces choses futiles ne doivent jamais entraver ton esprit. Comprends-tu ?" Ce sont ces paroles ancrées dans son esprit qui reviennent sans cesse à la charge. La seule chose à laquelle il pouvait se raccrocher en tant que jeune croisé, en tant que combattant. Car cet homme qui fût jadis celui qui l'éleva... il lui devait une faveur.

- Tu ne montes pas ?

Une voix féminine l'interpella, ce qui eut pour effet de l'extirper aussitôt de sa torpeur. Une jeune femme était assise sur un meuble, à quelques mètres d'ici. Une longue chevelure blonde comme les blés lui recouvrant les épaules, de beaux yeux bleus ciel, nul doute qu'il s'agissait de l'une de ses favorites. Non, LA favorite.

- Je suis pensif. Laisse moi.

- Allez... mon beau lion, cesse de te tourmenter avec ces histoires. Nous sommes ici maintenant, non ? L'opulence, n'est-ce pas tout ce que tu as toujours voulu ?

Mais elle n'obtint aucune réponse. Sans même s'en rendre compte, Vilgefortz reparti dans ses pensées les plus profondes, à l'aube même de sa nomination en tant que croisé. Ces vieux souvenirs enfouis... on dit que les premières années d'une vie marquent la personne à tout jamais. Rien n'est plus vrai que ce constat, pourtant simple, mais si réel.

1998, un village sorcier en Allemagne.

- Viggy, attrape !

Un grand choc au front vint tirer le gamin de ses pensées. A cette époque, ses yeux étaient déjà d'un bleu pur comme le ciel, et ses cheveux blonds aux légères nuances noisette n'étaient guère si longs. Le gamin tomba en arrière pour atterrir sur les fesses et se massa le front, grimaçant de douleur.

- Aïe...

- Pfouhahahaha, t'es vraiment trop nul Viggy ! Fallait rattraper le ballon !

Au pied d'un immense chêne, trois gaillards de son âge, à peu près huit ans, ainsi qu'une fille un peu plus agée, se tenaient en cercle. Les trois compères riaient aux éclats, amusés par la maladresse de Vilgefortz. La fille ne disait strictement rien, et semblait même s'ennuyer. Son regard était tourné vers le village en contrebas. La vue d'ici était imprenable, donnant au petit village l'allure d'une fourmilière.

- Hé Triss, pourquoi t'aides pas ton frère à se relever ?

L'un des gamins lui mis un petit coup de coude, sous le regard amusé des deux autres. Cette jeune fille, elle était belle. A seulement onze ans, tout le village se retournait en la voyant passer. Bien qu'elle soit très jeune, sa beauté allait sûrement s'accroître de plus belle en grandissant. Tous les hommes du pays allaient forcément se l'arracher, peut-être même allait-elle pouvoir être mariée à un noble. La jeune fille tourna la tête vers son frère, laissant ses longs cheveux aubruns flotter au gré du vent. Son air était las.

- Vilgefortz est un homme, il peut se relever tout seul non ? Il ne pourra jamais protéger le village s'il trébuche sur le moindre caillou.

Et les sales gamins se mirent à rire de plus belle. Après quelques secondes, sous les moqueries, Vilgefortz se releva tout seul. Sans l'aide de personne. Sa soeur avait raison, c'était un homme en devenir. Et un homme se devait de mener ses propres combats.

- Pas mal, mais tu p...

L'un des gaillards fut coupé net. Une explosion venait de retentir au loin, en provenance du village. Quelques instants après, des cris se mirent à retentir de tous les côtés, suivit de flammes et de fumée s'élevant dans les airs... le village venait de subir une attaque. Alors que les villageois sortaient de chez eux pour s'armer face à l'envahisseur, les trois gaillards n'hésitèrent pas une fraction de seconde, et s'élancèrent vers leur village. La jeune fille, elle, adressa un simple regard à Vilgefortz. Un regard empli de terreur.

- R... reste la...

Sans un mot de plus, elle s'élança à son tour. Le petit Vilgefortz, lui, n'osa pas bouger d'un pouce. Il se contenta de rester la, comme sa soeur venait de lui dire. Rester la. Seul. Ne pas bouger, attendre qu'elle revienne... surtout attend qu'elle revienne. Instinctivement, le petit garçon alla se rouler en boule au pied de l'arbre, caché dans une cavité située dans le tronc. Ici, il ne risquait rien. C'est toujours ici qu'il se réfugiait pour échapper à ses problèmes. Ici, au moins, ses problèmes ne venaient pas le chercher... mais ils étaient toujours là-bas quand il revenait. Toujours. Peut-être qu'il devait rester ici pour toujours pour ne plus jamais avoir de problèmes...
après tout le village se portait mieux sans lui. Ses parents, qui avaient à peine de quoi se payer trois bol de riz, n'avaient aucun intérêt à nourrir un gamin inutile et lâche comme lui. "Chaque bouche à nourrir doit mériter son repas !" Criait toujours son père dans l'espoir de le motiver à travailler d'avantage, que ce soit aux champs ou aux taches ménagères. Mais tout cela, il en était incapable. Triss le recouvrait de toute son ombre. Chaque chose que la jeune fille entreprenait était une réussite, même lorsqu'il s'agissait de travaux réservés aux hommes. Tout le monde l'admirait... comment un gamin comme lui aurait-il pu faire le poids ? Vilgefortz était persuadé d'être un raté. Voilà pourquoi il décida de rester dans ce petit creux au pied de l'arbre, à l'abri des problèmes.

De longues heures passèrent. De longues heures ou les cris ne s'arrêtaient pas, si bien que le petit garçon en vint à se boucher les oreilles. Ce n'était qu'un mauvais rêve, hein ? Oui, un cauchemar. Le lendemain, tout serait passé. Tout serait revenu à la normale. Le village grouillerait de vie et de joie, chacun travaillerait à la sueur de son front pour pouvoir manger, oui, la vie était dure. Mais c'est justement pour cette raison que chaque instant se devait d'être savouré. Au fil de la nuit, Vilgefortz s'accoutuma aux hurlements, et parvint à sombrer dans les bras de Morphée. Au petit matin, les hurlements avaient cessé. Un calme abyssal régnait sur la plaine, troublé par quelques stridulements d'insectes. Seulement, lorsque Vilgefortz s'extirpa de son trou, persuadé que tout ceci n'était qu'un mauvais rêve... il aperçut le village en contrebas. Ou du moins ce qu'il en restait. Un tas de décombres fumant. Plus personne ne bougeait en bas. Plus aucun vieillard à se balancer sur son rocking chair, plus aucune femme à étendre son linge, plus aucun gamin à chahuter dans les rues pavées. Instinctivement, Vilgefortz dévala la plaine en contrebas... ses yeux ne pouvaient rien fixer d'autre que le spectacle morbide qui se dévoilait peu à peu sous ses yeux à mesure qu'il approchait. Parmi les décombres, des centaines de cadavres décharnés, déchiquetés, décapités gisaient sur le sol. Il n'y avait aucun survivant. Tandis qu'il parcourait les rues en direction de la masure de ses parents, le petit hurlait à pleins poumons. Papa, maman... mais personne ne répondait à son appel. Plus personne n'était la. Et alors, le jeune garçon arriva chez lui.


- T... triss ?

Le spectacle qui se dévoila à ses yeux était tout aussi morbide que ce qu'il avait pu voir en parcourant les rues. La maison était littéralement sans dessus dessous. La moitié de la charpente s'était effondrée sous l'attaque, et avait enseveli ses parents. Certains de leurs membres dépassaient du tas de pierre, gisant dans un bain de sang abominable... le garçon n'eut même pas le courage d'aller déblayer leurs corps. Sa seule réaction fut de vomir tout ce que contenait son estomac sur le sol, les larmes aux yeux. On lui avait tout pris. Ses parents, son village, sa vie... pourquoi ? Qu'avait-il fait pour mériter ça ? Qu'est-ce que ces gens avaient fait pour mériter un sort aussi atroce ? Le jeune garçon n'avait même plus la force d'être en colère.

- V... Vilge...

Une petite voix provenait de derrière le canapé. Celle de sa soeur. Instinctivement, il se précipita vers celle-ci... pour découvrir sa jeune soeur, allongée sur le plancher. Non, elle gisait littéralement sur le sol en tenue d'eve. Ses jambes comportaient de nombreuses traces de sévices divers, griffures, bleus... mais son visage tuméfié était le plus difficile à voir. A cet instant, Vilgefortz ne comprit pas tout de suite ce qui était arrivé à sa soeur. Trop jeune, encore sous le choc, il ne pouvait pas réaliser ce qu'elle avait subit tout au cours de la nuit. Néanmoins, sa petite soeur n'allait plus jamais être belle. C'était une certitude. Le gamin s'empressa de la recouvrir d'un drap, et de la prendre dans ses bras. Elle était incapable de marcher. A vrai dire, ses paupières était si enflées qu'il n'aurait pas été étonnant qu'elle n'y voit rien. La petite fille bredouilla quelques paroles inaudibles.

- Ils... m'ont... papa... maman...

Vilgefortz ne savait pas quoi répondre. Ses yeux ne cessaient de pleurer, mais il n'émit plus aucun sanglot, ni aucune parole. Que dire ? Il n'y avait rien à dire. S'il avait été moins lâche... s'il l'avait suivie... peut-être aurait-il pu sauver ses parents. Peut-être sa soeur aurait-elle pu éviter de subir cela. Tout ce qu'éprouvait Vilgefortz pour lui-même était un profond dégoût. Désormais, plus jamais il n'agirait ainsi.

- Il faut partir, ou... ou ils pourraient revenir.

C'est ainsi que le petit s'en alla sans se retourner, emmenant sa soeur avec lui. Ou allait-il ? Qui sait, lui-même n'en avait aucune idée. Peut-être nul part, peut-être voulait-il seulement fuir ailleurs pour échapper à la réalité et aux problèmes. Comme le creux dans l'arbre. Mais bien vite, une fois de plus, la réalité le rattrapa au galop. Au bout de plusieurs kilomètres sans s'arrêter, ses jambes fatiguaient, d'autant plus que le poids de sa soeur était un sérieux handicap. Et la neige... si froide... la nuit était si glaciale que chaque membre du petit garçon était engourdi jusqu'au bout des doigts. Ses yeux peinaient à voir à travers la tempête de neige qui lui lacérait le visage, chaque seconde le rapprochait de la fin. Pourtant, malgré ses huit années, malgré son corps chétif et couvert d'engelures, le gamin avançait face à la tempête. Malheureusement... un cortège de malfrats était sur leurs talons. En un instant, les deux enfants se retrouvèrent encerclés par une cinquantaine de malfrats montés à cheval et couverts de longs manteaux de fourrures. Parmi eux, un homme s'avança sur un long cheval noir. L'homme aurait pu être comparé à un ours, tant sa carrure et la bestialité lisible sur son visage étaient effrayantes.

- Alors y'a eu des survivants, c'est-il pas beau les gars !

Il s'exclama d'une voix rauque, suivit de nombreux éclats de rires de la part des bandits l'entourant. L'un d'eux, un petit chétif, s'exclama en bavant.

- Eh ! C'est la gamine ! Elle est encore en vie ? Dingue ! Chef, prenons-la avec nous !

Le meneur regarda un instant Vilgefortz avec dédain, un sourire carnassier sur les lèvres.

- Ok, prenez la petite et laissez le marmot ici. Ne gâchons pas nos lames avec le sang de ce pisseux.

Deux hommes descendirent alors de leurs chevaux, le petit chétif et un grand gaillard à la mâchoire carrée. Ils semblaient ignorer totalement Vilgefortz, jugeant qu'un gamin a moitié mort ne pouvait pas leur faire de mal. Le chétif s'avança de Triss, que son frère avait déposé au sol.

- Alors ma pet...

Il fut coupé net par une grosse pierre qui fusa vers son visage pour lui éclater le nez, laissant s'écouler une mare de sang. L'homme releva la tête pour tenter d'y voir quelque chose à travers le flot de sang qui était en train de lui recouvrir le visage, mais une deuxième pierre plus grosse que la première atterrit sur son oeil et l'enfonça dans son orbite. Tout le monde resta sans voix en assistant à la scène lorsque Vilgefortz s'élança vers l'homme qu'il venait de défigurer pour le frapper de toutes ses forces à la tête, sans que celui-ci ne parvint à se défendre. Le sang coula à flots sur le caillou pointu qu'il tenait fermement en main, quitte à s'en déchirer la peau. L'homme chétif ne bougeait plus. Cependant, le gamin reçut un grand coup à l'arrière du crane, ce qui le fit vaciller.

- J'vais le buter, je jure que j'vais le buter !

Le deuxième homme se plaça à califourchon sur le gamin, incapable de riposter, et lui porta un coup. Deux coups. Trois coups. Il ne fallut pas longtemps à Vilgefortz avant de voir trouble alors que les coups pleuvaient, incapable de tenir le choc. C'était ainsi que tout se terminait ? Alors qu'il s'était promis de ne plus jamais fuir et d'assumer ses erreurs pour protéger sa soeur, tout allait se terminer de cette façon ?

Non.

Une flèche vint transpercer l'homme à la gorge, qui bascula sur le côté. Aussitôt, tout le monde se retourna... mais il était trop tard. Une pluie de carreaux vint s'abattre sur le groupe de malfrats, dont plusieurs tentèrent de fuir. Mais il était trop tard pour eux. Peu à peu se dessina au loin une gigantesque armée, immense. Celle-ci chargeait à toute allure sur les bandits effrayés. Et lorsque cette armée aux couleurs pourpres s'abattit sur l'ennemi, l'ensemble des malfrats furent balayés en un clin d'oeil. Chacun d'entre eux découpa de sa lame, transperça de sa lance, tandis que les autres faisaient pleuvoir un torrent de flèches sur les fuyards. Quelques minutes s'écoulèrent, durant lesquelles la vue du petit Vilgefortz se troublait de plus en plus. Ces hommes, vêtus de pourpre, c'était la croisade. Le gamin ne connaissait pas cet ordre, mais leur apparition providentielle eut à ses yeux quelque chose de... divin. Malgré la violence de l'acte, ces hommes et femmes avaient oeuvré pour le bien... il en était persuadé. La dernière chose que le petit vit avant de perdre connaissance fut une charrette, qui se stoppa net devant lui. Un homme large d'épaule au visage carré, vêtu d'une bure, descendit lentement de la charrette pour s'approcher du jeune garçon qui agonisait à ses pieds.


- F... father !

- Mon fils, ne voyez-vous pas que ces enfants sont mourants ? Dieu nous a guidés jusqu'à eux.

Et Vilgefortz s'évanouit.

Quelques jours s'écoulèrent, durant lesquels les nuits du jeune garçon furent très agitées. Le froid, la faim, ses blessures et le traumatisme psychologique qu'il avait vécu allaient malheureusement lui laisser des marques irréversibles. Lorsqu'il ouvra finalement les yeux, le gamin remarqua qu'il se trouvait dans une tente.

- Tu est réveillé ?

Le même homme qui l'avait aperçu avant de perdre connaissance se trouvait à son chevet, lui souriant avec bienveillance. Vilgefortz ne parvient qu'à articuler un faible:

- Ma... soeur...

- Ta soeur va survivre. Mais elle n'est pas en état de parler maintenant. Il va lui falloir quelques mois, dieu l'a mise à rude épreuve.

- Des... mois ?

Quel genre de blessures pouvait bien durer des mois ? Le gamin tenta de se relever.

- Cesse de te surmener, ou tes blessures vont s'aggraver.

- Ou suis-je ?

- Tu te trouves dans un camp de la sainte croisade, notre objectif est de rétablir la lumière en ce monde. Un monde plus juste, n'est-ce pas là tout ce que nous méritons ? Tu es aussi concerné, ton village a été attaqué par une cohorte de malfrats. Nous t'avons aidé, c'est à toi de faire de même à présent. Tends moi ta main, et deviens un membre de la croisade, aide nous à façonner l'Eden à nos côtés.

Vilgefortz pris quelques secondes à peine avant de tendre la main vers lui. Rétablir la justice en ce monde ? C'est une cause qui lui semblait juste. Ou allait-il aller de toute manière ? Si la croisade lui fournissait un toit et à manger tout en gardant sa soeur en sécurité, c'est tout ce qui lui importait.

- Je veux apprendre à me battre.

Et c'est ainsi que son épopée débuta.

Plusieurs mois passèrent, neuf mois exactement. Neuf mois au cours desquels Vilgefortz appris peu à peu à manier l'épée, à lancer des sorts, à se rendre utile au sein d'un groupe, tout ce qu'il n'avait jamais pu faire auparavant. Peu à peu le jeune homme commença à prendre de l'assurance, à se rendre utile, ses efforts payaient. Beaucoup pourraient penser que le plus grand traumatisme de sa vie, ce qui opéra un changement définitif chez lui fut l'attaque du village... mais il ne fut pas au bout de son malheur. Cela faisait neuf mois qu'il avait été envoyé dans un autre camp, neuf mois qu'il n'avait pas vu sa soeur. Certains croisés lui assuraient qu'il allait bientôt la revoir, qu'elle se serait bientôt remise... mais le jeune homme était loin de se douter de ce qui allait arriver. Un soir, une grande fête fut organisée. Une grande organisation de criminels poursuivie par la croisade depuis des années fut renversée, et le campement central fut choisi pour festoyer. Le lendemain, tout le monde devait retourner à Owunglard pour prendre repos. Vilgefortz trépignait d'impatience à cette idée, la légendaire citée dont tout le monde parlait, même dans son village natal... lui et sa soeur seraient en sécurité là-bas. Mais parfois, le destin décide d'en faire autrement.

Alors que la fête battait son plein, que chacun festoyait autour du feu, trinquant à la santé des morts comme des vivants, le jeune croisé fut pris d'un soudain mal de ventre. Comme si quelque chose de mauvais se présageait. Après s'être excusé auprès de ses camarades, tous bien plus âgés que lui, il alla se retirer dans sa tente. La fête continuait de rugir au loin, les pas de danse effrénés des fêtards parvenaient même à faire vibrer le sol jusqu'aux tentes. Mais quelque chose vint interpeller ses oreilles. Des cris. Des cris de jeune fille, sans doute impossibles à entendre pour ceux qui festoyaient plus loin. Instinctivement, Vilgefortz se dirigea vers la tente dont les cris provenaient... mais il arriva trop tard. Cette voix, en y repensant, était facile à reconnaître. C'était celle de Triss. Oui, il en était sûr à présent. Mais il était trop tard. Son corps était étendu au beau milieu de la tente dans une mare de sang s'écoulant peu à peu jusqu'à ses pieds. Le visage de la jeune femme était figé en une expression de douleur insoutenable... elle était morte. Et son assassin se trouvait juste devant lui.


- Enfoiré...

Vilgefortz porta un regard empli de rage sur l'enfoiré qui avait tué sa soeur, et abattu froidement son épée. Aucune résistance, il a juste pleuré, mais c'est certainement parce qu'il venait tout juste de naître.
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Re: Demeure de l'avarice dans la ville haute.

Message par Vilgefortz Var Emreis le Dim 8 Oct - 21:15

Triss fut enterrée sous la pluie, le lendemain de son décès. Vilgefortz resta silencieux durant toute la brève cérémonie, accablé par la culpabilité. L'enfant qu'elle avait mis au monde fut enterré à ses côtés. Personne ne releva le fait que cet enfant avait été retrouvé transpercé par une épée, tout le monde avait deviné ce qui était arrivé. Parfois, la rage prend le dessus sur la raison. Même quand on a seulement neuf ans. Jamais Vilgefortz n'aurait fait preuve de violence auparavant, mais les événements l'avaient changé. Et la seule façon d'empêcher que ce genre de choses se reproduisent de nouveau était de devenir assez fort pour protéger ce à quoi il tient. Devenir si avare, si protecteur que plus personne n'oserait jamais lui dérober quoi que ce soit ou qui que ce soit. Même s'il devait pour cela juger ceux à qui il tient comme lui appartenant. Une certaine favorite se serait reconnue. C'est ainsi que l'enterrement se termina. Tout le monde déserta peu à peu la zone pour commencer à ranger le camp en perspective de gagner Owunglärd au courant du mois. Vilgefortz resta un instant devant la tombe, avant d'aller aider ses nouveaux camarades. La route pour Owunglärd fut longue et fastidieuse, ces deux longues semaines de chevauchée lui rappelaient à quel point cette époque semblait figée dans le temps. N'importe quel moldu possédait une voiture, plus personne ne combattait à l'épée. Pourtant, les sorciers savaient garder leurs traditions. Par nécessité ou par simple désir ? Sans doute les deux. Plusieurs attaques eurent lieu sur le chemin, des groupuscules de bandits en recherche de richesse ou tout simplement des anti croisade. Malgré son jeune âge, Vilgefortz pu mettre en pratique ce qu'il avait appris ces derniers mois. Le sang coulait, encore et encore.

- Nous sommes arrivés !

Owunglärd. C'était une ville, non, une immense cité qui se dressait devant lui. Une immense cité surplombant toute chose passant à des kilomètres à la ronde, dressée à la manière d'une tour. Plus on prenait de la hauteur, plus les quartiers devenaient riches et fortunés. Plusieurs passants applaudissaient les croisés défilant dans les rues, une véritable ovation s'éleva dans les airs. Enfants, jeunes femmes, vieillards, tous étaient sortis de chez eux pour les accueillir. Vilgefortz ne savait trop quoi dire, intimidé par un tel mouvement de foule. Plusieurs croisés descendaient de leurs chevaux pour aller prendre du bon temps avec les femmes, d'autres allaient simplement s'isoler chez eux ou d'autre encore préféraient boire en festoyant dans les tavernes. Vilgefortz, lui, fut interpellé par un autre homme. Celui-ci devait avoir la trentaine, visage dur, regard froid et métallique. Il ne ressemblait pas aux autres croisés. Chaque croisé ressemblait à n'importe quel homme, à la seule différence que la conviction qui les animaient faisait d'eux des troupes implacables. Mais ils restaient de simples humains. Pas cet homme. Comme s'il attendait patiemment son heure, ou qu'il avait déjà trop vécu pour se bercer de sentiments illusoires. Peut-être Vilgefortz se trompait-il sur son compte à l'époque, mais c'est l'impression qu'il eut en ayant affaire à lui.

- Que fait un gamin ici ?

- Messire Wilfried, Father a jugé bon de prendre cet enfant avec nous ! Il sait déjà se battre à l'épée, c'est un très bon élément !

- Soit. Envoyez le aux forges pour le moment.

Les hommes suivirent les ordres de celui qui était le digne successeur d'Owunglärd, bien qu'il ne fut pas encore nommé péché de la colère. C'est ainsi que Vilgefortz fut emmené aux forges pour gagner sa croûte, et pour le mettre au travail le plus tôt possible. La vue qui se dévoila à lui était tout ce qu'il y a de plus improbable. Elle le subjugua. Une immense ville souterraine, éclairée par la lumière qui se dégageait des coulées de laves s'échappant de la roche, donnant à l'endroit l'apparence de l'enfer. Tout était totalement surréaliste. Chaque homme y travaillait à la sueur de son front, chacun savait parfaitement quoi faire et ou aller. Quelque part, cet endroit lui faisait penser à son village natal. Tout le monde était pauvre, mais tout le monde travaillait pour gagner sa croûte.

- Tu sais tenir un marteau ? Alors bosse.

S'exclama un homme moustachu, qui déposa un marteau entre ses mains, et guida l'enfant à un des nombreux ateliers. Après avoir appris à se battre, le jeune garçon allait devoir apprendre à travailler.

2005, Owunglärd. Sept ans plus tard.

- Vu !

S'exclama Vilgefortz. Aussitôt, une jeune fille âgée d'une quinzaine d'années surgit d'un buisson en secouant sa robe, boudeuse. Ses longs cheveux bruns noués en une coiffure trop sophistiquée pour être décrite étaient remplis de feuilles. En voyant que Vilgefortz regardait dans la direction opposée d'ou elle venait de sortir, la jeune femme tilta.

- Pfff... tu m'as encore eue ! Tricheur !

- Héhé, tu me fais bien trop confiance.

Ces dernières années, Vilgefortz avait grandi. A présent plus grand grand que la moyenne, ses cheveux avaient également poussés si bien qu'il dût les attacher en une simple queue de cheval pour ne pas avoir l'air d'une femme. De beaux cheveux blonds, qui lui donnaient un air bien plus raffiné qu'il ne l'était vraiment. Son corps aussi s'était développé, les longs voyages, entraînements et batailles qu'il avait pu mener lui avaient sculpté un corps d'Apollon. Oui, Vilgefortz était devenu un beau garçon. Sa beauté, mêlée à son statut de croisé lui valaient un rang égal à celui d'un noble. Tout le monde se l'arrachait. Mais le jeune croisé n'avait de noble que le rang. Son passé, son travail de dur labeur aux forges, les nombreuses batailles auxquelles il avait pris part, aucun noble n'avait pareil vécu derrière lui. Les nobles, il les connaissait. Et ils ne le savaient que trop bien. Quiconque croisait son regard tirait la même conclusion, "C'est un garçon intelligent". Voilà pourquoi leurs petits stratagèmes, leurs manières obséquieuses, leurs petites cachotteries ne marchaient déjà plus sur lui à l'époque.

- Mon Vilgefortz, me reviendras-tu en vie ?

La jeune femme se jeta à son cou.

- Je n'appartiens à personne miss. T'as trop écouté les histoires de princes charmants quand tu étais petite. Un croisé, ça se marie pas.

- Mais... comment...

- Tu peux être une de mes concubines à la limite. Mais y'a rien de glorieux là dedans, pas de mariage, pas de contes de fées, pas de princesse. Et ça se fera quand je serais un peu plus vieux.

Il lui met une petite pichenette sur le nez.

- Humpf... et l'amour dans tout ça ?

- L'amour ? Allons. Fais ton choix et reviens me voir quand j'aurais terminé ma mission, Elizabeth.

Le jeune homme lui met une tape sur les fesses, et commence à s'en aller.

- Et... et si tu ne reviens pas ?

Elle n'obtint pas sa réponse. Vilgefortz avait déjà disparu. Après une longue marche en direction du port, croisant sur son chemin plusieurs camarades, le jeune homme arriva jusqu'au bateau. Il s'agissait d'un simple Brick comme on en trouve plein, bien qu'à l'époque la croisade fût limitée en terme de navires. Plusieurs croisés attendaient sur le pont, tous volontaires pour le voyage qu'ils allaient entreprendre. Sans attendre, Vilgefortz se hissa sur le pont, et aida les matelots à larguer les amarres. La mer, ça commençait à lui connaître. Dès que le jeune homme avait un peu de temps libre, son passe temps consistait à sillonner les mers autour de la citadelle à bord d'une simple barque, à défaut d'avoir un vrai navire. C'est ainsi que le Jack's Daw largua les amarres pour prendre la mer, sillonnant fièrement les océans à la recherche de l'un des ossements du grand Fangcrow. Le voyage promettait d'être riche en émotions.

2007, Caraïbes.

Une pluie battante s'écrasait sur le Jack's Daw, qui rentrait bredouille de son périple. Bredouille ? Presque. Une fois de plus, des malfrats avaient croisé leur route. Un navire rempli d'esclaves provenant de tous les horizons, arrachés à leurs familles après qu'elles furent massacrées. Exactement comme lui autrefois. A présent, tout ce qu'il restait de ces esclavagistes étaient des prisonniers et des esclaves à nouveau libres, au milieu des cadavres qui jonchaient le pont du navire. Vilgefortz, lui, se trouvait assis sur le bastingage, à l'écart des autres. Seul une jeune femme était à ses pieds, agonisant au sol. De magnifiques cheveux blonds, des yeux bleus comme le ciel... elle lui ressemblait en tout point. Cette jeune fille d'à peine douze ans lui ressemblait comme deux gouttes d'eau. Elle avait le même regard terrifié que lui à l'époque, le même air abattu, tout était similaire.

- Et bien ? Relève toi. Comptes-tu ramper ? La croisade a besoin d'hommes et femmes capables de marcher.

- Je ne peux pas...

En y regardant mieux, la jeune fille avait deux grands trous dans les chevilles. Incapable pour elle de se mouvoir.

- Tu veux mourir ?

- ...

Le jeune homme s'abaissa à son niveau.

- Tu veux mourir ?

- N... non !

La jeune fille secouait frénétiquement la tête. Vilgefortz la regarda un moment sans rien dire, avant de s'absenter un court instant. Lorsqu'il réapparut, le croisé traînait derrière lui un petit homme dodu au crane dégarni, vêtu de vêtements hors de prix. Celui-ci le suppliait de le laisser partir, tentant tant bien que mal de se débattre. Mais rien n'y faisait. Vilgefortz le jeta à ses pieds.

- Je peux me porter garant de toi, car personne d'autre ne le fera avec une fille incapable de marcher. Mais pour ça, tu dois me prouver que tu n'es pas un poids. Vas-y. Tue le, brise tes chaînes.

Vilgefortz lui tendait une arme. Elle hésita longuement avant de s'en saisir, regardant le petit homme roulé en boule à ses pieds. La jeune fille avait toujours vécu à genou, et maintenant que ses pieds ne marchaient plus, elle allait sûrement vivre ainsi toute sa vie. Mais c'était la première fois que son maître, cet homme ignoble qui la battait et violait quotidiennement, se retrouvait à genoux lui aussi. Suppliant littéralement qu'on lui laisse la vie sauve. Cette vision lui arracha un léger sourire satisfait, quoi de plus satisfaisant que la vengeance ? Malgré ses mains moites, malgré ses bras tremblant comme des feuilles, malgré ses lèvres scellées dont aucun mot ne parvenait à sortir, l'ancienne esclave abattu froidement sa lame sur la tête de l'homme, qui poussa un hurlement se souffrance. La lame lui avait ouvert le front en deux, juste assez pour le laisser vivre. L'ignoble petit être gras se tordait de douleur au sol, implorant les dieux de lui venir en aide.

- Encore.

- M... mais je...

- ENCORE ! Tu ne vois pas qu'il est toujours en vie ?

La fille tremblait de plus belle, mais abattit sa lame de nouveau sur le flanc droit de l'homme répugnant, poussée par l'adrénaline. Ses mains tremblaient si vivement qu'elle manqua de faire tomber son arme.

- Gniii... s'il vous plaîîît...

- Encore.

Elle lui asséna un autre coup aux côtés, déchirant sa chair de plus belle, répandant son sang sur le pont du navire. L'être semblable à un petit cochon gémissait sans cesse, suppliait, agonisant...

- ALLEZ !

Un autre coup. Puis un autre. Puis un autre. Plus la jeune fille frappait, moins ses membres tremblaient. Plus sa lame déchirait la chair de l'immonde pourceau agonisant dans son propre sang, plus l'extase grandissait en elle. Elle ne pouvait plus s'arrêter. A chaque coup, chaque fois que sa lame venait battre la chair de sa victime, sa chair se déchirait un peu plus. Son ventre, son buste, ses jambes, tout commençait peu à peu à partir en lambeaux, dévoilant ses muscles à vif, détachant peu à peu ses membres pour venir briser ses os. Lorsqu'elle passa au visage, cela n'avait plus rien d'humain. Le pauvre bougre ne ressemblait plus qu'à une masse informe, une boule de viande immonde. Ses yeux, sa bouche, son nez, plus rien n'était à sa place. Son visage ne ressemblait plus à rien. Sans même s'en rendre compte, la jeune femme s'était relevée, tenant fermement son épée entre ses deux mains frêles. Elle ne tremblait plus, mais ses jambes peinaient à tenir le coup. La jeune femme resta immobile, peinant à réaliser ce qu'elle venait de faire. Cependant, la voix de Vilgefortz vint interrompre ses pensées.

- Bravo, bravo. Tu as mérité ta place en ce monde. Désormais, tu seras logée chez moi à défaut de pouvoir être membre de la croisade. C'est pas très grand, mais c'est provisoire. Quel est ton nom ?

- Je.. n'en ai... pas...

Alors que la jeune fille commençait à perdre connaissance, Vilgefortz la rattrapa de justesse pour la soulever. Cette fille avait bien cinq ans de moins que lui, et pourtant il ne pouvait s'empêcher de la prendre sous son aile. Qui sait ce qui allait advenir d'elle, il ne l'obligeait à rien. C'était à elle de décider à présent.

- Les gars, je crois que nous ne rentrons pas bredouilles.
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Re: Demeure de l'avarice dans la ville haute.

Message par Vilgefortz Var Emreis le Lun 9 Oct - 22:14

2010, Owunglärd.


- Un scandale ! Ce canasson est une honte pour la famille Ostwick !

Un homme aux cheveux grisonnants et aux traits creusés par le temps, vêtu d'un costume très noble serti de diamants en tous genres, semble courroucé. Il jette un regard en biais à son petit fils, un jeune homme pâle comme un linge dont les cheveux roux coiffés spécialement pour le banquet semblent briller dans la pénombre. En voyant le regard plein de reproches de son grand père, le pleutre détourne le regard.

- Bougre d'âne bâté, stupide faquin ! Fieffé filou ! Sais-tu ce que notre famille représente lors de ce banquet ! Nous sommes la troisième famille la plus proche du roi depuis des lustres, que vont penser de nous les autres nobles lorsque nous ramènerons ce cheval à la langue pendante, je te le demande !

Le jeune homme panique, et tente tant bien que mal de faire rentrer la langue du cheval dans sa bouche. Sans grand succès. Dire que cette situation se déroule en 2010 s'apparente à une mauvaise blague. Et pourtant, le monde sorcier est toujours resté à un stade plus ou moins médiéval, en particulier la citadelle d'Owunglärd. En voyant son petit fils échouer constamment, le vieil homme s'exclame.

- Raaah, cesse ! C'est trop tard maintenant, nous sommes presque arrivés ! Tâche au moins de faire bonne figure, si ce n'est pas trop te demander ! Si seulement tes parents avaient eu une fille, si seulement !

Le vieil homme enrage tout en se dirigeant vers l'immense domaine des Vendemillion, famille éminente d'Owunglärd depuis la nuit des temps. Le petit fils peine à suivre, non seulement stressé par son cheval et son air idiot, mais aussi parce que c'est un banquet d'une importance capitale pour sa famille, un banquet ou chacun parade et noue toutes sortes de relations afin de préserver sa place dans la noblesse, ou même de gravir les échelons. Rien n'est trop beau pour la haute bourgeoisie. De plus, le but premier de ce banquet est de fêter le retour de Sire Vilgefortz au pays après sa périlleuse mission. Non content d'être membre de la sainte croisade, le jeune homme a su prouver ses facultés multiples aussi bien au combat qu'aux affaires de la noblesse. Il semblerait que malgré son tempérament explosif il sache se comporter dignement lorsque la situation l'exige.

- Hector Ostwick ! Soyez le bienvenu à la demeure Vendemillion, monsieur. Et vous aussi... jeune homme.  

- Théodin monsieur...

- Soit, soit, veuillez me suivre.

Alors qu'il entrait en compagnie de son grand père, tenant fermement son cheval blanc à la langue pendante, la vision qui s'offrait à Théodin le subjugua. Un immense palais, bien que plus petit que le palais Cheslock, s'érigeait devant lui. Soutenu par une dizaine de colonnes de marbre, luisant élégamment au milieu de la lumière ambiante, le palais était la seule chose visible dans l'obscurité de ce début de soirée. Nul ne sait comment il était éclairé, sûrement magiquement, ce qui lui donnait l'allure d'un bâtiment couvert de feuille d'or. L'intérieur était finement carrelé et luisant tout autant, reflétant le plafond haut d'une dizaine de mètres sur lequel avaient été peints une véritable fresque. Plusieurs lustres de cristaux pendaient du plafond, finement entretenus par la cinquantaine de domestiques qui devaient se tuer quotidiennement à la tâche pour rendre le palais impeccable. Un long tapis rouge avait été déployé pour permettre aux invités d'entrer dans l'immense salle de banquet, ainsi qu'un second pour que chacun puisse gagner les jardins avec son cheval, le passage par la demeure étant obligatoire pour atteindre l'extérieur. Le grand père se sépara de son petit fils pour gagner la salle ou avait lieu le banquet, tandis que Théodin continua sa route jusqu'aux jardins. Les nobles qu'il croisa sur son chemin, cachés derrière leurs masques extravagants tenus par de petits bâtons, semblaient l'avoir pris pour un simple écuyer. Quand il atteint enfin l'extérieur, le jeune homme constata que les jardins n'étaient pas en reste. D'immenses rangées de haies parfaitement taillées serpentaient tout autour de la résidence, parfaitement asymétriques. Une grande fontaine dominait la place en son centre, sur laquelle une sirène finement sculptée à même la pierre se tenait fièrement, comme pour surveiller l'extérieur de la demeure. Des tables avaient également été placées aux alentours, d'immenses tables de banquet contenant moult mets sophistiqués et extravagants, pour ceux préférant festoyer en plein air. Et cela semblait marcher au vu de la cinquantaine de nobles présents à l'extérieur, sans compter les servantes.
Celles-ci semblaient même plus attirantes que leurs maîtresses parées de grandes robes, de masques et maquillages en tous genres, gâchant leur beauté au profit de leurs biens et richesses ostentatoires.


- S... sire, puis-je attacher votre monture ?

Théodin se retourna subitement, surpris. C'était une petite blonde qui se tenait devant lui, observant timidement le jeune homme de ses yeux bleus ciel. Sa robe était d'une simplicité accablante au milieu de toute cette opulence, une simple robe de soie blanche, rapiécée par certains endroits. La jeune femme, non, fille, puisqu'elle semblait être à peine agée de treize ans, semblait attendre sa réponse. Théodin balbutia.

- Oh... oui, oui bien sûr ! P... puis-je vous accompagner, ma chère ?

- A... Si vous le désirez, messire.

Sans un mot de plus, Théodin remis en main le licol du cheval, qui se laissa mener par la jeune fille jusqu'aux balustrades de marbres qui entouraient la totalité des jardins. D'ici, la vue était imprenable. Tout Owunglärd et ses alentours, s'étendant jusqu'aux lointaines plaines vallonnées étaient visibles. La perspective de cette vue lui donnait un sentiment de... liberté.  Le jeune homme tourna la tête vers la servante qui l'avait accompagné, et remarqua qu'elle était en train d'attacher le cheval autour d'un des piliers de marbre de la balustrade. La jeune fille s'exclama en remarquant son regard.

- Oh, je... monsieur Vendemillion a horreur des chevaux, il n'a pas fait construire d'écurie. Nous devons nous réduire à les attacher ici, j'espère que cela ne vous cause aucun problème !!

- Non, du tout. Le confort de ce cheval importe peu à mon grand père de toute manière.

- Pardon ?

- Oh, rien. Excusez moi. auriez-vous l'obligeance de me faire visiter les jardins ?

Sans un mot de plus, la jeune servante secoua la tête. C'était un honneur pour elle de guider un noble à travers les jardins. Du moins c'est ce que l'on pouvait déduire en la regardant, car la réalité était toute autre. Jouer le rôle d'une servante, même exceptionnellement, la courrouçait au plus haut point. Mais il fallait se plier aux exigences du maître. La visite dura un bon quart d'heures, visite durant laquelle la jeune servante s'efforçait de raconter l'histoire de la famille Vendemillion au jeune noble qui l'accompagnait, bien qu'elle n'en connaissait au final que bien peu de choses. Théodin, lui, n'osa pas l'interrompre un seul instant. Comme hypnotisé par cette jeune fille de bien sept ans son aînée. La jeune fille avançait avec une légère difficulté, comme si ses pieds avaient été autrefois endommagés, ce qui lui donnait un air davantage frêle. Au terme de la visite, les deux jeunes gens arrivèrent à la fontaine. Théodin l'admira durant quelques secondes avant d'être extirpé brusquement de ses pensées par un cri.

- Sire Vilgefortz !

S'exclama la jeune servante. Un jeune homme était debout au bord de la fontaine, situé à l'autre bout. Vêtu d'habits nobles visiblement taillés sur mesure par les meilleurs couturiers du royaume, ceux-ci ne portaient pourtant aucun signe ostentatoire. Aucune broche dorée, aucun bouton serti de diamants, aucun collier fait de saphirs. La véritable richesse se lisait sur son visage. C'était un jeune homme doté d'une incroyable beauté virile et sauvage, malgré la longue cicatrice qui lui barrait la joue. Ses longs cheveux châtains-blonds rattachés en arrière pour se rendre plus présentable se reflétaient facilement à la lumière, tout comme ses deux beaux yeux bleus. Ce jeune homme semblait avoir son âge, une vingtaine d'années tout au plus. Une jeune femme brune, qu'il reconnut immédiatement comme étant Elizabeth Vendemillion, se tenait à ses côtés. Légèrement dévêtue de sa robe, ne portant qu'une simple tunique, elle ne portait pas non plus de masque comme les autres nobles. Nul doute que les deux jeunes gens batifolaient avant d'être interrompus, le regard de la jeune Vendemillion parlait pour elle. Vilgefortz, cependant, semblait... insondable.

- Comment oses-tu interrompre une discussion entre nobles, stupide servante !

S'exclama la jeune femme, courroucée. Vilgefortz, lui, semblait amusé.

- Tu viens de mettre Mademoiselle Vendemillion en rogne, Lucy.

- Je ne voulais pas...

- Suffit, du vent !

- Allons Elizabeth. Cesse d'hurler comme une enfant gâtée, de plus, nous devions aller dîner de toute façon.

La jeune femme se tût, rouge de honte, et vint agripper Vilgefortz au bras. Celui-ci toisa un instant Théodin du regard, qui n'avait pas pipé mot.

- Qui es ton ami, Lucy ?

La jeune fille se rattrapa maladroitement.

- Oh, c'est... Sire Ostwick, voici Messire Vilgefortz Var Siemreis. Sire Vilgefortz, je vous présente Théodin Oswtick, de la noble famille Ostwick.

- Bien, vous pouvez nous suivre si vous le désirez.

- Bien... bien entendu.

Sans un mot de plus, Théodin se mit en marche en direction du palais. La jeune servante, elle, disparût sans laisser de traces. Après tout, il fallait laisser les nobles entre eux. Il ne décrocha pas un mot de la balade, laissant Vilgefortz et la jeune Elizabeth converser et rire entre eux avec convivialité. Théodin remarqua plusieurs regards curieux se tourner vers eux à leur passage. Ce n'était pas pour lui ni même pour la fille de l'organisateur de la soirée, non. Chaque personne regardait Vilgefortz passer avec admiration, sans qu'il n'y prête la moindre attention. Le jeune croisé se focalisait sur sa discussion et sur rien d'autre, les autres nobles ne l'intéressaient guère. Comme si tout ceci n'était pas assez bien pour lui, ce qui lui valut tout de même quelques mauvais regards. Une fois arrivés devant la demeure, un grand vacarme retentit. Quelqu'un sortit de la demeure, un homme grand et massif, dépourvu de cheveux. Il s'agissait ni plus ni moins du chef de la famille Vendemillion, Friedrich.

- CE CHEVAL EST UNE HONTE, MESSIRE OSTWICK ! Nous n'acceptons que le plus présentable en cette demeure ou la perfection est un art de vivre, comment osez-vous vous pointer chez moi avec pareille immondice ! Chaque détail contribue dans une oeuvre d'art, la seule présence de ce maudit cheval entache mon splendide palais !

L'homme s'approcha dudit cheval, toujours prostré devant la balustrade, bout de langue pendant. Le grand père de Théodin tenta de le raisonner, de le supplier, mais rien n'y fit. Tous les invités restèrent bouche-bée devant ce spectacle, offusqués de la présence d'un cheval aussi hideux mais aussi du comportement excessif du chef de famille.

- Maintenant dégagez !! Ouste, du vent bande de marchands de tapis !

- Ou... oui sire, pardonnez moi sire.

Théodin accourut auprès de son grand père, les yeux rivés vers le sol, plus honteux que jamais. Après pareil affront, nul doute que son grand père allait le massacrer une fois seul à seul. Sans un mot, le petit fils saisit le cheval par le licol sous les regards emplis de reproches des invités tandis que le chef de famille continuait de hurler. Vilgefortz de son côté, totalement indifférent à la vue de cette scène, se tourna vers un homme observant la scène à quelques pas de lui. Haut de forme, lorgnons et favoris, il s'agissait d'un vieil homme à l'air fort sympathique.

- Docteur Warren, auriez-vous l'obligeance de me prêter votre scalpel un instant ?

- Hum... oh, oui bien sûr jeune homme.

Le vieux médecin sortir un petit scalpel d'une trousse de soin en cuir, et le tendit à Vilgefortz. Le jeune homme s'avança ensuite vers le cheval et trancha sèchement le bout de langue qui dépassait de sa gueule sous le regard sidéré des témoins de la scène. Le canasson poussa un violent cri de douleur, projetant quelques gouttes de sang au passage sur le visage indifférent du croisé. Plus personne ne parlait, le chef de famille s'était tût. Théodin fut le premier à bouger pour appliquer un torchon sur la langue du cheval, dont le bout saignait abondamment. Vilgefortz se tourna ensuite en direction du chef Vendemillion, ignorant le sang qui avait coulé sur son visage.

- Friedrich, pourquoi ne pas remédier à un problème aussi simple plutôt que de vociférer de la sorte ? Auriez-vous pris goût à la complainte ?

Personne n'osa prononçer un seul mot.

- Ce banquet a été mis en place pour fêter mon retour, ainsi que celui de tous les croisés qui m'ont accompagné durant cette longue quête aux caraïbes. Nous sommes revenus sans ossements, mais avec bon nombres de nouveaux croisés et plusieurs organisations criminelles réduites à néant. Est-ce là votre manière de nous dire que nous avons échoué dans notre tâche ?

Non loin de là, Lucy observait la scène en se remémorant la première fois ou elle avait croisé le chemin de Vilgefortz. Le jour ou ses chaînes ont été brisées. Aussi loin qu'elle se souvienne, il avait toujours eu cette manie de se retrouver dans des situations toutes plus improbables les unes que les autres. Cependant, Le chef de famille ne se laissa pas faire.

- Assez ! Stupide merdeux ! Que vous soyez croisé ne vous confère pas tous les droits ! Votre mission devait durer deux ans, au lieu de ça vous revenez cinq ans plus tard et sans ce pour quoi vous étiez parti ! Qu'est-ce qui vous donne le droit de me donner la morale, comment osez vous me donner une solution aussi stupide pour régler un problème persist...

- Allons, Friedrich. Je vous pensais plus perspicace. Notre mission en partant aux Caraïbes n'a jamais été qu'un simple recrutement de masse. La recherche d'ossements n'aurait jamais été faite sans la présence de l'un des sept. Voyez-vous, je suis revenu à Owunglärd depuis trois ans déjà. Trois ans durant lesquels j'ai pu enquêter en toute quiétude sur vos petites activités criminelles...

Le jeune croisé sortit une fiole de sa poche, contenant du polynectar.

- Cet objet est merveilleux n'est-ce pas ? Il suffit de faire kidnapper quelqu'un et de prendre sa place durant trois ans. Trois ans ou vous n'avez rien vu, puisque votre contact et vous ne vous connaissiez pas avant. Trois ans à interférer dans vos plans sans que vous ne découvriez jamais. Si j'ai pris autant de temps à agir, c'est parce que vos chers collègues fossoyeurs sont étrangement difficiles à pister... alors j'ai fait un choix. Interférer dans votre plan d'invasion sur la citadelle, mais ne jamais découvrir ou se cachent vos supérieurs, ou sacrifier Owunglärd pour pouvoir enfin localiser vos petits copains. J'ai choisi la meilleure solution.

Le croisé sembla actionner quelque chose situé dans sa manche.

- Les fossoyeurs ne ressortiront jamais vainqueurs. Vous êtes fini. La population d'Owunglärd restera intacte pour toujours tandis que vous mourrez à petit feu. Voilà ma manière de régler un problème persistant, Friedrich Vandemillion.

Dans un craquement sourd, une flèche surgit de la manche du croisé pour venir se planter dans la gorge de l'homme qui lui faisait face. Celui-ci s'effondra au sol en émettant un bruit sinitre, baignant dans son propre sang. Plusieurs complices fossoyeurs tirèrent leurs épées de leurs ceintures, d'autres essayaient de le viser de leur baguette. Mais il était trop tard. Un torrent de flèches s'abattait dores et déjà sur leurs têtes, venu de nul part. Quelques instants plus tard, ce fut une dizaine de croisés armés qui investirent le manoir pour en finir avec les fossoyeurs restants dans une effusion de sang ou la pitié n'avait pas sa place. Ce fut un carnage. Aucun fossoyeur ne s'en sortir indemne, tandis que les invités restants fuyaient parmi la cohue en se piétinant les uns les autres. Elizabeth resta au centre du jardin, agenouillée au sol, incapable de réaliser ce qui venait d'arriver. En un instant, toute sa famille, sa vie, tout venait d'être balayé d'un revers de main. Vilgefortz s'approcha d'elle, couvert de sang, un doux sourire aux lèvres comme si cette situation était tout ce qu'il y a de plus normal.

- Le nom des Vandemillion t'appartient maintenant Elizabeth. J'espère que tu sauras redorer le blason de ta famille comme il se doit. Leurs péchés devaient être lavés par le sang, désolé que tu aies dû voir ça. Je compte sur toi pour en tirer une leçon.

Le croisé lui ébouriffa les cheveux, avant de se relever. Sans ajouter un mot de plus, la silhouette de Vilgefortz commença à s'éloigner, avant d'être rejoint par Lucy. A mesure qu'il avançait vers l'horizon, les yeux d'Elizabeth s'embuèrent de larmes jusqu'à brouiller sa vue.

- Et... et si tu ne reviens pas ?
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